500 000 $ pour mieux prévoir les avalanches : l’Université de Sherbrooke au service du Nunavik

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Ce n’est pas tous les jours qu’un projet né à Sherbrooke vise directement la sécurité des communautés nordiques du Nunavik. Pourtant, c’est exactement ce qui vient d’être annoncé : près de 500 000 $ seront investis pour améliorer la surveillance à distance des risques d’avalanche grâce à l’expertise de l’Université de Sherbrooke

L’annonce a été faite le 27 février par Anthony Housefather, secrétaire parlementaire de l’honorable Eleanor Olszewski, ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, ainsi que par l’honorable Élisabeth Brière, députée de Sherbrooke et whip adjointe du gouvernement.

Le financement provient du Fonds des nouvelles initiatives de recherche et de sauvetage (FNI de R-S), administré par Sécurité publique Canada.

Lire la neige pour prévenir le pire

Dans les régions alpines éloignées, l’évaluation du risque d’avalanche demeure un défi majeur. Les distances sont immenses. Les accès sont limités. Les conditions météo changent rapidement.

Le projet sherbrookois vise à créer des cartes détaillées montrant l’épaisseur et la stabilité du couvert neigeux dans ces zones isolées. En clair : mieux comprendre la structure de la neige pour mieux prévoir les avalanches.

Pour y parvenir, l’Université de Sherbrooke travaillera en collaboration avec Parcs Canada, Avalanche Canada, Environnement et Changement climatique Canada et l’Administration régionale Kativik.

Ces partenaires partageront données, expertise et connaissance du terrain afin d’améliorer la capacité de prévision et d’aider les autorités locales à prendre des décisions éclairées.

Quand chaque minute compte

Au Canada, le système de recherche et sauvetage repose sur une collaboration entre gouvernements, communautés autochtones, bénévoles et secteur privé. Dans le Nord, où l’isolement géographique complique chaque intervention, l’innovation technologique devient essentielle.

La ministre Eleanor Olszewski a souligné que les équipes de recherche et sauvetage « travaillent sans relâche pour protéger les gens, souvent dans des conditions difficiles et imprévisibles », ajoutant que ces investissements permettent d’intervenir « plus rapidement et plus efficacement lorsque chaque seconde compte ».

Anthony Housefather a pour sa part insisté sur l’importance d’appuyer « les gens, les outils et les activités de recherche qui permettent aux intervenants d’agir rapidement et avec confiance lorsque des vies sont en jeu ».

Une expertise sherbrookoise reconnue

À Sherbrooke, la députée Élisabeth Brière s’est dite fière que « le savoir-faire sherbrookois serve à protéger les communautés nordiques et à soutenir leur sécurité au quotidien ».

Du côté universitaire, la professeure Anne Lessard, vice-rectrice à la recherche à l’Université de Sherbrooke, a mis en lumière l’expertise du professeur Alexandre Langlois et du groupe de recherche CARTEL. Elle souligne que le projet renforcera la recherche en géomatique tout en formant une relève hautement qualifiée grâce à des applications concrètes sur le terrain.

Un programme national déjà bien établi

Le Fonds des nouvelles initiatives de recherche et de sauvetage est géré par Sécurité publique Canada en collaboration avec des partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux. Les projets sont sélectionnés selon des critères objectifs et doivent répondre à des priorités annuelles précises.

Depuis 2015, le programme a versé 61 millions de dollars à travers le pays afin d’améliorer la prévention et de moderniser les capacités d’intervention.

Dans un contexte de changements climatiques et d’urgences environnementales plus fréquentes, la capacité de surveiller à distance la stabilité du couvert neigeux pourrait devenir un outil clé pour réduire les risques de blessure et de décès.

Une innovation développée en Estrie, mais destinée à renforcer la sécurité de communautés parmi les plus isolées du pays.

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