Cyberviolence : Québec solidaire promet un nouveau service de première ligne

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MONTRÉAL — Québec solidaire promet d’investir 600 millions de dollars dans la construction de nouvelles places en maisons d’hébergement s’il prend le pouvoir. La formation politique souhaite créer jusqu’à 1 000 places supplémentaires au cours d’un premier mandat. Leur répartition serait déterminée selon les besoins de chaque région, en collaboration avec les organismes présents sur le terrain.

Un ministère consacré aux femmes

Dans les 100 premiers jours de son mandat, un gouvernement solidaire créerait également un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres. Celui-ci aurait comme responsabilité de coordonner les actions du gouvernement en matière d’égalité et de lutte contre les différentes formes de violence faites aux femmes. Québec solidaire assure que ce nouveau ministère disposerait de pouvoirs et de ressources lui permettant d’intervenir directement.

Le Québec possède actuellement un Secrétariat à la condition féminine, qui relève de la ministre responsable de la Condition féminine. La proposition de Québec solidaire viendrait donc donner davantage de poids politique et administratif à ce dossier. Les détails concernant la structure, les effectifs et le budget du futur ministère n’ont toutefois pas encore été dévoilés.

Un service consacré à la cyberviolence

La formation de Ruba Ghazal propose aussi la création d’un service d’intervention de première ligne consacré aux cyberviolences. Ce guichet pourrait notamment accompagner les personnes victimes de harcèlement, de menaces, d’intimidation ou de diffusion de contenu intime sur Internet. Le modèle envisagé s’inspire de Netsafe, un organisme indépendant de la Nouvelle-Zélande qui offre gratuitement de l’aide confidentielle aux personnes confrontées à différentes formes de violence en ligne.

Pour Ruba Ghazal, les insultes et les menaces ne devraient jamais devenir le prix à payer pour participer au débat public. Elle estime que la violence en ligne pousse trop de femmes à se retirer des réseaux sociaux ou à garder le silence. Le futur service leur offrirait une porte d’entrée afin d’obtenir des conseils, du soutien et des moyens concrets pour faire cesser les gestes dénoncés.

Dix jours d’absence rémunérée

Québec solidaire souhaite par ailleurs accorder dix jours d’absence rémunérée aux personnes victimes de violence conjugale. Cette mesure viserait à leur permettre de quitter un milieu dangereux, de rencontrer un avocat, de chercher un logement ou d’entreprendre d’autres démarches sans perdre leur salaire. La candidate solidaire dans Maurice-Richard, Anne Latendresse, soutient qu’une femme ne devrait pas avoir à choisir entre sa sécurité et son revenu.

La proposition bonifierait les protections déjà prévues par les normes du travail québécoises. Une personne peut actuellement s’absenter de son emploi lorsqu’elle subit de la violence conjugale ou sexuelle, mais l’ensemble de cette période n’est pas nécessairement rémunéré. QS veut donc offrir un coussin financier plus important au moment où la victime tente de retrouver son autonomie.

Des milliers de victimes chaque année

Selon l’Institut de la statistique du Québec, 28 560 personnes ont été victimes d’une infraction contre la personne en contexte conjugal en 2024. Parmi celles-ci, 21 679 étaient des femmes, soit environ les trois quarts des victimes recensées. Ces données ne comprennent d’ailleurs que les situations connues des services policiers.

Le gouvernement québécois offre déjà différents services aux victimes, dont une aide financière permettant de quitter rapidement un milieu dangereux et des consultations juridiques gratuites. Québec solidaire estime néanmoins que le manque de places dans les maisons d’hébergement et la progression de la violence en ligne nécessitent de nouvelles interventions. Ses quatre engagements demeurent pour l’instant des propositions électorales qui ne seraient appliquées que si le parti formait le prochain gouvernement.

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