SAINT-SAUVEUR — Dans un contexte de hausse marquée des maladies chroniques liées à l’environnement, une conférence internationale mettra en lumière, début mai, les effets de l’exposition aux produits chimiques présents dans les milieux de vie et les enjeux croissants associés à la sensibilité chimique multiple (SCM).
Les 7 et 8 mai 2026, les associations Association pour la santé environnementale du Canada et Association pour la santé environnementale du Québec tiendront RESILIENCE 2026, un événement virtuel gratuit réunissant chercheurs, cliniciens, décideurs publics et représentants de la société civile.
Une condition en progression
La sensibilité chimique multiple est une affection caractérisée par une intolérance à divers agents chimiques présents dans l’environnement quotidien, notamment les parfums, les produits d’entretien, les solvants ou certains matériaux.
Selon les données citées par les organisateurs, plus de 1,13 million de Canadiens vivent avec cette condition, dont la prévalence aurait plus que doublé depuis le début des années 2000.
Cette réalité, longtemps marginalisée, attire désormais une attention accrue des milieux scientifiques et institutionnels.
Des impacts concrets sur la vie quotidienne
Au-delà des manifestations physiques, la SCM peut avoir des conséquences importantes sur l’accès aux services essentiels. Les personnes concernées peuvent faire face à des obstacles dans les établissements de santé, sur le marché du travail ou dans leur environnement résidentiel.
« Des personnes se voient privées d’accès aux services essentiels et aux espaces publics en raison d’expositions environnementales qui pourraient être évitées », a indiqué Rohini Peris, présidente et cheffe de la direction des associations organisatrices, dans un communiqué.
Un enjeu qui dépasse la qualité de l’air
Si la qualité de l’air intérieur constitue un volet important, les organisateurs insistent sur le fait que l’enjeu englobe l’ensemble des expositions chimiques dans les environnements quotidiens.
Produits ménagers, cosmétiques, matériaux de construction, fragrances : autant de sources potentielles d’exposition qui demeurent, dans plusieurs cas, peu encadrées.
Une reconnaissance internationale en évolution
Parmi les développements récents, l’Association médicale américaine a reconnu la sensibilité aux fragrances comme une condition susceptible d’altérer le fonctionnement quotidien.
Cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique internationale visant à mieux encadrer les expositions environnementales et à favoriser des environnements à faibles émissions, notamment dans les espaces publics et les milieux de travail.
Des discussions multidisciplinaires
Les travaux de RESILIENCE 2026 porteront sur plusieurs axes :
- les mécanismes scientifiques de la sensibilité chimique multiple ;
- les impacts des expositions environnementales sur la santé ;
- les obstacles en matière d’accessibilité ;
- les réponses politiques et réglementaires ;
- les implications en matière de droits de la personne.
L’événement, entièrement en ligne, proposera une accessibilité élargie avec interprétation bilingue et dispositifs adaptés.
Une problématique appelée à prendre de l’ampleur
Alors que des millions de personnes dans le monde seraient affectées par des expositions aux produits chimiques, plusieurs experts estiment que la santé environnementale deviendra un enjeu central des politiques publiques dans les années à venir.
Dans ce contexte, la question ne se limite plus à la qualité de l’air : elle touche désormais l’ensemble des environnements dans lesquels évoluent les individus, et soulève des enjeux à la fois sanitaires, sociaux et réglementaires.

Source : https://aseq-ehaq.ca/sensibilites-chimiques-multiples/

