Éoliennes à Brompton : Boileau réclame un débat public

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SHERBROOKE — Le temps presse pour discuter du projet éolien qui pourrait voir le jour dans le secteur de Brompton, estime Catherine Boileau. La conseillère municipale réclame une discussion publique entre les élus de Sherbrooke afin de déterminer les conditions d’implantation de telles installations sur le territoire. Elle craint que le dossier avance à l’échelle régionale avant que le conseil municipal ait établi ses propres balises.

Une discussion qui se fait attendre

Dans une publication intitulée « Éolien : il est minuit moins une », Catherine Boileau affirme avoir reçu une communication lui indiquant que le dossier serait transféré à la Table des MRC avant même que les élus sherbrookois puissent se pencher sur la question. Selon elle, la mairesse ne lui avait toujours pas confirmé qu’une discussion aurait lieu entre les membres du conseil. La conseillère dit avoir réitéré sa demande pour que cet échange se déroule ouvertement, en comité plénier public.

« Qu’on soit pour ou contre, les élu·e·s de Sherbrooke doivent en discuter ouvertement », écrit-elle. Elle demande que le conseil examine les avantages et les inconvénients du projet, puis établisse les règles que la Ville souhaite se donner. À ses yeux, ces discussions doivent avoir lieu avant le dépôt du dossier, alors qu’il est encore temps de préciser les attentes municipales.

Éoliennes à Brompton : Boileau réclame un débat public
IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / CATHERINE BOILEAU – CONSEILLÈRE MUNICIPALE DE BROMPTON

Un projet de 14 à 22 éoliennes

Le projet en question porte le nom de Tomcod et est développé par Éolectric. Selon les renseignements publiés par le promoteur, il pourrait comprendre de 14 à 22 éoliennes, pour une puissance totale de 100 à 150 mégawatts. Le territoire à l’étude se situe principalement à Saint-François-Xavier-de-Brompton et dans le district de Brompton, à Sherbrooke, ce qui signifie que le nombre annoncé concerne l’ensemble du projet.

La configuration définitive reste à préciser au fil des études et des échanges avec le milieu, indique l’entreprise. Parmi les éléments qu’elle dit prendre en compte figurent les secteurs habités, les terres agricoles, les érablières, les cours d’eau et les milieux humides. Le bruit, les ombres mouvantes produites par les pales et la protection des espèces menacées ou vulnérables font également partie des enjeux présentés sur le site du projet.

Une échéance fixée au 26 février

L’échéance évoquée par Catherine Boileau correspond au calendrier de la première ronde de l’appel d’offres d’Hydro-Québec, dont la date limite de dépôt des soumissions est le 26 février 2027. « Le problème, c’est le temps », résume la conseillère dans sa publication. Elle souligne que le temps des Fêtes réduira encore la période disponible pour discuter du dossier et arrêter les règles que Sherbrooke entend appliquer.

Tomcod est actuellement présenté par son promoteur comme un projet en développement. Son cheminement comprend plusieurs étapes, dont les études, les démarches d’autorisation, l’ingénierie et une éventuelle construction. Pour l’ensemble de son appel d’offres éolien, Hydro-Québec prévoit des mises en service entre 2031 et 2038.

L’appui des municipalités sera nécessaire

La position des municipalités concernées occupe une place importante dans les exigences d’Hydro-Québec. La société d’État précise que seuls les projets appuyés par une résolution des municipalités concernées pourront être réalisés. Une consultation de la population doit également être menée avant le dépôt des projets, et les promoteurs doivent démontrer comment les préoccupations exprimées ont été prises en compte.

Le cadre de l’appel d’offres prévoit aussi des retombées pour les milieux qui accueilleraient les installations. Les promoteurs devront verser une contribution financière annuelle aux collectivités qui administrent le territoire, en plus des ententes négociées avec les propriétaires fonciers. Hydro-Québec entend également favoriser les projets développés en partenariat avec les collectivités d’accueil et les Premières Nations.

Le Val-Saint-François a amorcé sa préparation

Dans le Val-Saint-François, la réflexion sur les énergies renouvelables a commencé en 2024 et a mené à la publication d’un guide sur leurs conditions d’intégration, en décembre 2025. Le 19 août 2026, le conseil de la MRC s’est également déclaré compétent en matière de production d’électricité provenant de sources renouvelables. La MRC a alors exprimé sa volonté de pouvoir participer à d’éventuels projets par l’intermédiaire d’une société à constituer.

Cette préparation régionale fournit un contexte aux discussions entourant Tomcod. La demande de Catherine Boileau porte toutefois précisément sur la place des élus de Sherbrooke dans le traitement du dossier et sur les conditions applicables au territoire municipal. Elle souhaite que les membres du conseil puissent en débattre publiquement avant que le projet soit déposé.

Deux séances d’information le 7 novembre

La population pourra en apprendre davantage sur Tomcod ce samedi 7 novembre, au Centre communautaire France-Gagnon-Laprade, situé au 112, rue du Parc, à Saint-François-Xavier-de-Brompton. Deux plages horaires sont prévues, soit de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 16 h 30. Le programme comprend une présentation du projet, des affiches informatives et la présence de représentants pour répondre aux questions.

Catherine Boileau annonce qu’elle sera sur place pour entendre les préoccupations de la population. Elle invite également les citoyens à intervenir à la période de questions du conseil municipal de Sherbrooke, le 17 novembre à 19 h. Le calendrier municipal confirme la tenue d’une séance ce jour-là à l’hôtel de ville, au 191, rue du Palais.

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