Radon : 20 municipalités québécoises se mobilisent

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MONTRÉAL — Il ne dégage aucune odeur, ne se voit pas et peut s’accumuler dans une habitation pendant des années sans que ses occupants soupçonnent sa présence. Le radon, deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme, est au cœur d’une campagne provinciale lancée le 2 novembre par l’Association pulmonaire du Québec (APQ), en collaboration avec Santé Canada. Vingt municipalités participent déjà à cette mobilisation qui encourage les Québécois à mesurer la concentration de ce gaz dans leur maison.

Selon le communiqué de l’organisme, la campagne « Villes et municipalités contre le radon » se poursuivra jusqu’au 31 mars 2027. Les municipalités participantes relaieront des informations sur les risques, les moyens de dépistage et les correctifs possibles. D’autres pourront se joindre au réseau tout au long de la saison.

Un gaz naturel qui peut s’accumuler à l’intérieur

Le radon est un gaz radioactif provenant de la désintégration de l’uranium naturellement présent dans le sol et la roche. Lorsqu’il est libéré à l’extérieur, il se dilue dans l’atmosphère et devient peu préoccupant. La situation change lorsqu’il pénètre dans un bâtiment et s’accumule dans les espaces fermés.

Les fissures des fondations, les joints de construction, les puisards et les ouvertures autour des conduites constituent autant de voies d’infiltration. Les concentrations sont généralement plus élevées dans les sous-sols et les vides sanitaires, mais elles peuvent aussi être importantes dans d’autres parties d’une habitation. Dans certaines propriétés alimentées par un puits privé, l’eau peut également contribuer à la présence de radon dans l’air intérieur.

Une maison n’a donc pas besoin de présenter des dommages évidents pour être concernée. Santé Canada recommande de mesurer la concentration de radon dans toutes les habitations, peu importe leur emplacement ou leur type de construction. La présence d’un système de réduction du radon ne dispense pas non plus de vérifier les concentrations.

Plus de 1 000 décès par année au Québec

Selon le gouvernement du Québec, plus de 1 000 décès annuels dans la province sont associés au radon. Au Canada, environ 16 % des décès par cancer du poumon seraient liés à ce gaz. Celui-ci constitue également la première cause de cancer du poumon chez les personnes qui ne fument pas.

Le danger vient de l’inhalation du radon et de ses produits de désintégration radioactifs, qui peuvent endommager les cellules pulmonaires. Le risque augmente avec la concentration du gaz et la durée de l’exposition. Le tabagisme accentue davantage ce risque, ce qui rend la prévention particulièrement importante pour les personnes qui fument.

Le radon représente ainsi un problème d’exposition à long terme. Une personne peut respirer un air contenant une concentration élevée sans percevoir de signe particulier dans son environnement. L’absence d’odeur ou d’inconfort ne permet donc pas de savoir si une habitation est touchée.

L’hiver, une période propice pour mesurer

Le lancement de la campagne coïncide avec une période favorable au dépistage. Pendant la saison de chauffage, les portes et les fenêtres demeurent généralement fermées, ce qui réduit la ventilation naturelle. Les différences de pression entre le bâtiment et le sol peuvent aussi favoriser l’entrée du radon.

Pour obtenir un résultat représentatif, Santé Canada recommande de mesurer les concentrations sur une période de trois à douze mois. Le test devrait comprendre au moins 91 jours pendant la saison de chauffage. Une mesure effectuée principalement durant les mois plus chauds pourrait sous-estimer la moyenne annuelle et nécessiter un nouveau test.

Les concentrations varient au fil des heures, des journées et des saisons. Une lecture ponctuelle, même rassurante, ne permet donc pas de conclure qu’une maison présente un faible niveau de radon à longueur d’année. À l’inverse, une pointe relevée pendant quelques heures doit être interprétée dans le contexte de la moyenne à long terme.

Un appareil adapté plutôt qu’une impression

Les citoyens peuvent utiliser un dosimètre passif, qui sera envoyé au laboratoire après la période de mesure, ou un moniteur électronique permettant de suivre les concentrations. Dans les deux cas, il faut respecter les instructions concernant l’emplacement de l’appareil et la durée du test. L’APQ propose notamment des trousses de dépistage et des renseignements pour accompagner les ménages.

La mesure dans chaque habitation demeure essentielle, même lorsque des données existent pour le quartier ou la municipalité. Une carte régionale peut aider à sensibiliser la population, mais elle ne fournit pas le résultat propre à une maison. Seul un test permet de déterminer si des correctifs sont nécessaires dans le bâtiment où l’on vit.

Quand faut-il intervenir?

La directive canadienne établit à 200 becquerels par mètre cube la concentration au-delà de laquelle des mesures correctives sont recommandées. Cette unité, abrégée en Bq/m³, exprime l’activité radioactive présente dans un volume d’air. La valeur doit être comparée à une moyenne obtenue sur une période suffisamment longue, plutôt qu’à une lecture de quelques heures.

Lorsque le résultat dépasse 200 Bq/m³, Santé Canada recommande de réduire la concentration dans un délai d’un an. Plus le niveau est élevé, plus l’intervention devrait être rapide. L’objectif consiste à ramener l’exposition au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre, puisqu’aucune concentration n’est considérée comme totalement sans risque.

Des solutions pour corriger le problème

La découverte d’une concentration élevée ne signifie pas qu’une maison est impossible à rendre plus saine. Une des méthodes les plus efficaces consiste à installer un système de dépressurisation active du sol. Un tuyau et un ventilateur permettent alors de capter les gaz sous les fondations et de les rejeter à l’extérieur avant qu’ils s’infiltrent dans les espaces habités.

Selon une fiche de Santé Canada publiée en septembre 2026, cette méthode peut réduire les concentrations de radon de 90 % ou plus. Le système est adapté à la configuration du bâtiment, notamment à la présence d’une dalle, d’un vide sanitaire ou d’un puisard. Santé Canada recommande de recourir à un professionnel certifié par le Programme national de compétence sur le radon au Canada.

Le scellement des principales voies d’entrée et l’amélioration de la ventilation peuvent aussi contribuer à la réduction du radon. Leur efficacité demeure toutefois variable selon les caractéristiques de la propriété et les concentrations mesurées. Il faut ensuite vérifier les résultats des travaux par une nouvelle mesure.

Une mobilisation dans plusieurs régions

Sept municipalités sont engagées comme ambassadrices : Cap-Saint-Ignace, Notre-Dame-des-Neiges, Sainte-Christine-d’Auvergne, Nominingue, Beaumont, Candiac et Saint-Joseph-du-Lac. Treize autres participent à la campagne : Saint-Denis-sur-Richelieu, Sainte-Lucie-de-Beauregard, Laurierville, Saint-Georges-de-Windsor, Sainte-Marie-Madeleine, Percé, Elgin, Papineauville, Ogden, Saint-Gervais, Maskinongé, La Pocatière et Pontiac. Cette liste pourra s’allonger au cours des prochains mois.

L’APQ fournit aux municipalités des visuels, des outils d’information et un calendrier de publications à relayer auprès des citoyens. Des portraits mettront également en lumière les actions de municipalités ambassadrices. Le guide En action contre le radon présente par ailleurs des initiatives réalisées notamment à Vaudreuil-Dorion, à Prévost, à Beloeil et à Danville pour inspirer d’autres communautés.

Sources :

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