La Tribune: le désespoir d’un modèle médiatique en crise

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SHERBROOKE — Depuis plusieurs mois, une tendance se dessine clairement : La Tribune et certains de ses confrères tentent par tout les moyens de présenter le Journal de Sherbrooke comme un « faux média ».

Les allégations se multiplient. C’est la panique. On avance que notre contenu serait entièrement généré par intelligence artificielle. On laisse entendre qu’il ne reposerait pas sur une véritable démarche journalistique. On évoque également des problématiques graves, allant même jusqu’à évoquer des accusations criminelles d’usurpation d’identité, de fraude, d’arnaque. On affirme également que notre plateforme serait une copie de La Tribune, voire qu’elle aurait été conçue totalement avec l’intelligence artificielle.

Pourtant, dans les faits, il s’agit d’une plateforme web classique bien normale aucunement conçue avec l’intelligence artificielle. Nos articles, pourtant lus par des centaines de milliers de personnes au cours des derniers mois, sont originaux, uniques, rédigés, dûment signés et assumés par des auteurs bien identifiés. Les affirmations selon lesquelles notre contenu serait copié, automatisé ou entièrement généré par IA ne reposent, à ce jour, sur aucun élément factuel démontré ou basé sur la réalité actuelle. Bien que nous admettions parfois utiliser cet outil en support notamment pour la correction ou la génération d’images dans certaines circonstances, il est inexact et totalement mensonger de prétendre que notre contenu en dépend entièrement.

Toute personne dotée d’un minimum de sens critique et de capacité d’analyse peut d’ailleurs constater par elle-même que notre contenu est original, structuré et distinct. De plus, notre page Notre équipe permet d’identifier clairement les personnes derrière le Journal de Sherbrooke : https://www.journaldesherbrooke.com/notre-equipe/

Il suffit d’observer concrètement notre contenu pour constater que nous avons réalisé de nombreuses entrevues, ainsi que plusieurs reportages et exercices de terrain, tous entièrement originaux. En déduire autrement relèverait du déni, voire d’une forme de réalité parallèle.

Pourquoi, dès lors, un tel acharnement ? Les médias subventionnés établis en viennent-ils à se positionner comme les seuls détenteurs d’une vérité légitime comme bon leur semble ?

Quand le narratif ne tient plus la route

Suite à la décision du Conseil de presse du Québec de rejeter la plainte de La Tribune visant notre média, notamment au motif que le Journal de Sherbrooke ne serait pas considéré comme un média d’information au même titre que les médias subventionnés établies, une vague de réactions s’est fait entendre dans le milieu médiatique local. Une réaction pour le moins surprenante. Ceux-là mêmes qui, depuis des mois, s’acharnent à nous présenter comme un « faux média » semblent aujourd’hui s’indigner de ne pas nous voir reconnus comme tel.

Où se situe la cohérence ? Si nous avions été reconnus comme un média d’information, ces mêmes acteurs auraient-ils dénoncé cette reconnaissance avec la même vigueur ? Fort probablement. Et maintenant qu’une étiquette tant espérée nous est associée, l’indignation persiste. Cette contradiction soulève une question légitime : s’agit-il réellement d’un débat sur la nature du journalisme… ou d’une dynamique où la cohérence cède la place à des intérêts concurrents ? Dans ce contexte, l’acharnement observé apparaît difficile à dissocier d’une logique de concurrence plutôt que d’une volonté rigoureuse de rapporter les faits.

Comment une organisation médiatique comme La Tribune qui se réclame de la rigueur et de l’équité peut-elle sembler à ce point indifférente à l’examen des faits réels ?

Xavier Roy-Perras : une comparaison en décalage avec la réalité

Il est également difficile de passer sous silence certaines comparaisons avancées publiquement, notamment par Xavier Roy-Perras, qui suggère qu’un contenu corrigé par l’intelligence artificielle s’apparenterait à celui de « faux avocats » ou de « faux médecins ».

Une telle analogie mérite d’être examinée avec rigueur.

Car dans les faits, l’utilisation de l’intelligence artificielle est aujourd’hui largement répandue dans de nombreuses professions hautement spécialisées — incluant le droit, la médecine, l’ingénierie et même le journalisme.

Des avocats utilisent l’IA pour analyser des jurisprudences et rédiger des documents juridiques. Des médecins, des ingénieurs, des comptables et de nombreux professionnels s’en servent également pour soutenir et optimiser leur travail au quotidien.

Dans ce contexte, une question s’impose : M. Perras sous-entendrait-il que toutes ces personnes sont « fausses » ou indignes de leur profession ?

L’amalgame qui consiste à associer l’utilisation d’outils technologiques à une absence de compétence ou à une forme de fraude repose donc sur une compréhension incomplète — voire ridicule, dépassée — des réalités actuelles.

Soutenir le contraire revient à ignorer une transformation déjà largement amorcée, et laisse entrevoir une volonté de protéger désespérément certains intérêts établis.

L’IA, outil légitime… sauf quand elle vient d’un média émergent

L’usage de l’intelligence artificielle dépasse largement le cadre des médias. Nos corps policiers y ont recours dans leurs communications. Nos élus, auteurs, artistes et de nombreuses figures publiques l’utilisent ouvertement dans la diffusion de leurs communiqués et de multiples autres applications.

Cela ne remplace en aucun cas le travail rédactionnel humain. L’IA doit sublimer notre travail, mais elle ne remplacera jamais le jugement du professionnel. Réduire cette réalité à une production automatisée constitue une interprétation qui ne correspond pas aux faits. Il est pour le moins paradoxal d’opposer l’utilisation d’outils technologiques au travail journalistique, alors que ces mêmes outils sont aujourd’hui largement intégrés dans plusieurs professions.

D’ailleurs, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle par des journalistes eux-mêmes est aujourd’hui une réalité observable, notamment sur les réseaux sociaux. Lorsque les mêmes outils sont utilisés d’un côté et dénoncés de l’autre, la question n’est plus technologique. Elle devient celle de la cohérence.

Dans ce contexte, les comparaisons avancées publiquement par Xavier Roy-Perras, assimilant l’utilisation de l’intelligence artificielle à celle de « faux professionnels », apparaissent encore plus difficilement soutenables. Elles entrent en contradiction directe avec la réalité observable dans une multitude de secteurs où ces outils sont déjà intégrés — sans pour autant remettre en cause la compétence ou la légitimité de ceux qui les utilisent.

Pourquoi le journalisme ferait-il exception ?

Pourquoi ce qui est admis, encadré et normalisé ailleurs deviendrait il, ici, problématique ? Une telle position soulève inévitablement des questions quant à sa cohérence.

Dans tous ces cas, l’intelligence artificielle ne remplace pas le professionnel. Elle vient soutenir, accélérer et enrichir son travail. Pourquoi le journalisme semble-t-il être le seul domaine où la révolution de l’intelligence artificielle comme outil de support est traitée comme un sacrilège, comme une faute impardonnable ?

Est-ce la crainte de voir des médias indépendants accéder aux mêmes leviers et subventions que les médias populaires maintenus sous respirateur artificiel ?

Sommes-nous en train d’assister à une redéfinition du paysage médiatique… ou à une tentative de le refermer ?

Il ne s’agit pas d’un débat sur l’éthique, mais d’une peur bien réelle de voir certains emplois fragilisés par une transformation inévitable. Le futur ne fera que le confirmer.

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