De plus en plus visibles dans les campagnes estriennes, les Anges bleus de David Martel attirent l’attention par leur force symbolique et leur portée universelle.
Originaire de Victoriaville, David Martel entretient depuis plus de trente ans un lien étroit avec Sherbrooke et les Cantons-de-l’Est. Plusieurs de ses œuvres majeures ont vu le jour dans la région, façonnant une démarche artistique qu’il décrit lui-même comme une véritable mission de vie. Loin de la peinture traditionnelle, son travail s’inscrit dans un langage à la fois spirituel et symbolique, ancré dans la matière brute et le sacré.
Reconnu et respecté dans divers milieux, l’artiste rejoint un public aux horizons variés, sensible aux grandes questions existentielles qu’il soulève à travers ses œuvres : d’où venons-nous, qui sommes-nous et quel sens donner à la souffrance humaine ?

Des œuvres voyageuses, de l’Estrie au reste du monde
Les Anges bleus sont peints directement sur des pierres naturelles. Présentées lors de plus de 300 événements artistiques à travers le monde, certaines de ces œuvres ont été exposées sur quatre des sept merveilles du monde, une reconnaissance exceptionnelle pour une démarche à la fois intime et monumentale.
Le parcours de ces pierres angéliques s’étend sur plusieurs continents. Retracer leur itinéraire complet relèverait presque du documentaire tant les lieux visités sont nombreux. Une question demeure toutefois : pourquoi cette présence marquée en Estrie ? Pour David Martel, la région constitue un point d’ancrage, un territoire de création et de transmission où plusieurs œuvres ont pris forme.
L’Archange de Lac-Mégantic, une pierre de mémoire
Parmi les œuvres les plus marquantes figure L’Archange de Lac-Mégantic, réalisée à la suite de la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013. Cette pierre de granite, propriété de Yanick Gagné, fondateur du Musi-Café, a été signée par plus de mille personnes provenant de tous horizons.
On y retrouve notamment la signature de deux premiers ministres du Canada : Stephen Harper, premier signataire, et Justin Trudeau, dont la signature apposée dix ans plus tard symbolisait un engagement à éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Artistes, militaires, pompiers, dignitaires, personnes en situation d’itinérance et citoyens de partout au pays ont également contribué à cette œuvre collective.
La pierre a été exposée dans plusieurs lieux hautement symboliques, dont l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac, la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, le Théâtre Granada, la cathédrale de Québec (par sa Porte sainte) ainsi qu’à la base militaire de Bagotville, aux côtés d’un chasseur F-18. Elle est devenue, au fil du temps, un puissant symbole de deuil, de résilience et de mémoire collective.
Le mystère des œuvres de Beauvoir
À Sherbrooke, David Martel a également réalisé une œuvre commémorative pour le 100e anniversaire du Sanctuaire de Beauvoir, peinte sur une pierre trouvée au pied du mont. Une autre création majeure, réalisée sur une pierre beige d’environ un mètre carré, provenait d’un fragment reliquaire lié au premier tombeau de Sainte Marie-Léonie Paradis.
Selon certaines informations, ces deux œuvres auraient mystérieusement disparu du sanctuaire à la suite d’un événement survenu après la pandémie. Aucune effraction évidente n’aurait été constatée et aucune version officielle ne permet, à ce jour, d’expliquer leur disparition. L’artiste offrirait toujours une récompense à toute personne pouvant fournir des informations permettant de localiser ces œuvres.
Des œuvres accessibles au public
D’autres réalisations de David Martel sont toujours visibles en Estrie. Une pierre monumentale se trouve à l’Auberge Au Cœur de Compton, installée à l’extérieur dans un verger orienté vers le soleil couchant. Une autre œuvre de plusieurs tonnes est exposée à l’Université Bishop’s, à Lennoxville, près de l’entrée du centre sportif. Offerte en cadeau par l’artiste, cette pierre de granite blanc québécois est devenue un repère visuel important sur le campus.
À l’international, une œuvre monumentale a été réalisée à Paris, tandis que la plus ambitieuse est actuellement en création à la Riviera Maya, au Mexique. Cette mosaïque angélique de 432 mètres carrés, réalisée en collaboration avec des communautés autochtones des Amériques, est supervisée par le sociologue wendat Guy Sioui Durand.
Entre spiritualité, transmission et engagement
La dimension spirituelle de l’œuvre de David Martel se manifeste également dans des lieux chargés d’histoire et de symboles : Machu Picchu, des sites sous-marins, ainsi que plusieurs mines historiques de l’Estrie, dont Capelton, Albert Mine, W. Betty et Victoria.
Parallèlement à son travail artistique, l’artiste s’investit dans la transmission. À l’été 2025, il proposait des visites guidées privées de ses œuvres estriennes ainsi que des excursions en kayak dans le lagon de la Mine Jeffrey. Ces activités devraient se poursuivre en 2026.
David Martel entretient aussi un lien profond avec le Pérou, où il a travaillé il y a une trentaine d’années dans des quartiers défavorisés. Aujourd’hui, il y est reconnu comme guide spécialisé de sites sacrés, notamment sur la route associée au pape Léon XIV, aux côtés de son épouse, Mercedes Becerra, fondatrice de Voyages Mercedes.
Un message de paix pour 2026
À l’approche de la nouvelle année, les anges bleus disséminés dans nos paysages rappellent que l’art peut encore être un espace de mémoire, de dialogue et de paix. Dans un message tourné vers 2026, David Martel souhaite que l’année à venir soit placée sous le signe du partage, de l’écoute et du soutien aux plus vulnérables.
« Encourager les jeunes, écouter ceux qui ont besoin de l’être et s’entraider demeure une des plus belles façons de bâtir l’avenir », résume l’artiste.
Une invitation à voir, dans la pierre comme dans l’humain, un lieu possible de réconciliation et d’espoir.

