Quand les émeutes en France s’invitent au Québec

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SHERBROOKE — Cette fin de semaine, la France a été touchée par des manifestations d’une ampleur inédite. Selon les organisateurs, plus de 800 000 personnes auraient participé, dans tout le pays, à des centaines de rassemblements. Si la plupart sont demeurés pacifiques, certains ont néanmoins tourné à la catastrophe. Pensons seulement à l’hôtel de ville de Limoges, qui fut complètement incendié. À l’office du tourisme de Lyon. Mais encore plus surprenant : des vidéos et des photos ont été transmises directement à l’équipe du Journal. Preuve que le monde devient de plus en plus petit.

Quand les émeutes en France s’invitent au Québec
IMAGE ROMAIN P. / JOURNAL DE SHERBROOKE

Une journée d’émeutes sans précédent

Même dans l’histoire récente de la France, une telle journée n’a jamais été vue. Des bâtiments gouvernementaux incendiés, des centaines de blessés, dont des gens ayant perdu une main ou un œil, des policiers atteints par des projectiles. Limoges a vu son hôtel de ville incendié. Sont parties en fumée une partie des archives de la ville, des documents administratifs et une histoire datant de plus de 140 ans. Un bâtiment ayant pourtant survécu à deux guerres mondiales.

Mais le précédent, c’est définitivement le ras-le-bol collectif que l’on sent chez nos correspondants en France. Un sentiment de défiance à l’égard des casseurs, de ceux qui vandalisent. Romain a filmé les destructions dans son quartier. Les commerces pillés, les déchets partout sur le sol, les graffitis et les forces de l’ordre qui poursuivent des bandes visiblement organisées.

Notre correspondant parisien a montré des images du saccage, en affirmant que la police ne lui voudra aucun mal, puisqu’il n’est pas un casseur. On est surpris de ces images où les passants filment les policiers sans être inquiétés. Ou bien ce restaurant asiatique plein de gens. Comme quoi, à Paris, la vie continue malgré les tensions sociales, la crise économique et des manifestations qui dégénèrent.

Quand les émeutes en France s’invitent au Québec
IMAGE ROMAIN P. / JOURNAL DE SHERBROOKE

Un monde de plus en plus petit

Il y a seulement une vingtaine d’années, il fallait envoyer des cassettes aux médias d’information pour avoir des images d’un événement se déroulant à l’étranger. Avec l’arrivée de YouTube et des réseaux sociaux modernes, le monde a diminué en taille. Soudainement, les gens de partout dans le monde ont pu partager de l’information, des images, sur les enjeux qui les touchent au quotidien.

En 2026, on peut ainsi se filmer, faire un « livestream » de n’importe quel endroit dans le monde. Qu’il s’agisse de son sous-sol ou d’une zone de guerre en Ukraine ou au Moyen-Orient, il y aura toujours des gens pour filmer, en direct, leur quotidien. C’est la même chose à chaque fois qu’un événement d’importance se déroule n’importe où dans le monde.

Il y a quelque chose de fascinant là-dedans. Le monde, que l’on a parfois peu l’occasion de visiter, s’invite chez nous par les écrans en temps réel. La distance est maintenant un concept caduc. Dans un monde où tout va tellement vite.

Et le Québec dans tout ça ?

Au Québec, nous observons ces événements avec une certaine inquiétude. Car trop souvent, les mêmes causes créent les mêmes conséquences. L’intégration des nouveaux arrivants pose de plus en plus de défis. Les services publics sont à bout, les écoles sont incapables d’offrir ce dont tous les élèves ont besoin.

La crise du logement se prolonge malgré la baisse de la demande. Même s’il y a moins de pression que par le passé sur le parc locatif, les prix, eux, ne baissent pas vraiment. Le Québec risque-t-il de vivre des situations similaires à celles de la France ? Car si nous avons des similitudes, il y a aussi des différences.

Au Québec, les émeutes seraient localisées dans quelques villes moyennes et à Montréal. Tandis qu’en France, c’est l’ensemble du pays qui est touché. Et ici, malgré ce qu’on en dit, l’économie va mieux qu’en Europe. Mais ce qui se passe en France devrait aussi nous interroger sur la société que nous aimerions léguer aux générations futures

Note éditoriale : Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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