Mises à pied chez NovaTube, les Métallos pressent Ottawa

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MONTRÉAL — Une quarantaine de travailleurs syndiqués de NovaTube seront mis à pied à compter du vendredi 13 novembre, pour une durée indéterminée, selon le Syndicat des Métallos. Acier Nova invoque la concurrence des tuyaux importés à bas prix. Les Métallos pressent Ottawa de resserrer les contrôles à la frontière, alors que des droits antidumping sont en vigueur depuis 2019 sur certains des tubes que fabrique le groupe.

L’incertitude à quelques semaines des Fêtes

La section locale 2423 représente habituellement plus d’une centaine de personnes qui fabriquent des tubes et des tuyaux d’acier chez NovaTube. Son président, Alain Duhamel, rappelle que des travailleurs se sont rendus à Ottawa pour témoigner des effets du dumping sur leur usine. Il s’inquiète pour les familles touchées à l’approche du temps des Fêtes. « On a l’impression que le gouvernement nous laisse tomber », dit-il dans le communiqué syndical.

Une plainte déposée en 2018

Le dossier remonte à une plainte déposée en 2018 par la société mère de Nova Tube et de Nova Steel, au nom des deux entreprises. En février 2019, le Tribunal canadien du commerce extérieur a conclu que le dumping de certains tubes soudés en acier au carbone provenant du Pakistan, des Philippines, de la Turquie et du Vietnam avait causé du tort aux producteurs canadiens. Il a maintenu les mesures en octobre 2024, jugeant que leur retrait risquait de nuire de nouveau à la production canadienne.

Dans son analyse de 2024, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) présentait le groupe Nova comme le seul grand fabricant canadien de cette catégorie de tubes. Le groupe en produisait à Montréal et à Baie-D’Urfé. Ces tuyaux servent notamment à la plomberie et au chauffage.

Des droits à faire respecter à la frontière

Il y a dumping lorsque le prix à l’exportation est inférieur à une valeur de référence, généralement établie à partir du prix de vente dans le pays exportateur. Pour une marchandise visée par une mesure antidumping, cet écart sert à calculer le droit que doit payer l’importateur. Le 27 mars dernier, l’ASFC a terminé une révision des valeurs de référence applicables aux tubes visés par ce dossier.

« Encore faut-il les faire respecter », dit le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre, au sujet des décisions du Tribunal. Le syndicat soutient que de l’acier vendu à des prix de dumping continue d’entrer au Canada et demande à Ottawa de mieux appliquer les mesures existantes. Le 21 octobre, dans le cadre d’un plan annoncé avec l’Ontario, le gouvernement fédéral s’est engagé à intensifier la surveillance des importations d’acier et les contrôles ciblés de l’ASFC.

De l’acier d’ici dans les chantiers publics

Les Métallos réclament aussi une politique industrielle pour l’acier et veulent que les gouvernements se servent de leurs achats pour soutenir les usines d’ici. La politique fédérale « Achetez canadien » exige déjà de l’acier canadien dans certains contrats de construction et de défense de 25 millions de dollars ou plus, lorsque les besoins en acier visé atteignent 250 000 $ et qu’un approvisionnement canadien est disponible. Le syndicat veut faire de l’achat d’acier canadien et québécois une condition pour tous les projets financés par Ottawa ou Québec.

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