Et si PSPP était en train de changer les règles du jeu ?

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SHERBROOKE — Paul St-Pierre Plamondon vient à peine d’être élu premier ministre qu’il est déjà critiqué pour des raisons, pourrions-nous dire, assez particulières. Sa décision d’instaurer une troisième semaine de vacances à ceux qui travaillent pour le même employeur depuis un an a provoqué des réactions mitigées chez les partisans de la croissance à tout prix. Tout comme sa décision de ne pas assister à une rencontre fédérale avec le gouvernement libéral et les Premières Nations. Faut-il y voir un nouveau premier ministre caractériel, « soupe au lait », ou, au contraire, quelqu’un qui change complètement les règles du jeu ?

PSPP : la cible de tout le monde

Il faut le dire tout de suite : PSPP est la cible de tous les partis et de toutes les organisations politiques que peut compter la société civile. Pourquoi ? Parce qu’il dérange le statu quo. Il souhaite instaurer une troisième semaine de vacances ? On va dire de lui qu’il manque de compréhension envers les patrons d’entreprises, que cela ne fera que diminuer la productivité des travailleurs québécois.

Il souhaite négocier directement avec les Premières Nations ? On dira de lui qu’il est « soupe au lait » et qu’il laisse la chaise vide. Charles Milliard dénonce l’absence de PSPP à la conférence fédérale, sans mentionner l’absence de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, qui y enverra des représentants du gouvernement.

Québec solidaire, qui lui a prêté de mauvaises intentions tout au long de la campagne, en plus de le traiter comme s’il était raciste, fait maintenant des yeux doux pour réclamer au Parti québécois une réforme du mode de scrutin. Les conservateurs et les libéraux, notamment par le biais d’Antoine Dionne-Charest, réclament que PSPP prenne lui-même en charge la région de Québec au Conseil des ministres.

Or, pourquoi PSPP devrait-il assumer cette charge ? Puisque la grande région de Québec a fait des choix politiques différents, ne devrait-elle pas les assumer plutôt que de réclamer le beurre et l’argent du beurre ? Mystère et boule de gomme.

Une confrontation à venir avec Mark Carney

Mark Carney ressort le fédéralisme centralisateur, qui était pourtant au cœur de son programme, malgré l’aveuglement volontaire de nombreux Québécois. Lors d’une rencontre prévue à Montréal entre le gouvernement fédéral et des représentants de l’Union européenne, Paul St-Pierre Plamondon n’a pas été invité.

Comme si, en fait, le Québec était non pas à la table — pour reprendre le célèbre discours de Mark Carney —, mais au menu.

Pourtant, il s’agit ici d’une différence majeure avec la rencontre des chefs autochtones. Le Québec peut parfaitement négocier directement, de nation à nation, avec les peuples autochtones qui habitent le territoire. Ici, pas besoin du fédéral pour interférer dans une conférence où les dés sont pipés d’avance. Et où le Québec ne fera qu’assister à un dîner de cons.

Cette rencontre avec l’UE, qui se déroule au Québec, aura potentiellement des effets à long terme sur notre économie et nos relations internationales. D’où l’importance pour le Québec d’y assister. Même s’il n’aura probablement jamais aucune influence dans un processus opaque, peu démocratique et peu transparent.

Le chef du Parti québécois sait ce qu’il fait. Rien n’est laissé au hasard : l’absence de la lieutenante-gouverneure lors de l’assermentation du nouveau gouvernement, le refus de faire acte de présence à une conférence où tout est déjà fixé à l’avance par le fédéral.

Nous pourrions avoir des surprises au cours des prochains mois. La troisième semaine de vacances est une bonne chose, malgré ce que peuvent en dire certains partisans bornés de la croissance à tout prix. Même si cette croissance doit se faire au détriment du bien-être des travailleurs et les mettre toujours sous pression.

Nous vivons une époque intéressante. Qu’est-ce que les prochains mois nous réserveront ? Rien n’est écrit. Mais PSPP a un plan.

Note éditoriale : ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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