La crise du logement est terminée!?

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SHERBROOKE – Samedi dernier, Christine Fréchette a dit que la crise du logement était « terminée dans certaines régions du Québec ». Ah oui! Vraiment! Car chaque semaine, on entend des histoires de « rénovictions », c’est-à-dire des propriétaires sans scrupules qui expulsent de leur logement de pauvres locataires, souvent âgés, sous prétexte de faire des rénovations majeures pour le relouer beaucoup plus cher. Généralement, ces propriétaires prédateurs profitent de la vulnérabilité du locataire, de son ignorance de la loi, pour l’intimider afin qu’il consente à quitter les lieux.

Et pour se retrouver un logement décent, en particulier dans les grands centres comme Montréal, c’est toute une galère. À Sherbrooke, par exemple, le 4 pièces et demie se loue en moyenne 1100 dollars par mois. Sinon, il faut se contenter d’un misérable taudis où les souris et autres vermines font figure de colocataires. La crise du logement est terminée! Ben voyons! Elle est plus aiguë que jamais.

La CAQ est-elle responsable?

Après la pandémie et la guerre en Ukraine, tous les pays d’Occident ont été frappés par l’inflation des prix à la consommation. Du jour au lendemain, en raison notamment de la hausse du prix de l’essence, il faut payer plus cher pour se nourrir et se véhiculer. Mais en quoi cela concerne-t-il les logements? En rien.

Profitant du mouvement inflationniste, de nombreux propriétaires ont saisi l’occasion pour augmenter leur logement plus que de raison. Et du jour au lendemain, les locataires se doivent désormais de consacrer plus de la moitié de leur budget pour se loger, sacrifiant ainsi leur alimentation et d’autres besoins essentiels. Et qu’a fait la CAQ durant ce temps? Rien!

Ce n’est que le 6 juin 2024 qu’ils ont promulgué un moratoire de trois ans interdisant les évictions liées à la subdivision, à l’agrandissement important ou au changement d’affectation d’un logement. En 2025, en guise de consolation, le Tribunal administratif du logement, le TAL, a proposé une augmentation de 5,9 % pour des loyers non chauffés et, en 2026, cette même instance a jugé nécessaire de promulguer une nouvelle augmentation de 3,1 %. Entre 2025 et 2026, est-ce que les salaires ont augmenté de 9 %? Évidemment non!

Et pour justifier de telles augmentations, est-ce que les propriétaires sont toujours proactifs quand vient le temps d’effectuer de menues réparations? Allons donc! Nombre d’entre eux se contentent de prendre l’argent du loyer. La démonstration est faite depuis longtemps : la CAQ, ce parti de petits bourgeois dont les propriétaires constituent sa base électorale, a détourné le regard face aux abus des propriétaires. Volant à des hauteurs stratosphériques, il n’est pas étonnant que Christine Fréchette soit aussi déconnectée de la réalité du peuple qu’elle aspire à gouverner.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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