MONTRÉAL — Mathieu Bock-Côté n’a pas l’habitude de mâcher ses mots, et sa plus récente sortie contre Christine Fréchette ne fait pas exception. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le sociologue s’en prend directement à la position de la première ministre sur la question nationale. Il va jusqu’à lui proposer un nouveau surnom : « Cachette Fréchette ».
Une question que Fréchette refuse de trancher
Au cœur de la critique de Mathieu Bock-Côté se trouve une question assez simple : si un référendum sur l’indépendance du Québec avait lieu, Christine Fréchette voterait-elle Oui ou Non? Selon Bock-Côté, la première ministre refuse de répondre en faisant valoir qu’il s’agit d’une question hypothétique. Pour lui, cet argument tient difficilement la route alors que la possibilité d’un nouveau référendum fait directement partie de la présente campagne électorale.
Christine Fréchette présente plutôt sa position comme celle d’une nationaliste autonomiste. Sur les plateformes officielles de la CAQ, elle affirme vouloir que le Québec « fasse des gains au sein de la fédération canadienne » et soutient qu’un référendum ne constitue pas la priorité des Québécois. Elle mise notamment sur la collaboration avec Ottawa, le gouvernement québécois ayant d’ailleurs conclu plusieurs ententes avec le gouvernement de Mark Carney au cours des derniers mois.
Bock-Côté voit une contradiction
Pour Mathieu Bock-Côté, il existe toutefois une contradiction dans le discours caquiste. D’un côté, Christine Fréchette refuse selon lui de répondre à une question référendaire qu’elle juge hypothétique; de l’autre, la possibilité d’un référendum sous un gouvernement péquiste occupe une place importante dans l’argumentaire de la CAQ. Le chroniqueur estime donc qu’il est parfaitement légitime de demander à la première ministre comment elle-même voterait si les Québécois étaient appelés aux urnes sur l’indépendance.
La possibilité d’un référendum n’est d’ailleurs pas une invention de ses adversaires. Le Parti Québécois affirme officiellement qu’un gouvernement péquiste consultera les Québécois sur l’indépendance au cours de son premier mandat, même si Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à ne pas tenir ce référendum tant que Donald Trump demeurera président des États-Unis. Plusieurs candidats péquistes font également ouvertement campagne en évoquant la perspective d’un prochain référendum.
Le PQ toujours devant dans les intentions de vote
Bock-Côté rappelle également que le Parti Québécois occupe actuellement le premier rang dans les intentions de vote, ce qui rend selon lui la question encore moins théorique. Le plus récent sondage Léger publié le 1er septembre plaçait effectivement le PQ à 29 %, devant la CAQ à 24 %, le Parti libéral à 22 %, le Parti conservateur à 15 % et Québec solidaire à 10 %. La situation demeure toutefois mouvante : 42 % des électeurs ayant exprimé un choix affirmaient encore pouvoir changer d’idée.
Bock-Côté réserve finalement ses mots les plus durs à ce qu’il considère comme un double standard. Il estime que les médias et les électeurs cherchent régulièrement à connaître les opinions personnelles de candidats beaucoup moins susceptibles d’exercer le pouvoir, alors que la première ministre pourrait éviter de préciser sa propre position sur le statut politique du Québec. Il accuse carrément Christine Fréchette de « lâcheté » et conclut en proposant de la surnommer « Cachette Fréchette ».
Une vieille question qui revient au centre du jeu
Au-delà de la formule volontairement provocatrice de Mathieu Bock-Côté, son intervention illustre surtout le retour de la question nationale au cœur de la campagne. La CAQ tente de défendre une troisième voie, celle d’un Québec plus autonome à l’intérieur du Canada, alors que le PQ assume ouvertement son objectif indépendantiste. Pour Christine Fréchette, éviter de répondre personnellement à la question du Oui ou du Non risque donc de continuer à alimenter les attaques de ses adversaires au cours des prochaines semaines.
Sources :
- Publication publique de Mathieu Bock-Côté sur Facebook
- Coalition Avenir Québec — déclarations et publications de Christine Fréchette sur la question nationale
- Parti Québécois — position officielle concernant la tenue d’un référendum au cours d’un premier mandat
- Léger — intentions de vote au Québec, 1er septembre 2026
- Gouvernement du Québec — Bureau de la première ministre et relations avec le gouvernement fédéral

