La Tabagie Wellington a fermé ses portes après des décennies au centre-ville

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SHERBROOKE — La Tabagie Wellington, l’un des commerces les plus singuliers du centre-ville de Sherbrooke, a définitivement fermé ses portes le 30 juin dernier.

La date de fermeture a été confirmée au Journal de Sherbrooke par un proche de la propriétaire, joint par téléphone. Le commerce a cessé ses activités sans annonce officielle ni véritable dernier tour de piste.

Située sur la rue Wellington Nord, la tabagie était bien davantage qu’un simple endroit où acheter des produits du tabac, un billet de loterie ou le journal du matin. Elle représentait probablement la dernière véritable « maison de la presse » de Sherbrooke.

Ses présentoirs débordaient de journaux et de périodiques spécialisés provenant notamment de France et des États-Unis. On pouvait encore y trouver Le Nouvel Obs, Le Figaro Magazine, GÉO, Historia, Vanity Fair, Esquire, Le Monde diplomatique ou encore le New York Times.

Pour les lecteurs curieux de politique internationale, d’histoire, de voyages, de culture, de littérature ou de mode, la Tabagie Wellington permettait de découvrir des publications pratiquement introuvables ailleurs dans la région.

Dans une époque où l’information se consulte de plus en plus sur un téléphone ou un ordinateur, le commerce préservait une habitude devenue rare : celle de prendre un magazine entre ses mains, d’en feuilleter quelques pages et de repartir avec une publication découverte presque par hasard.

Un commerce avec une véritable personnalité

La Tabagie Wellington était exploitée par un couple français âgé, bien connu de sa clientèle régulière. Les propriétaires étaient appréciés pour leur gentillesse, leur disponibilité et leur accueil chaleureux.

On ne se rendait pas seulement à la tabagie pour y acheter quelque chose. On pouvait aussi échanger quelques mots avec les propriétaires, discuter de l’actualité ou recevoir une suggestion de lecture.

Cette proximité faisait partie de l’identité du commerce. Comme bien des petites entreprises indépendantes, la Tabagie Wellington devait une grande partie de son charme aux personnes qui la faisaient vivre quotidiennement.

Sa fermeture représente donc autant une perte humaine qu’une perte commerciale.

Un autre commerce disparaît de la rue Wellington

La disparition de la Tabagie Wellington ajoute un local vacant de plus au centre-ville de Sherbrooke, déjà fragilisé par plusieurs fermetures au cours des dernières années.

Chaque commerce qui disparaît retire une raison supplémentaire de fréquenter la rue Wellington. Une tabagie spécialisée n’attire peut-être pas les mêmes foules qu’un restaurant ou qu’un grand événement, mais elle contribuait à la diversité du secteur.

Un centre-ville vivant ne repose pas uniquement sur les bars, les restaurants et les festivals. Il dépend aussi de commerces spécialisés, parfois modestes, qui ne peuvent être remplacés par une grande surface ou une plateforme de vente en ligne.

Avec la fermeture de la Tabagie Wellington, il devient désormais extrêmement difficile de se procurer à Sherbrooke certains journaux et magazines étrangers en version papier.

Les lecteurs devront se tourner vers les abonnements, les éditions numériques ou profiter d’un déplacement à Montréal pour retrouver certaines publications.

La Tabagie Wellington a fermé sans tambour ni trompette le 30 juin. Pourtant, son absence risque de se faire sentir longtemps chez ceux qui appréciaient encore le plaisir de parcourir ses rangées de périodiques.

C’est un petit morceau du centre-ville, mais aussi un petit monde de papier, qui vient de disparaître.

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