SHERBROOKE – Trente-six personnes se sont présentées cette semaine au Partage Saint-François pour s’inscrire au programme TAPAJ (Travail alternatif payé à la journée). Un chiffre qui témoigne à la fois de l’intérêt pour cette initiative et des besoins bien réels de nombreuses personnes vivant une situation de précarité.
Peu connu du grand public il y a encore quelques années, TAPAJ poursuit pourtant son implantation dans plusieurs régions du Québec. Né à Montréal à la fin des années 1990, le programme repose sur une idée simple : utiliser le travail comme outil d’inclusion sociale plutôt que comme une récompense réservée aux personnes déjà intégrées au marché de l’emploi.
Concrètement, TAPAJ offre à des personnes vivant des difficultés financières, de l’itinérance, des problèmes de consommation ou d’autres formes d’exclusion la possibilité de participer à de courts chantiers de travail communautaire. Les tâches ne nécessitent pas de formation particulière et les participants sont rémunérés à la fin de la journée. Cette formule permet d’éliminer plusieurs obstacles qui empêchent souvent l’accès à l’emploi traditionnel.
L’approche se distingue également par la présence d’intervenants qui accompagnent les participants sur les chantiers. Le travail devient alors un prétexte pour recréer des liens, reprendre confiance en soi et, éventuellement, entreprendre d’autres démarches liées à l’emploi, au logement, à la santé ou à la formation.
Le modèle semble convaincre de plus en plus d’organismes et de municipalités. Ces dernières années, TAPAJ s’est implanté dans plusieurs villes québécoises et le gouvernement a annoncé au printemps son intention d’appuyer son déploiement dans 16 régions administratives. L’objectif est de faire passer le nombre de participants de 1 000 à plus de 5 500 d’ici 2029.
À Sherbrooke, le Partage Saint-François s’inscrit dans ce mouvement. Les 36 personnes qui se sont présentées cette semaine démontrent qu’il existe une volonté de participer, de contribuer et de reprendre une place active dans la communauté lorsque des occasions adaptées à leur réalité sont offertes.
On parle souvent d’itinérance ou de pauvreté sous l’angle des problèmes. TAPAJ propose plutôt de miser sur les capacités des personnes concernées. Les chantiers ne régleront pas à eux seuls les enjeux sociaux qui touchent la région, mais ils offrent une porte d’entrée concrète vers l’autonomie et la participation citoyenne.
Pour les 36 personnes qui ont franchi les portes du Partage Saint-François cette semaine, ce premier pas pourrait bien être le début de quelque chose de plus grand.

