SHERBROOKE – Plus de 12 000 parents d’enfants d’âge scolaire ont participé à la troisième édition de l’enquête nationale sur le bien-être des familles québécoises, réalisée entre le 2 et le 13 février 2026. Cette vaste consultation, menée par la Fédération des comités de parents du Québec et ses partenaires, permet de comparer les tendances observées avec celles de 2024 et 2025, offrant ainsi un portrait fiable de l’évolution du bien-être familial à travers la province.
Supervisée par la Dre Mélissa Généreux, professeure à l’Université de Sherbrooke et spécialiste en santé publique, l’enquête vise à mieux comprendre les préoccupations des parents et à orienter les actions à mettre en place pour soutenir les familles.

Une amélioration fragile de la qualité de vie
Les résultats de 2026 indiquent une légère hausse de la qualité de vie perçue par les familles québécoises. Toutefois, cette amélioration demeure précaire et masque des réalités plus préoccupantes, notamment en matière de santé mentale chez les jeunes.
Au secondaire, la situation se détériore de façon notable, particulièrement chez les filles. Des écarts importants sont également observés selon le type d’établissement fréquenté, les élèves du réseau public sans programme sélectif étant davantage désavantagés.
Les écrans au cœur des tensions familiales
Comme lors des éditions précédentes, les écrans demeurent la principale source d’inquiétude pour les parents. Mais en 2026, la nature de cette inquiétude évolue : ce n’est plus seulement le temps passé devant les écrans qui pose problème, mais bien le contenu consommé en ligne.
L’enquête révèle qu’un enfant sur quatre présente un usage à risque ou problématique des écrans. Cette réalité a des conséquences concrètes à la maison, alors que près d’une famille sur deux rapporte vivre des conflits liés à la gestion des écrans, et ce, même au niveau primaire.
Ces tensions traduisent un défi quotidien pour les parents, qui doivent composer avec des technologies omniprésentes et des contenus parfois difficiles à encadrer.
Une santé mentale sous pression
L’anxiété sociale demeure un enjeu majeur chez les jeunes Québécois. Elle touche particulièrement les enfants ayant des besoins particuliers, qui semblent plus vulnérables face aux défis scolaires et sociaux.
Cette pression psychologique s’inscrit dans un contexte où l’environnement scolaire lui-même peut devenir source de stress, notamment en raison de la violence, de la discrimination ou des difficultés d’intégration.
Un quart des familles préoccupées par leurs finances
Au-delà des enjeux liés aux écrans et à la santé mentale, la situation économique des familles continue d’inquiéter. Un parent sur quatre considère sa situation financière comme préoccupante, un indicateur qui reflète les pressions liées au coût de la vie et à l’instabilité économique.
Cette réalité financière influence directement le bien-être global des familles, en limitant parfois leur accès à certaines ressources ou en augmentant le stress au quotidien.
Un appel à l’action pour nos gouvernements
La publication de ces résultats survient à un moment stratégique, alors que le gouvernement du Québec dépose son budget. Les partenaires de l’enquête souhaitent que ces données soient prises en compte dans les décisions politiques, notamment en ce qui concerne le financement des services publics et des mesures de soutien aux familles.
En diffusant rapidement les conclusions de cette enquête, les organisations espèrent également favoriser la mise en place de solutions concrètes et encourager la collaboration entre les différents acteurs du milieu.
Au final, cette troisième édition de l’enquête dresse le portrait de familles québécoises résilientes, mais confrontées à des défis bien réels. Entre amélioration de la qualité de vie et préoccupations persistantes, elle rappelle l’importance d’agir de manière concertée pour soutenir les parents et les enfants dans un contexte en constante évolution.
Source : Fédération des comités de parents du Québec, Enquête nationale sur le bien-être des familles québécoises, communiqué du 18 mars 2026.

