L’Université de Sherbrooke a récemment souligné le parcours exceptionnel d’une figure qui a profondément marqué l’histoire de sa Faculté de génie. Après plusieurs décennies d’engagement, d’enseignement et d’innovation, Michèle Heitz s’est vu accorder un honneur réservé à des carrières d’exception : celui de professeure émérite.
Derrière ce titre se cache bien plus qu’une reconnaissance symbolique. Il consacre une trajectoire faite de persévérance, de vision et d’influence durable sur des générations d’ingénieurs et d’ingénieures formés à Sherbrooke.
Une première qui a ouvert la voie
Arrivée à Sherbrooke au milieu des années 1980, Michèle Heitz a rapidement brisé un plafond de verre important : elle est devenue la première femme professeure à la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke. À une époque où la présence féminine en génie demeurait marginale, cette nomination a envoyé un signal fort, autant à l’interne qu’à l’échelle du Québec.
Son rôle ne s’est toutefois jamais limité à l’enseignement. Elle a contribué à façonner une culture académique axée sur la rigueur scientifique, l’ouverture interdisciplinaire et le mentorat, particulièrement auprès des étudiantes appelées à tracer leur propre chemin dans un milieu encore largement masculin.
Une influence structurante sur la formation et la recherche
Tout au long de sa carrière, Michèle Heitz a joué un rôle clé dans l’évolution des programmes et des approches pédagogiques. Elle a notamment contribué à rapprocher le génie chimique d’autres disciplines, participant à l’émergence et à la consolidation du génie biotechnologique à Sherbrooke.
Sur le plan scientifique, ses travaux se sont inscrits dans des enjeux bien avant-gardistes : procédés biologiques, valorisation de la biomasse, réduction des impacts environnementaux et solutions innovantes liées au traitement des émissions. Des thèmes qui résonnent aujourd’hui plus que jamais avec les défis climatiques et industriels contemporains.
Un legs humain autant que scientifique
Au-delà des publications et des projets, ceux qui ont croisé sa route évoquent une professeure profondément investie dans l’accompagnement de ses étudiants et étudiantes. Encadrement, écoute, exigence intellectuelle et bienveillance faisaient partie de sa signature.
Son influence se mesure aujourd’hui dans les parcours professionnels de nombreuses personnes formées à Sherbrooke, œuvrant au Québec et à l’international dans les domaines du génie, de l’environnement et de la biotechnologie.
Une reconnaissance méritée
Le titre de professeure émérite vient ainsi consacrer une contribution qui dépasse largement les murs de l’université. Il rappelle qu’à Sherbrooke, certaines carrières laissent une empreinte durable, non seulement par la science, mais par l’impact humain et institutionnel qu’elles génèrent.
À travers cet hommage, c’est aussi tout un pan de l’histoire du génie à Sherbrooke qui est mis en lumière — une histoire faite de premières fois, de transmission et d’audace.
SOURCE : Université de Sherbrooke

