Louis Chandonnet présente Équipe autonomiste au Journal de Sherbrooke

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SHERBROOKE — Au Journal de Sherbrooke, nous croyons que la démocratie ne doit pas se limiter aux formations qui dominent les sondages. Les petits partis, qu’on partage ou non leurs idées et que leurs propositions soient consensuelles ou controversées, ont eux aussi quelque chose à dire sur l’avenir du Québec. Leur présence nous oblige notamment à nous interroger sur les privilèges médiatiques accordés à certaines formations, mais refusés à d’autres en fonction de critères parfois liés aux sondages.

Donner la parole à un parti ne signifie pas approuver son programme ni placer toutes les propositions sur un pied d’égalité. Cela permet cependant aux citoyens de connaître les différentes options qui s’offrent à eux, puis de se faire leur propre opinion. Dans cet esprit, nous nous sommes entretenus avec Louis Chandonnet, chef intérimaire et porte-parole en environnement d’Équipe autonomiste.

IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / ÉQUIPE AUTONOMISTE

Un parti né de la disparition de l’ADQ

Équipe autonomiste a été fondé en 2012, dans la foulée de la fusion entre l’Action démocratique du Québec et la Coalition avenir Québec. Des militants de l’ADQ, insatisfaits de cette décision, ont alors choisi de créer une nouvelle formation afin de poursuivre la défense de l’autonomie québécoise à l’intérieur du Canada.

« Équipe autonomiste, ce sont des citoyens qui veulent travailler ensemble pour accroître l’autonomie du Québec », résume Louis Chandonnet, engagé au sein du parti depuis 2014. Il en est devenu le chef intérimaire en janvier 2025.

La formation rejette autant l’indépendance complète que le statu quo fédéral. « Un Québec géré par le Canada, on n’en veut pas. Un Québec géré par les États-Unis, on n’en veut pas non plus. Nous voulons développer l’autonomie du Québec tout en restant au sein du Canada », explique-t-il.

Une droite qui se veut sociale et environnementale

Équipe autonomiste se situe à droite de l’échiquier politique, mais Louis Chandonnet refuse d’enfermer sa formation dans une définition strictement économique du conservatisme. Le parti affirme notamment vouloir conserver certaines mesures de solidarité sociale, à condition qu’elles favorisent la responsabilisation et l’autonomie des personnes.

« Nous croyons que lorsqu’une personne fait des efforts pour améliorer sa situation, l’État devrait l’aider. L’État doit agir comme un facilitateur et permettre aux gens de développer leur autonomie », soutient-il. Il précise toutefois que sa formation ne souhaite pas étendre indéfiniment le rôle de l’État-providence.

Le parti défend aussi différentes propositions environnementales, particulièrement dans le domaine de la gestion des déchets. Louis Chandonnet évoque une gestion plus rigoureuse et autonome, ainsi que le recours à l’incinération dans certaines circonstances. Il insiste également sur la sensibilisation et la responsabilisation des citoyens plutôt que sur la multiplication des interdictions.

La condition masculine au cœur du programme

L’une des propositions qui distinguent le plus clairement Équipe autonomiste des autres formations concerne la condition masculine. Le parti souhaite la création d’une structure gouvernementale consacrée aux réalités vécues par les hommes, en complément des institutions existantes pour la condition féminine.

« Nous sommes pour la condition masculine autant que pour la condition féminine. Il faut travailler à une égalité réciproque, dans laquelle les hommes et les femmes sont considérés comme égaux et complémentaires », affirme Louis Chandonnet. Il dit ne pas comprendre pourquoi Québec ne possède aucun secrétariat ou ministère expressément consacré aux problèmes touchant les hommes.

Le parti s’intéresse notamment à la violence conjugale vécue par les hommes, à la santé mentale et aux réalités familiales. Cette position demeure marginale dans le paysage politique québécois, même parmi les autres formations situées à droite.

Des propositions susceptibles de faire débat

Le programme d’Équipe autonomiste contient également des propositions plus controversées. La formation défend notamment la légalisation et l’encadrement de la prostitution, qu’elle présente comme une façon de mieux protéger les personnes qui la pratiquent, de réduire les risques d’infections transmissibles sexuellement et par le sang et de responsabiliser les différents acteurs du milieu.

Le parti adopte par ailleurs une ligne plus sévère en matière de justice criminelle. Louis Chandonnet estime que certaines peines ne protègent pas suffisamment la population et souhaite ouvrir une discussion sur la détention de longue durée de certains contrevenants dangereux. Le site de la formation va jusqu’à présenter la peine de mort comme un sujet devant être débattu, même si le droit criminel relève du gouvernement fédéral.

Équipe autonomiste propose également une « certification alimentaire laïque ». Celle-ci viserait, selon le parti, à offrir aux consommateurs une manière d’identifier les produits qui ne répondent à aucune certification religieuse. Louis Chandonnet présente cette mesure comme une question de choix individuel, bien qu’une telle proposition puisse susciter des objections et des débats importants.

« À droite, mais pas dans le champ »

Équipe autonomiste a longtemps utilisé le slogan « À droite, mais pas dans le champ ». Selon Louis Chandonnet, cette formule cherchait à présenter une formation de centre droit qui ne renonce pas pour autant à la justice sociale et à certaines préoccupations environnementales.

Il estime que la perception de la gauche et de la droite varie selon le point de comparaison utilisé. « Le Québec est très à gauche, alors plusieurs idées peuvent rapidement être présentées comme étant très à droite. Pourtant, nous avons aussi des positions sociales », fait-il valoir.

Le parti utilise maintenant le slogan « Un avenir sans ingérence ». Cette formule résume sa volonté de renforcer les pouvoirs du Québec sans passer par l’indépendance.

Une dizaine de candidats espérés

Louis Chandonnet affirme qu’Équipe autonomiste espère présenter une dizaine de candidats lors de l’élection provinciale du 5 octobre. Il sera lui-même candidat dans Camille-Laurin, dans l’est de Montréal, tandis que Jimmy Paquin représentera le parti dans Granby.

Au moment de l’entrevue, toutes les candidatures annoncées par le parti n’avaient pas encore nécessairement été officiellement acceptées par Élections Québec. La liste définitive ne sera connue qu’à la fin de la période de mise en candidature.

Le chef intérimaire reconnaît que sa formation dispose de moyens modestes et qu’elle doit profiter de chaque occasion pour se faire connaître. Le travail du parti repose largement sur des bénévoles, ce qui limite sa capacité à rivaliser avec les grandes machines électorales.

La place des petits partis dans les médias

Louis Chandonnet déplore que les petits partis soient rarement invités aux grands débats électoraux et qu’ils reçoivent peu d’attention médiatique. Il rappelle qu’Élections Québec comptait 21 partis politiques provinciaux autorisés au moment de l’entrevue, alors que la couverture nationale se concentre généralement sur quelques formations.

« Le vote informé devrait être la norme. Les citoyens doivent apprendre à chercher l’information, à consulter les programmes et à vérifier si les partis défendent réellement leurs valeurs », plaide-t-il. À ses yeux, les médias locaux et les organismes communautaires peuvent contribuer à corriger une partie de ce déséquilibre en organisant des entrevues et des débats plus inclusifs.

La place accordée aux sondages demeure également un point de discorde. Ceux-ci permettent de mesurer l’état de l’opinion publique, mais peuvent aussi contribuer à rendre presque invisibles les partis qui partent avec moins d’appuis, créant ainsi un cercle difficile à briser : une formation peu connue obtient peu d’appuis, puis son faible résultat dans les sondages sert à justifier son exclusion.

Un appel à s’informer et à voter

En terminant, Louis Chandonnet invite les citoyens à consulter directement les programmes et à s’abonner aux infolettres des différentes formations. Selon lui, il est possible de suivre un parti ou de recevoir ses communications sans nécessairement adhérer à toutes ses positions.

« Il ne faut pas avoir peur d’aller chercher l’information. Les citoyens peuvent avoir des surprises en découvrant ce que les partis proposent réellement », affirme-t-il. Il insiste aussi sur l’importance d’exercer son droit de vote, notamment parce que les résultats obtenus influencent une partie du financement public accordé aux formations politiques provinciales.

Équipe autonomiste ne prétend pas pouvoir répondre aux attentes de tous les électeurs. Son chef intérimaire croit néanmoins que la présence de propositions différentes, y compris celles qui dérangent ou suscitent la controverse, fait partie d’une démocratie vivante.

Sources :

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