Sherbrooke rend hommage aux victimes de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec

Partagez

Écoutez cet article en version audio :
0:00
0:00

SHERBROOKE — Le 29 janvier 2026, une cérémonie d’hommage s’est tenue à la Cathédrale Saint-Michel, à Sherbrooke, en mémoire des six victimes de l’attentat perpétré le 29 janvier 2017 à la Grande mosquée de Québec. Ce soir-là, Alexandre Bissonnette faisait irruption durant la prière du soir et ouvrait le feu, tuant six hommes innocents rassemblés dans un lieu de paix.

Les victimes — Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzedine Soufiane et Aboubaker Thabti — ont été nommées une à une, dans un moment de recueillement empreint de gravité et de respect.

Une mobilisation large de la société civile

L’événement était organisé conjointement par plusieurs acteurs de la société civile, dans un esprit de dialogue et de rassemblement. L’Archidiocèse de Sherbrooke, hôte de la cérémonie, s’est associé au Collectif pour un Québec inclusif, qui regroupe notamment l’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE), le Centre culturel islamique de Sherbrooke (CCIS), l’Église Unie Plymouth Trinity United Church, l’Institut des mondes arabe et musulman de l’Estrie (IMAME), l’Institut AlQalam, VOSACH, l’Association Culturelle Islamique de MAGOG (ACIM), la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Actions interculturelles, ainsi que l’Association des musulmans de l’Université de Sherbrooke (AMUS), parmi d’autres. Cette collaboration a donné lieu à une soirée interreligieuse et citoyenne, rassemblant des personnes de tous horizons autour d’un même moment de recueillement et de solidarité.

Plusieurs représentants politiques ont également pris part à l’hommage, dont les conseillères municipales Fernanda Luz, qui représente le district du Carrefour, et Catherine Boileau, du distrinct de Brompton, ainsi que la députée fédérale de Sherbrooke, Élisabeth Brière.

Prières croisées et appel au dialogue

Au fil de la cérémonie, des sourates du Coran ont été récitées, suivies de lectures tirées du Nouveau Testament. Catholiques, protestants et musulmans ont pris la parole pour lancer un appel commun à la paix, au dialogue et au respect mutuel. Le caractère interconfessionnel de l’événement a été salué par les participants, venus nombreux écouter et se recueillir.

Un moment particulièrement émouvant est survenu avec le témoignage d’un survivant de l’attaque, Cheikh Nizar Ghali. Celui-ci a raconté comment la tragédie, malgré l’horreur, lui avait aussi révélé une profonde vague de solidarité : des gestes venus autant de la communauté musulmane que de la société d’accueil, de la part de citoyens inconnus qui ont choisi de tendre la main.

Un message depuis le Liban

Depuis le Liban, Me. Hassan Guillet est intervenu en visioconférence. Dans une brève allocution, il a rendu hommage aux victimes tout en rappelant l’importance de respecter la culture québécoise et la langue française — un respect qui, selon lui, ne doit jamais se faire contre les personnes venues d’ailleurs pour contribuer à leur nouveau pays. Sans nommer le tireur, il a dénoncé les effets du populisme observés au sud de la frontière, incarnés par Donald Trump, ainsi que le climat de tension entourant les musulmans dans l’espace public depuis la controverse des accommodements raisonnables.

Les enfants, ambassadeurs de la paix

Tout au long de la soirée, des citoyens de toutes origines se sont succédé au micro pour appeler à l’inclusion, à la tolérance et au dialogue. Un élément a toutefois marqué les esprits : la place accordée aux enfants. Présentés comme de véritables ambassadeurs de la paix, ils ont symbolisé l’espoir d’une société québécoise de plus en plus diversifiée, capable de transformer la mémoire d’un drame en engagement collectif pour l’avenir.

Au terme de la cérémonie, un constat s’imposait : neuf ans après l’attentat de Québec, la mémoire demeure vive, mais elle s’accompagne à Sherbrooke d’une volonté claire de bâtir des ponts, plutôt que des murs.

Nouvelles

Actualités