Chasse au cerf : une fin de semaine pour former la relève

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QUÉBEC — Les Québécois qui souhaitent découvrir la chasse au cerf de Virginie auront une occasion particulière de s’initier à cette activité les 31 octobre et 1er novembre prochains. Pour une septième année, le gouvernement du Québec organise une fin de semaine spécialement consacrée à la relève, afin de permettre aux nouveaux chasseurs d’acquérir de l’expérience auprès de personnes expérimentées. L’initiative s’adresse autant aux adolescents qu’aux adultes qui désirent faire leurs premiers pas dans le monde de la chasse.

L’événement, organisé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, vise notamment à assurer la transmission des connaissances entre les générations. Au-delà de la récolte du gibier, les participants pourront apprendre les techniques de chasse, les règles de sécurité et les bonnes pratiques entourant la gestion de la faune. Pour plusieurs, il s’agira également d’une occasion de découvrir une activité profondément enracinée dans les traditions de nombreuses régions québécoises.

Une activité qui attire de plus en plus d’adeptes

Depuis sa création, la fin de semaine de la relève connaît une popularité croissante. En 2025, plus de 6 000 personnes auraient participé à cette activité à travers le Québec, selon les estimations du ministère. Les chasseurs de la relève ont alors récolté 904 cerfs de Virginie, un résultat qui témoigne de l’ampleur prise par l’événement.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large d’encourager le renouvellement de la clientèle de chasseurs. Le ministère souhaite notamment faciliter l’accès à cette activité pour les personnes qui n’ont pas grandi dans une famille pratiquant la chasse. Le programme est ainsi ouvert aux femmes comme aux hommes, aux adolescents comme aux adultes, pourvu qu’ils satisfassent aux critères établis.

Qui peut participer à cette fin de semaine ?

Trois catégories de personnes peuvent prendre part à cette activité, à condition de résider au Québec. La première concerne les jeunes âgés de 12 à 17 ans qui possèdent un certificat du chasseur valide et adapté à l’arme utilisée. La deuxième s’adresse aux personnes qui disposent d’un numéro d’autorisation pour l’initiation à la chasse, un mécanisme permettant aux débutants admissibles de se procurer un permis sans avoir préalablement obtenu le certificat habituellement exigé.

La troisième catégorie comprend les nouveaux chasseurs adultes qui ont obtenu leur premier certificat du chasseur au cours de l’année 2025. Il faut cependant distinguer les personnes nouvellement certifiées de celles qui auraient simplement ajouté une qualification à un certificat déjà existant. Ces dernières ne sont pas nécessairement admissibles à la fin de semaine de la relève.

Les personnes qui n’ont jamais demandé de numéro d’autorisation pour l’initiation à la chasse peuvent encore entreprendre cette démarche. Elles doivent avoir au moins 12 ans au 31 octobre 2026 et communiquer avec le ministère au 1 866 424-2773, au plus tard le samedi 31 octobre à 16 h 30. Ce numéro d’autorisation ne peut être demandé qu’une seule fois au cours d’une vie.

Aucune inscription particulière n’est nécessaire pour participer à l’événement, une exigence qui a été abandonnée en 2022. Les personnes admissibles doivent toutefois détenir un permis valide pour le cerf de Virginie, correspondant à la zone où elles souhaitent chasser. Sous certaines conditions, les jeunes et les étudiants admissibles peuvent également utiliser le permis d’un adulte.

Des règles précises pour les accompagnateurs

La présence d’un chasseur expérimenté constitue l’un des éléments centraux de cette initiative, mais les exigences varient selon l’âge et l’expérience du participant. Les jeunes de 12 à 15 ans qui utilisent un arc ou une arbalète doivent être accompagnés d’une personne âgée d’au moins 18 ans. Cette obligation s’applique également aux jeunes de 12 à 17 ans qui chassent avec une arme à feu.

Les règles sont plus strictes pour les personnes qui participent grâce à un numéro d’autorisation pour l’initiation à la chasse. Leur accompagnateur doit avoir au moins 25 ans, résider au Québec et posséder un certificat du chasseur valide pour l’arme utilisée. Il ne peut alors encadrer qu’une seule personne de la relève à la fois.

Une autre particularité mérite d’être soulignée : pendant cette fin de semaine, les accompagnateurs ne peuvent ni utiliser une arme ni en avoir une en leur possession. Leur rôle consiste essentiellement à guider, conseiller et superviser les nouveaux chasseurs. Les adultes ayant obtenu leur premier certificat en 2025 ne sont toutefois pas obligés d’être accompagnés, bien que le ministère leur recommande de profiter de l’expérience d’un mentor.

Des possibilités de chasse en Estrie et en Haute-Yamaska

Les chasseurs de l’Estrie et de la Haute-Yamaska pourront également profiter de cette fin de semaine, notamment dans les zones de chasse 4, 5 et 6, selon leur emplacement. Ces territoires figurent parmi ceux où la chasse au cerf de Virginie occupe une place importante. Les participants devront toutefois vérifier soigneusement les limites des zones, puisque les règles ne sont pas nécessairement identiques d’un secteur à l’autre.

Les 31 octobre et 1er novembre, la chasse réservée à la relève y sera autorisée avec les armes à feu, l’arc ou l’arbalète, dans le respect des conditions applicables. Dans ces zones, la période spéciale vise principalement les cerfs mâles possédant des bois répondant aux critères réglementaires. Les chasseurs qui disposent d’un permis spécial de chasse au cerf sans bois peuvent bénéficier de possibilités supplémentaires, conformément aux conditions de leur permis.

Une restriction particulière demeure notamment en vigueur dans les zones 6 nord et 6 sud, situées majoritairement en Estrie. Pour y récolter un cerf mâle adulte, celui-ci doit posséder au moins trois pointes mesurant 2,5 centimètres ou plus sur un même côté du panache. Cette mesure, appelée restriction de la taille légale des bois, vise notamment à protéger les jeunes mâles afin de leur permettre de poursuivre leur développement.

La chasse, un outil de gestion des populations de cerfs

Au Québec, la chasse au cerf de Virginie représente bien davantage qu’une simple activité récréative. Elle constitue également un outil utilisé par les autorités pour réguler les populations de cet animal, particulièrement dans les régions où il est abondant. Une population trop importante peut notamment entraîner des dommages aux cultures agricoles, une pression sur certains habitats naturels et une augmentation des risques de collisions routières.

Selon le ministère des Transports et de la Mobilité durable, plus de 7 200 accidents impliquant la grande faune ont été recensés en moyenne chaque année au Québec entre 2021 et 2024. Environ 90 % de ces accidents concernaient des cerfs de Virginie. Ces données illustrent les difficultés de cohabitation entre les populations de cervidés et les activités humaines, particulièrement dans les secteurs ruraux et périurbains.

La fin de semaine de la relève découle d’ailleurs du Plan de gestion du cerf de Virginie 2020-2027, qui cherche à concilier la conservation de l’espèce, la pratique de la chasse et les besoins des populations locales. La gestion des cerfs doit toutefois tenir compte des particularités régionales, notamment des conditions hivernales et de la capacité des habitats à soutenir les populations. Les objectifs de prélèvement ne sont donc pas nécessairement les mêmes partout au Québec.

Quelques précautions avant de partir

Pour ceux qui souhaitent participer, le ministère recommande de bien préparer leur sortie avant de se rendre sur le terrain. Il est notamment nécessaire de connaître les limites de sa zone de chasse, de vérifier les espèces et les catégories d’animaux autorisées, ainsi que de respecter les règles relatives au port du dossard, aux heures de chasse et à la manipulation des armes. Les chasseurs qui souhaitent accéder à une propriété privée doivent également obtenir les autorisations nécessaires.

Il faut aussi savoir que les réserves fauniques administrées par la Sépaq ne participeront pas à cette fin de semaine particulière, même si elles proposent d’autres activités destinées à la relève. Certaines pourvoiries et zones d’exploitation contrôlée pourraient toutefois accueillir des participants, selon leurs propres modalités. Il est donc recommandé de communiquer directement avec les gestionnaires des territoires avant de planifier un séjour.

Enfin, le ministère rappelle l’importance de signaler les actes de braconnage ou les comportements susceptibles de compromettre la protection de la faune. Les citoyens peuvent communiquer avec SOS Braconnage – Urgence faune sauvage au 1 800 463-2191. Ce service est gratuit et confidentiel.

Pour les nouveaux chasseurs, cette septième édition représente une possibilité de se familiariser avec une activité exigeant patience, discipline et respect de l’environnement. Elle offre surtout l’occasion de bénéficier de l’expérience de personnes qui pratiquent la chasse depuis plusieurs années, dans un cadre réglementé. Une manière, pour le gouvernement, de favoriser la transmission d’un savoir-faire tout en encourageant une pratique responsable de la chasse au Québec.

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