SHERBROOKE – Les candidats du Parti libéral du Québec font beaucoup jaser cette année. Le parti a du mal à renouveler son offre politique, et les personnes de qualité ne se pressent pas aux portes pour concourir sous la bannière de Charles Milliard. Un homme a retenu l’attention ces derniers jours dans le petit écosystème des passionnés de politique : le comédien Michel Savard. Et ce, pour de mauvaises raisons.
Qui est Michel Savard? C’est un acteur et comédien, surtout au théâtre, même s’il a déjà joué de petits rôles à la télévision et au cinéma. Il s’est reconverti comme professeur de français auprès des nouveaux arrivants, en plus d’être éducateur canin. En somme, une personnalité « couteau suisse », qui porte plusieurs casquettes. Jusque-là, rien d’exceptionnel.
C’est davantage sur les réseaux sociaux qu’il aura laissé sa marque. Et pas pour de bonnes raisons. Plusieurs captures d’écran ont récemment fait surface, où il s’en prend de manière particulièrement virulente aux « laïques » et aux militants du Parti québécois. Il dit notamment du chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, qu’il est un être haineux et mégalomane.

Il dit aussi des « laïques », que l’on suppose être les partisans de la Loi 21, d’aller se faire foutre et ajoute : « qu’ils viennent débattre avec mon bâton de baseball », en réponse à un internaute qui lui demandait si ce n’était pas un appel à la terreur.
Le militant s’est excusé sur les réseaux sociaux, en affirmant qu’il utilisait ces tactiques pour provoquer, pour choquer, et qu’il a fait un travail d’introspection au cours des derniers mois sur son militantisme web très particulier.
Des leçons pour tous les aspirants candidats
La politique est un monde cruel, parfois sans foi ni loi, où la moindre boutade peut se retourner contre son auteur des années après les faits. La plupart des gens ont déjà écrit quelque chose qu’ils n’auraient pas dû sur les réseaux sociaux ou publié des choses qu’ils auraient eu intérêt à taire.
N’importe quel aspirant candidat politique se doit d’être absolument irréprochable. Ce n’est pas seulement une question éthique; c’est aussi un impératif à l’ère des réseaux sociaux. La vie de chaque personne est documentée depuis des années sur Internet. Certaines traces que l’on a laissées il y a une vingtaine d’années demeurent toujours accessibles à qui sait chercher.
L’information en source ouverte (« open source ») est une stratégie de plus en plus utilisée par les médias, mais aussi par des militants, pour déterrer certaines choses que l’on voudrait cacher. Les partis ne l’avoueront pas directement, mais ils ont des militants du clavier prêts à éplucher les réseaux sociaux de leurs adversaires, et ce, sur plusieurs années d’historique.
Vous avez dit des choses moralement douteuses lors du printemps érable de 2012? Il est possible qu’il en existe encore des traces. Dans le cas du désormais ancien candidat libéral Michel Savard, les dernières captures d’écran le montrant sous un jour très défavorable dataient d’il y a quelques mois, tout au plus un an.
Il a beau s’excuser, on voit mal comment il aurait pu s’en sortir. Les propos sont si brutaux, directs et incendiaires que l’on est surpris de voir que les libéraux ont tout de même donné leur aval à cette candidature. Normalement, les aspirants candidats doivent se soumettre à des vérifications avant de pouvoir se présenter.
Encore une fois, les libéraux montrent qu’ils auront toutes les difficultés du monde à reconnecter avec l’électorat francophone, qui demande des candidats irréprochables. À l’époque, il existait une blague voulant qu’un cochon peint en rouge puisse être élu député libéral dans Westmount. Mais cette époque est révolue, car les gens ont envie d’avoir des députés, des ministres, voire un premier ministre présentant le meilleur bilan éthique possible.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

