SAINTE-BÉATRIX — Une jeune moufette recueillie au Centre refuge Nymous aurait été emportée par des agents de la faune, selon une publication de Québec Animaux. Le récit suscite des questions sur les moyens déployés lors de l’intervention et sur le sort de l’animal. Le refuge de Lanaudière fait déjà l’objet d’une ordonnance du ministère de l’Environnement visant à réduire les risques de transmission de la rage.
D’après Québec Animaux, Jacques Lessard et sa conjointe Rachel ont recueilli la moufette alors qu’elle n’avait pas encore ouvert les yeux. L’animal avait environ cinq mois au moment de l’intervention rapportée. Selon les responsables du refuge, cités dans la publication, il s’était tellement habitué aux humains qu’un retour dans la nature n’était plus envisageable.
La présence policière contestée
Québec Animaux affirme que six agents de la faune se sont présentés au refuge avec des policiers. L’autrice de la publication, qui dit connaître le couple depuis plusieurs années et avoir visionné une vidéo de l’intervention, juge ce déploiement disproportionné. Elle demande au gouvernement québécois d’examiner les méthodes employées et souhaite que la moufette soit rendue au refuge. Les informations publiques consultées ne permettent pas de confirmer le nombre d’agents présents, le motif précis de l’intervention ni ce qu’il est advenu de l’animal.
Une ordonnance en vigueur depuis octobre
Le 7 octobre, le ministère a annoncé avoir ordonné au refuge de cesser d’accueillir de nouveaux ratons laveurs, moufettes rayées et canidés sauvages. Il a aussi exigé que le centre empêche les contacts physiques entre ces animaux et les visiteurs ou les bénévoles, et qu’il fasse vacciner contre la rage les animaux qui ne l’étaient pas adéquatement. Le ministère a indiqué avoir relevé des lacunes dans les mesures sanitaires lors d’une visite et a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale. Son communiqué ne fait état d’aucune décision visant la jeune moufette en particulier.
Dans un communiqué daté du 15 octobre, le refuge a affirmé avoir apporté plusieurs des correctifs demandés et avoir déposé une demande de révision de l’ordonnance. Il a aussi indiqué que d’autres changements étaient en cours, tout en contestant certaines exigences ajoutées après les premières demandes. Le centre a demandé que les animaux déjà sous sa garde puissent bénéficier de conditions stables pendant l’examen de son dossier.
Que prévoit Québec quand un animal ne peut être relâché?
Les règles québécoises de réhabilitation exigent que les centres prennent des mesures raisonnables pour éviter qu’un animal sauvage s’apprivoise. Un animal doit être relâché dès qu’il peut survivre seul. Si sa réhabilitation est jugée impossible, les règles prévoient l’euthanasie ou la remise de l’animal à une personne désignée par un agent de la faune ou un responsable du gouvernement. Dans le cas de la moufette de Sainte-Béatrix, l’évaluation de son aptitude à retourner dans la nature et la décision prise à son sujet restent à confirmer.
Sources :
- Québec Animaux — Publication sur l’intervention rapportée au refuge Nymous
- Ministère de l’Environnement — Communiqué du 7 octobre sur l’ordonnance visant le refuge.
- Centre refuge Nymous — Communiqué du 15 octobre sur la demande de révision.
- Gouvernement du Québec — Règles de réhabilitation des animaux sauvages.

