SHERBROOKE – Lorsqu’on voyage à l’étranger, si l’on est propriétaire de chien, on constate à quel point le Québec semble avoir du retard concernant le traitement accordé à nos amis à quatre pattes. En France, par exemple, ou encore aux États-Unis, il est normal d’amener son chien au café.
Ainsi, sur une place publique, on retrouve plusieurs bols destinés à nos amis canins, qui aiment pouvoir se promener avec leur maître et humer les différentes odeurs autour d’eux. Le rapport aux animaux est plus naturel, moins autoritaire qu’il ne peut l’être au Québec.
Bien sûr, il faut des règles pour encadrer les maîtres irresponsables et empêcher les abus. Mais pourquoi amener son petit chihuahua dans ses bras devrait-il vous valoir une expulsion d’un bar, surtout si celui-ci est tranquille ?
Les Américains vénèrent leurs chiens. Au point où, à St. Johnsbury, une ville du Vermont située à une heure trente de Sherbrooke, une ancienne chapelle protestante a été transformée en sanctuaire qui rend hommage à tous les compagnons disparus de ceux qui se rendent dans ces montagnes reculées du nord du Vermont.
En Thaïlande, les habitants adorent les chiens, qu’ils bichonnent comme des enfants. Ils sont habillés de différents costumes, dont certains sont très chers. Même dans un pays qui n’est pas réputé pour les droits des animaux comme la Chine, les gens sont prêts à mettre beaucoup d’argent pour leur boule de poils préférée.
Comme on peut le constater dans les rues de Tianjin ou de Shanghai, les chiens sont parfaitement toilettés, rasés au millimètre près et ressemblent davantage à des cartes de mode qu’à des quadrupèdes.
Au Québec, à l’inverse, il est difficile d’amener son chien en voyage. La plupart des hôteliers refusent purement et simplement la présence des chiens, sans compter de nombreux campings. Il ne reste donc pas beaucoup d’alternatives pour les amis des chiens : soit faire garder leur animal, soit rester à la maison.
Un rapport ambivalent aux animaux
Le Québec a un rapport ambivalent aux animaux. Si la plupart des gens s’émeuvent face aux cas de cruauté envers eux, la discrimination dans les logements est généralisée à leur égard. Bien sûr qu’il faut des règles. Mais pourquoi un maître devrait-il abandonner son meilleur ami pour emménager dans un nouveau logement ?
Certains chiens sont abandonnés sans qu’ils aient pu démontrer qu’ils peuvent être des compagnons doux, tranquilles et ne dérangeant pas les voisins. Un jugement récent a confirmé le droit d’une défenderesse de conserver son chien dans son logement.
La SPCA de Montréal se réjouit du jugement, mais la partie n’est pas encore gagnée d’avance. Il faut pour cela amender le Code civil du Québec afin d’y inclure une clause interdisant la discrimination à l’égard des animaux de compagnie, dans les limites du raisonnable.
Quitte à permettre un dépôt de garantie, actuellement interdit au Québec, afin de rassurer les propriétaires hésitants. Des solutions existent, mais le Québec ne semble pas trop pressé de trouver une issue à des situations qui deviennent parfois dramatiques.
La France, un autre modèle
En France, des gâteries sont parfois disponibles dans les cafés pour nos amis canins : des biscuits dignes de grandes pâtisseries ou encore un mélange de crème fouettée. La vie semble douce pour ces compagnons du quotidien. Il est aussi possible de voir des chiens dans certains bars, cafés ou commerces de quartier qui font office de mascotte officieuse.
Le Québec est un endroit incroyable sur de nombreux aspects. Mais il faut avouer qu’à force de voir l’immobilisme en matière de droits animaliers, on se demande si l’on est vraiment digne d’un pays développé, parfois. Pensons à tous ces incendies dans des fermes, qui tuent des milliers de bêtes chaque année, sans que les syndicats agricoles y trouvent quoi que ce soit à dire, à part « ah, c’est plate ».
Nous méritons mieux. Et surtout nos animaux. Ils devraient pouvoir jouir d’une existence douce, dans le respect de leur sensibilité. Si le véganisme est peu probable comme idéal à long terme, au moins s’assurer du bien-être des animaux d’élevage. Et pour nos petits amis à la maison : ils devraient être tolérés, dans les limites du raisonnable, dans certains commerces et les logements.

