Pourquoi le Parti québécois tarde-t-il à choisir son candidat dans Sherbrooke?

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SHERBROOKE — Jusqu’à présent, nous connaissons plusieurs candidats — certains vedettes — dans les différentes circonscriptions de la région. Dans Richmond, qui regroupe une partie de Sherbrooke, on retrouvera sur la ligne de départ, pour la Coalition avenir Québec (CAQ), Guillaume Rousseau, bien connu pour ses dossiers en matière de laïcité et de langue française. De plus, l’ancien maire Bernard Sévigny sera son principal adversaire dans Richmond, sous la bannière du Parti québécois.

Or, étonnamment, alors que Sherbrooke est souvent considérée comme une circonscription baromètre et que le Parti québécois semble avoir de réelles chances de l’emporter, la formation tarde toujours à présenter son candidat. Pierre Cossette portera les couleurs du Parti libéral du Québec, tandis que la CAQ misera sur Fadéla Hamou. De son côté, Stéphanie Vachon tentera de conserver pour Québec solidaire le siège laissé vacant par le départ de Christine Labrie.

Sherbrooke, une circonscription baromètre

Notre ville, du moins son centre urbain, qui regroupe le district du Carrefour, l’Université, le lac des Nations, le mont Bellevue et le Vieux-Nord, peut être considérée comme un baromètre de la psyché collective qui traverse l’esprit des Québécois. Pourquoi? Parce que Sherbrooke regroupe des jeunes, étudiants ou non, des personnes âgées, des nouveaux arrivants, des francophones issus d’autres régions du Québec ou des coins ruraux de l’Estrie, ainsi que des anglophones.

On retrouve ainsi le Québec en concentré dans une petite zone urbaine, qui compte à la fois des bénéficiaires de l’aide sociale, des universitaires, des scientifiques, des ouvriers et des familles de la classe moyenne. Il n’est pas étonnant que Sherbrooke soit davantage analysée que d’autres circonscriptions de la région.

IMAGE TIRÉE DU SITE INTERNET / QC125.COM

L’ère Charest : celle qui a tout changé

On se souvient de la présence de Jean Charest, qui fut député — au fédéral puis au provincial — du milieu des années 1980 à 2012. Il a, en quelque sorte, mis Sherbrooke « sur la map ». À un moment donné, en pleine crise où l’on doutait de sa réélection, il a été annoncé battu dans Sherbrooke par le péquiste Claude Forgues. C’était en 2007. Cet événement est encore étudié de nos jours et analysé comme une bourde majeure d’un média couvrant une élection générale.

Depuis, les députés ne sont pas aussi connus qu’a pu l’être Jean Charest. On a eu Serge Cardin, qui sera député pendant deux ans sous la direction de Pauline Marois. Il sera battu en 2014 par Luc Fortin, qui ne fera pas un mandat particulièrement flamboyant. Fortin tentera sans succès de se présenter à la mairie de Sherbrooke par la suite. Depuis 2018, c’est Christine Labrie qui représente les Sherbrookois à l’Assemblée nationale.

Si Christine Labrie a pu faire avancer certains dossiers concernant des enjeux touchant les femmes, celle-ci a annoncé qu’elle ne se représenterait pas. La faute, dit-elle, à l’ambiance pesante et à la pression qui pèse sur les élus politiques, qui doivent composer avec la violence parfois extrême des réseaux sociaux.

Qui se présentera dans notre circonscription?

Pour le moment, nous avons trois coureurs en lice pour remporter la bataille de Sherbrooke : Stéphanie Vachon pour Québec solidaire, Fadéla Hamou pour la Coalition avenir Québec, ainsi que Pierre Cossette pour les libéraux. Mais selon l’agrégateur Québec125, qui réalise des simulations électorales mises à jour régulièrement, c’est le Parti québécois qui aurait le plus de chances de l’emporter, même s’il est talonné de près par le Parti libéral.

Un candidat péquiste toujours attendu

Le Parti québécois se retrouve donc dans une situation pour le moins particulière. Alors que les projections lui accordent une légère avance dans Sherbrooke et que ses principaux adversaires ont déjà présenté leurs candidats, la formation tarde toujours à dévoiler celui ou celle qui portera ses couleurs.

Dans une circonscription aussi serrée, le choix de la candidature pourrait pourtant faire toute la différence. Le Parti québécois devra trouver une personne capable de se faire connaître rapidement, de rassembler les électeurs et de profiter du départ de Christine Labrie pour reprendre un siège qu’il a déjà détenu.

Pourquoi le Parti québécois tarde-t-il autant à présenter son candidat dans Sherbrooke, alors que la circonscription semble être à sa portée? Plus le temps passe, plus cette absence risque de devenir un enjeu en soi dans une course où chaque point de pourcentage pourrait compter.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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