SHERBROOKE — Quand j’ai connu Guillaume Rousseau, c’était un souverainiste « pur et dur ». Étudiant, il était le champion de la distribution de dépliants sur le campus de l’Université de Sherbrooke. À cette époque, il faisait l’admiration de tous les organisateurs historiques du comté. Ils voyaient en lui la relève, un jeune souverainiste prêt à tout pour faire avancer l’idée d’un pays. D’ailleurs, je le vois encore, à la fin d’un conseil national du PQ à l’hôtel Delta de Sherbrooke, courir après Pauline Marois pour lui remettre un exemplaire d’un petit livre auquel il a participé.
Il fallait voir son visage qui irradiait de bonheur juste à l’idée de se retrouver devant la future première ministre du Québec. Il n’en croyait pas ses yeux. Il avait devant lui une partie de l’histoire du mouvement indépendantiste. Il se voyait déjà député et même ministre dans un gouvernement d’un Québec souverain.
Un souverainiste convaincu
Ah ce merveilleux Guillaume! Je l’entends encore défendre la souveraineté sur toutes les tribunes, affirmant que le Québec serait mieux sans le Canada. À ce moment-là, il ne se posait pas mille et une questions sur la viabilité économique d’un Québec souverain comme il vient juste de le faire. Admirateur fini de Mathieu Bock-Côté, voire groupie de ce dernier, il partageait cette même ambition de faire du Québec un pays souverain. Et ensuite, comme allant de soi, il s’est présenté comme candidat péquiste dans le comté de Sherbrooke. Et je peux vous dire qu’il y en avait des bénévoles dans sa campagne, des gens qui croyaient en lui, en sa sincérité.
Mais l’aventure s’est mal terminée puisqu’il a obtenu le score famélique de 14.7%, ce qui n’est pas suffisant pour obtenir un remboursement de ses dépenses électorales. Ben oui! Il faut 15%. C’est « plate » de même. Quoiqu’il en soit, le PQ a-t-il payé la facture ou est-ce Guillaume Rousseau qui s’en est acquitté ? Est-ce à ce moment qu’il a changé son fusil d’épaule? Il faudrait lui poser la question.
Opportuniste avant d’être souverainiste, voire caquiste
Mais voilà, Guillaume Rousseau est d’abord et avant tout un opportuniste qui mange à tous les râteliers. Combien d’argent a-t-il reçu en contrat par le gouvernement de la CAQ afin de mousser la voie autonomiste qui ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais? Qu’est-ce qu’il doit à ces gens-là? Sa candidature pour la CAQ est-elle un retour d’ascenseur? Lui a-t-on promis un poste de ministre? Voilà des questions qui devraient lui être posées maintenant qu’il crache sans vergogne sur ses anciens compagnons d’armes.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

