Élections au Québec : une campagne plate, sans saveur mais civilisée

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SHERBROOKE — Cette année, nous avons la « chance », pour le dire ainsi, d’avoir une campagne électorale particulièrement longue. Si nous avons eu quelques surprises, soit la renaissance de la CAQ, que tout le monde donnait pour morte, il faut dire que l’enthousiasme est au plus bas. Les citoyens sont moins nombreux que jamais à suivre les élections comme par le passé. Mais, au-delà de ce sentiment d’apathie face au service public, certaines choses méritent d’être soulignées.

Une première campagne québécoise avec le spectre de l’IA

Si l’intelligence artificielle générative est proposée au grand public depuis 2022, ce n’est que récemment que ses progrès ont permis une appropriation généralisée par le citoyen lambda. La campagne que l’on vit présentement se joue en partie sur les réseaux sociaux, où les différents partis utilisent l’IA à leur avantage, ou à leur désavantage.

Des montages sont faits par différents partis, probablement faute de moyens financiers. Et c’est correct aussi. Il faut dire que participer aux élections coûte particulièrement cher, et le recours à des intelligences artificielles génératives permet souvent de réduire les coûts liés au graphisme, aux discours ou aux articles.

Par contre, là où cela devient plus compliqué, c’est quand l’IA se met à délirer complètement, crée de nouveaux logos pour les partis politiques, invente des positions ou déforme les programmes. D’où l’importance, pour les humains qui l’utilisent, de faire attention.

Une campagne sans saveur, mais relativement respectueuse

Nous vivons une campagne qui est sans saveur, pas très glamour et qui donne parfois envie de bâiller. Cependant, il faut quand même reconnaître que nous vivons une élection sans violence, sans grande agressivité. Certains moments ont pu être grinçants, venant de certains candidats, mais, dans l’ensemble, les gens sont capables de se tolérer.

Si certaines initiatives de candidats prêtent à sourire ou à grincer des dents, peu de propos disgracieux sont à déplorer. Le Québec montre une fois de plus qu’il est capable de cohésion, et ce, dans un contexte où la guerre culturelle se déploie sur le champ de bataille politique. Pensons seulement aux États-Unis, où la gauche et la droite sont armées et où certains se réjouissent de l’assassinat de Charlie Kirk, un an après sa mort.

Autre chose à souligner : le respect des pancartes électorales. À Sherbrooke, par exemple, les pancartes ne semblent pas avoir été vandalisées. Les opposants aux différents candidats ont la décence de ne pas s’en prendre au travail des bénévoles des partis politiques. Cela est à souligner, car, en France, de telles pancartes seraient automatiquement déchirées ou vandalisées, et les bénévoles seraient agressés s’ils étaient vaguement associés à la « droite ».

Une démocratie qui fonctionne, mais qui demeure sous influence

Un autre point à considérer : si la campagne actuelle n’a pas fait trop de vagues, ou pas assez, diront certains, elle demeure néanmoins influencée par des acteurs étrangers. Lire ici la présence de l’éléphant Donald Trump dans la pièce. Certains partis ont tout intérêt à présenter le président américain comme une menace existentielle pour l’avenir du Québec.

Les électeurs devront faire un choix : céder à la peur ou, au contraire, se retrousser les manches et montrer que l’on peut décider par nous-mêmes, sans influence extérieure. Qu’elle vienne de Washington, d’Ottawa ou de n’importe où. Les Québécois sont les seuls qui ont la légitimité de décider qui formera le prochain gouvernement en octobre prochain.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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