SHERBROOKE — Devenir propriétaire avec un budget inférieur à 200 000 $ est-il encore possible en Estrie ? Si l’on se fie aux prix de l’immobilier, il y a de quoi en douter. Pourtant, en fouillant les annonces, nous avons repéré neuf propriétés offertes entre 119 900 $ et 199 900 $, allant de la petite maison traditionnelle au chalet isolé dans les bois. Certaines représentent des possibilités intéressantes, tandis que d’autres exigent quelques sacrifices, notamment en matière de confort, d’espace ou de conditions d’occupation.
Il faut dire que le marché immobilier demeure difficilement accessible pour bien des ménages. Selon les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des maisons unifamiliales vendues dans la région métropolitaine de Sherbrooke a atteint 490 750 $ au troisième trimestre de 2026, une augmentation de 7 % en un an. Les propriétés les moins chères se trouvent généralement dans les municipalités plus éloignées, ou présentent des caractéristiques qui expliquent leur prix inférieur. Voici neuf annonces que nous avons retenues dans différentes municipalités de l’Estrie, sans prétendre dresser un inventaire exhaustif de toutes les habitations actuellement disponibles.

119 900 $ à Dudswell : un chalet quatre saisons hors réseau
Au 226, chemin Poulin, à Dudswell, un chalet construit en 2008 est proposé à 119 900 $. Il comprend une chambre, une salle de bain et se trouve sur un terrain boisé de 42 063 pieds carrés, soit près d’un acre. La propriété est décrite comme un chalet quatre saisons entièrement hors réseau, destiné aux personnes qui recherchent la tranquillité et souhaitent s’éloigner du rythme de la ville. Un poêle au gaz fait notamment partie des installations mentionnées dans l’annonce.
Cette formule peut plaire aux amateurs de nature qui rêvent d’un refuge accessible à longueur d’année. Toutefois, être hors réseau implique de vérifier soigneusement les installations de chauffage, l’approvisionnement en eau, le traitement des eaux usées et les équipements nécessaires au fonctionnement quotidien. L’accès au chemin pendant l’hiver et les possibilités de financement devront également être confirmés. Un terrain voisin pourrait aussi être acquis séparément, selon les renseignements fournis par le vendeur.

139 000 $ à Richmond : petite maison, grand terrain
À Richmond, le 856, rue Principale Nord est affiché à 139 000 $. Cette petite maison de plain-pied, construite en 1964, ne possède qu’une chambre, une salle de bain et une superficie habitable de 349 pieds carrés. Elle se trouve néanmoins sur un terrain de 11 235 pieds carrés, avec un garage, une cour clôturée et une piscine hors terre. Située à proximité du centre-ville et de l’autoroute 55, elle offre un emplacement intéressant pour les personnes qui n’ont pas besoin de beaucoup d’espace intérieur.
Il faut évidemment aimer les petites habitations, puisque 349 pieds carrés représentent une superficie inférieure à celle de nombreux appartements. La fiche immobilière précise également que la date d’occupation dépend des baux, une information qui devra être clarifiée auprès du courtier. L’acheteur intéressé devrait donc s’informer sur les conditions d’occupation et sur l’état général du bâtiment avant de déposer une promesse d’achat. Avec un grand terrain et une petite maison, cette propriété présente un rapport entre espace extérieur et intérieur plutôt inhabituel.

150 000 $ à Notre-Dame-des-Bois : un chalet à rénover
Au 84, chemin Jacques, à Notre-Dame-des-Bois, un chalet construit en 2002 est offert à 150 000 $. Cette propriété comprend une chambre, une salle de bain et un terrain de 41 010 pieds carrés, dans le secteur du Domaine des Appalaches. L’annonce indique que des rénovations sont nécessaires, mais l’emplacement boisé et la présence d’un poêle à bois pourraient intéresser les amateurs de villégiature. La propriété bénéficie également d’un terrain suffisamment vaste pour préserver une certaine intimité.
Les dépenses ne se limitent cependant pas au prix d’achat et au coût des rénovations. La fiche mentionne notamment une cotisation annuelle de 246 $ au Domaine des Appalaches, selon les données de 2025, dont les modalités actuelles devraient être vérifiées. Il faudra également confirmer si le chalet peut légalement être occupé durant les douze mois de l’année et si ses installations le permettent. Pour un acheteur prêt à entreprendre des travaux, cette propriété mérite une visite, mais certainement pas sans avoir préparé son budget.

157 000 $ à Saint-Ludger : un chalet quatre saisons près de la rivière
Au 11, rue Roger-Bégin, à Saint-Ludger, un chalet quatre saisons construit en 1970 est offert à 157 000 $. Il comprend deux chambres, une salle de bain et un terrain de 34 583 pieds carrés, en bordure de la rivière Samson. Le bâtiment possède notamment un système de chauffage combinant le bois et l’électricité, tandis que plusieurs remises offrent des espaces de rangement supplémentaires. Une cuisine extérieure figure également parmi les aménagements de la propriété.
La présence de la rivière ajoute au charme de l’emplacement, mais elle nécessite certaines vérifications avant l’achat, notamment concernant les risques d’inondation et les restrictions applicables aux terrains riverains. L’annonce mentionne également des frais de 480 $ associés à un club de chasse et pêche, dont le caractère obligatoire et les conditions doivent être clarifiés. Les taxes municipales et scolaires totalisent environ 975 $ pour les périodes indiquées dans la fiche. Pour une résidence secondaire ou un projet de vie à la campagne, il s’agit d’une option qui combine un bâtiment utilisable en hiver et un vaste terrain.

179 900 $ à Notre-Dame-des-Bois : un chalet quatre saisons de 530 pieds carrés
Au 56, chemin Gisèle, à Notre-Dame-des-Bois, un chalet quatre saisons construit en 2006 est affiché à 179 900 $. La propriété comprend une chambre, une salle de bain et une superficie habitable de 530 pieds carrés, sur un terrain boisé de 33 000 pieds carrés. Situé dans la région du mont Mégantic, ce petit bâtiment est présenté comme étant prêt à être utilisé, avec notamment un poêle à bois. Il s’adresse principalement aux personnes qui recherchent un mode de vie simple ou un refuge à la campagne.
L’espace intérieur reste limité, mais le vaste terrain constitue certainement l’un des principaux attraits de la propriété. La fiche indique des frais annuels de 354 $ pour les espaces verts, auxquels s’ajoutent les taxes et les dépenses énergétiques. Même si le bâtiment est annoncé comme étant utilisable durant les quatre saisons, les acheteurs devront vérifier les conditions d’accès, les installations sanitaires et les droits associés au terrain. À près de 180 000 $, le prix reflète donc autant l’environnement et l’emplacement que la superficie de l’habitation elle-même.

190 000 $ à Saint-Ludger : cinq chambres au bord de la Chaudière
Au 112, rue du Pont, à Saint-Ludger, une maison construite en 1907 est offerte à 190 000 $. Elle comprend cinq chambres, une salle de bain et une salle d’eau, en plus d’un terrain de 10 289 pieds carrés situé en bordure de la rivière Chaudière. Il s’agit d’une propriété qui se distingue par sa capacité d’accueil et son emplacement riverain. Pour une famille nombreuse, trouver cinq chambres à ce prix devient relativement rare dans plusieurs secteurs de l’Estrie.
Toutefois, l’âge du bâtiment demande une vigilance particulière, notamment concernant les fondations, la toiture, la plomberie et les installations électriques. La proximité de la rivière nécessite également de vérifier la cartographie des zones inondables et les possibilités d’assurance. Les taxes municipales et scolaires indiquées atteignent environ 2 928 $ pour les périodes mentionnées dans l’annonce. Le prix d’achat demeure abordable comparativement au marché régional, mais d’éventuels travaux pourraient faire augmenter considérablement la facture.

199 000 $ à Saint-Ludger : près de neuf acres en pleine nature
Au 100, 1er Rang, à Saint-Ludger, un chalet rustique construit en 1955 est offert à 199 000 $. Le bâtiment ne comprend qu’une chambre, mais il se trouve sur un terrain de 387 500 pieds carrés, soit près de neuf acres, principalement composé d’érables. La propriété est présentée comme un refuge destiné aux amateurs de nature, de chasse ou de séjours à la campagne. Un poêle à bois complète les installations mentionnées dans la fiche.
Ici, ce n’est manifestement pas la superficie de l’habitation qui justifie le prix demandé, mais plutôt l’étendue du terrain. La fiche sommaire ne précise pas la présence d’une salle de bain, un élément que tout acheteur devra impérativement faire confirmer avec les installations d’eau potable et d’assainissement. Il faudra également vérifier l’accès hivernal et la possibilité d’habiter légalement le chalet à l’année. Pour quelqu’un qui rêve d’un grand terrain boisé, cette propriété présente un potentiel différent de celui d’une maison familiale conventionnelle.

199 900 $ à Danville : une maison au bord d’un étang
Au 200, rue Water, à Danville, une maison construite en 1946 est annoncée à 199 900 $. Elle comprend deux chambres, une salle de bain et un terrain de 8 127 pieds carrés en bordure d’un étang. La propriété possède également deux patios, un garage et une remise, en plus de planchers de bois et d’un espace pouvant servir de bureau. Elle offre donc plusieurs caractéristiques intéressantes pour un couple ou une petite famille à la recherche d’une résidence permanente.
La proximité de l’eau est un atout visuel, mais elle justifie une vérification de l’état du terrain, du drainage et des éventuelles restrictions municipales. Les taxes municipales et scolaires annoncées totalisent environ 2 136 $ pour les périodes mentionnées dans la fiche. Le bâtiment ayant été construit il y a environ quatre-vingts ans, une inspection détaillée demeure recommandée. À ce prix, l’acheteur obtient une maison traditionnelle avec plusieurs aménagements extérieurs, plutôt qu’un simple chalet de villégiature.

199 900 $ à Notre-Dame-des-Bois : une maison de 1890 avec quatre chambres
Enfin, au 19, rue Principale Est, à Notre-Dame-des-Bois, une maison datant de 1890 est affichée à 199 900 $. Située au centre du village, elle comprend quatre chambres, une salle de bain et un terrain de 4 499 pieds carrés. Contrairement aux propriétés isolées dans les bois, celle-ci permet de vivre à proximité immédiate du noyau villageois. Son principal avantage demeure sa capacité d’accueil pour un prix inférieur à 200 000 $.
Avec un bâtiment âgé de plus de 130 ans, une inspection approfondie demeure toutefois indispensable. Les acheteurs devront porter une attention particulière à l’état des fondations, aux composantes d’origine et aux travaux de modernisation qui pourraient s’avérer nécessaires. Les taxes municipales et scolaires annoncées totalisent environ 1 271 $, tandis que les dépenses d’électricité indiquées atteignent 2 540 $ par année. Cette maison illustre bien les possibilités encore offertes dans certaines municipalités rurales, où l’on peut trouver plusieurs chambres à un prix inférieur à celui d’un petit logement en copropriété dans les grands centres.
Maisons abordables : les compromis ne sont pas toujours évidents
Cette sélection montre qu’il demeure possible de trouver des propriétés offertes à moins de 200 000 $ en Estrie, même si elles sont relativement rares dans les secteurs les plus recherchés. Les annonces regroupent toutefois des réalités très différentes, entre les maisons traditionnelles, les chalets quatre saisons et les habitations nécessitant des travaux. Une propriété affichée à 120 000 $ peut nécessiter d’importants investissements dans ses installations, tandis qu’une maison à 190 000 $ peut offrir davantage d’espace et de commodités. Le prix demandé ne constitue donc qu’une partie de l’équation.
Les acheteurs doivent notamment considérer les taxes municipales et scolaires, l’assurance habitation, le financement, les frais de notaire et les éventuels travaux. Dans le cas des chalets, il faut aussi vérifier le droit d’occupation à l’année, la présence d’eau potable, les installations septiques ainsi que les conditions d’accès en hiver. Une propriété présentée comme quatre saisons n’est pas automatiquement autorisée pour une occupation résidentielle permanente. Enfin, les déclarations du vendeur, les exclusions de garantie légale de qualité et le rapport d’inspection peuvent modifier considérablement l’évaluation d’une propriété.
Quand 200 000 $ ne suffisent plus à acheter la tranquillité
Il fut un temps où un budget de 200 000 $ permettait d’envisager l’achat d’une maison familiale assez confortable dans de nombreuses municipalités québécoises. Aujourd’hui, le même montant peut servir à acquérir un petit chalet dans les bois, une maison centenaire ou une habitation nécessitant des rénovations importantes. Bien sûr, il existe encore des occasions intéressantes, particulièrement lorsqu’on accepte de vivre plus loin des grands centres. Mais il faut souvent faire des concessions qui auraient semblé étonnantes il y a une quinzaine d’années.
À Dudswell, un budget d’environ 120 000 $ permet d’acquérir un chalet hors réseau, tandis qu’à Richmond, 139 000 $ donnent accès à une maison de seulement 349 pieds carrés. À Saint-Ludger, il est encore possible de trouver une résidence de cinq chambres sous les 200 000 $, mais dans un bâtiment construit il y a plus d’un siècle. Le rêve d’accéder à la propriété n’a donc pas complètement disparu de l’Estrie. Il faut simplement accepter qu’en 2026, l’expression « maison abordable » soit devenue assez élastique.
Les prix et les renseignements présentés proviennent des annonces consultées le 22 octobre 2026. Ils peuvent être modifiés, et les propriétés peuvent être vendues ou retirées du marché sans préavis.
Sources :
- APCIQ — Statistiques du marché immobilier résidentiel, troisième trimestre de 2026
- Centris — 226, chemin Poulin, Dudswell, 119 900 $
- Centris — 856, rue Principale Nord, Richmond, 139 000 $
- Centris — 84, chemin Jacques, Notre-Dame-des-Bois, 150 000 $
- Centris — 11, rue Roger-Bégin, Saint-Ludger, 157 000 $
- Centris — 56, chemin Gisèle, Notre-Dame-des-Bois, 179 900 $
- Centris — 112, rue du Pont, Saint-Ludger, 190 000 $
- Centris — 100, 1er Rang, Saint-Ludger, 199 000 $
- Centris — 200, rue Water, Danville, 199 900 $
- Centris — 19, rue Principale Est, Notre-Dame-des-Bois, 199 900 $
- OACIQ — L’inspection préachat

