À l’heure des promesses électorales, les sans-abris de Sherbrooke attendent toujours

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À l’aube des élections municipales, la détresse sociale s’étale au grand jour

Sous le pont du centre-ville, à deux pas des cafés animés et des affiches électorales flambant neuves, un autre monde s’accroche à la survie. Des couvertures humides, quelques sacs épars, un carton vide — voilà ce qui tient lieu de maison à plusieurs citoyens de Sherbrooke. Ce matin-là, un homme tente de se redresser sur son matelas posé à même le béton. Autour de lui, le froid, la solitude et les graffitis qui racontent, à leur manière, une autre forme d’expression : celle de l’abandon.

Un contraste frappant entre promesses et réalité

Alors que les candidats multiplient les promesses d’un « Sherbrooke plus humain », la réalité du terrain rappelle que le fossé social se creuse. Selon les organismes communautaires, le nombre de personnes sans abri aurait doublé depuis la pandémie. Plusieurs d’entre elles ne dorment plus seulement dans les refuges saturés, mais aussi dans les stationnements, les parcs, ou sous les viaducs de la ville.
Les causes sont multiples : crise du logement, inflation, santé mentale non traitée, dépendances, mais surtout, manque de solutions durables.

« On nous parle de logements sociaux depuis des années, mais sur le terrain, on n’en voit pas la couleur », confie une intervenante d’un centre d’aide du centre-ville. « Chaque hiver, on se demande qui tiendra jusqu’au printemps. »

Des abris de fortune, mais peu d’espoir

Sous ce viaduc, les traces de vie sont nombreuses : vêtements mouillés, restes de repas, matelas usés. Les graffitis sur les piliers semblent témoigner de cette résistance urbaine. Ici, l’art et la survie se côtoient dans un silence lourd, brisé seulement par le passage des voitures au-dessus.
Les bénévoles passent régulièrement, apportant couvertures et repas chauds, mais la situation demeure critique. Plusieurs sans-abris souffrent également de problèmes de santé physique et mentale non pris en charge.

L’urgence d’un plan municipal concret

À l’approche du scrutin, les Sherbrookois sont appelés à réfléchir à quel modèle de ville ils souhaitent construire. Une ville de vitrines ou une communauté réellement inclusive?
Les organismes réclament un plan d’action coordonné : création de logements transitoires, accès élargi aux soins, et financement stable pour les refuges.

Car, derrière chaque silhouette courbée sous un pont, il y a un nom, une histoire, un Sherbrookois oublié.


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