SHERBROOKE — La famille de Serge Malenfant invite la population à venir célébrer la vie et l’œuvre de celui qui a profondément transformé le visage du centre-ville de Sherbrooke. Un hommage public lui sera rendu le 26 septembre prochain au Théâtre Granada.
Son amoureuse, son frère et les autres membres de sa famille souhaitent réunir les personnes qui l’ont côtoyé, mais aussi celles qui ont apprécié ses œuvres ou qui ont grandi avec les murales devenues indissociables du paysage sherbrookois.
La rencontre prendra la forme d’un parcours immersif à travers l’univers de Serge Malenfant. Les visiteurs pourront découvrir l’homme derrière l’artiste, son parcours, ses objets les plus précieux, ses œuvres murales et les nombreux souvenirs laissés derrière lui.

L’homme derrière les murales de Sherbrooke
Artiste peintre, illustrateur, scénographe et muraliste, Serge Malenfant était un Sherbrookois profondément attaché à sa ville et à son histoire.
Il est principalement connu comme le fondateur, président et coordonnateur de l’organisme M.U.R.I.R.S. C’est notamment sous son impulsion que Sherbrooke est progressivement devenue une véritable galerie d’art à ciel ouvert.
À partir de 1997, l’artiste ne voulait plus limiter ses couleurs aux dimensions d’une toile. Il souhaitait les répandre dans l’espace public et faire de la ville elle-même un lieu de création. Le projet des murales lui permettait ainsi de réunir ses deux grandes passions : l’art et l’histoire.
Au début des années 2000, Serge Malenfant et son équipe ont dû convaincre les autorités municipales qu’il était possible de raconter l’histoire de Sherbrooke directement sur les murs de ses bâtiments.
Une première murale a été réalisée à l’occasion du bicentenaire de la ville. Pendant tout l’été, les citoyens sont venus observer les artistes travailler dans les échafaudages, discuter avec eux et suivre la transformation du mur.
Selon Serge Malenfant, cette proximité avec la population avait permis de créer un véritable sentiment d’appartenance autour du projet.
Au total, M.U.R.I.R.S. a réalisé 18 grandes murales dans le circuit sherbrookois. Ces œuvres racontent différentes époques de la ville à travers des personnages historiques, des légendes locales et des scènes de la vie quotidienne.

Une année de travail avant de toucher au mur
Pour Serge Malenfant, une murale ne commençait pas simplement lorsqu’un artiste montait dans un échafaudage avec ses pinceaux.
Chaque œuvre pouvait demander près d’une année de recherche, de préparation et de documentation photographique. L’équipe devait notamment étudier l’histoire du quartier, les bâtiments, les vêtements portés à l’époque et les personnes représentées.
Les murales étaient construites autour de trois principales lectures : le trompe-l’œil, les personnages et les nombreux petits détails cachés dans l’image.
Serge Malenfant racontait qu’une fois arrivé devant le mur, il avait presque l’impression d’être en vacances. Après les recherches, les démarches et les problèmes techniques, il pouvait enfin faire ce qu’il aimait : peindre.
Les œuvres de M.U.R.I.R.S. ont également permis de développer des méthodes adaptées au climat québécois. L’équipe a travaillé avec différents spécialistes afin de trouver des matériaux, des supports et des compositions de peinture capables de résister aux hivers.

Un héritage qui dépasse les murs
Serge Malenfant n’a pas seulement contribué à créer les murales de Sherbrooke. Il a aussi participé à la formation de nombreux muralistes en Estrie.
Plusieurs artistes ont appris le métier en travaillant à ses côtés pendant les étés, dans les échafaudages et sur les différents chantiers de M.U.R.I.R.S.
Pour Raphaëlle Coulombe-Allie, ancienne directrice artistique de l’organisme, Serge Malenfant était celui qui avait imaginé le projet, qui l’avait porté pendant des années et qui avait convaincu une ville entière qu’elle pouvait raconter son histoire sur ses murs.
« M.U.R.I.R.S. n’existe plus. Mais les murs, eux, sont toujours là. On peut les voir partout en ville, et ils vont rester longtemps après nous », a-t-elle écrit dans un hommage publié après son décès.
Un parcours immersif au Granada
Le grand public pourra participer à la célébration de la vie de Serge Malenfant le 26 septembre, de 13 h à 15 h, au Théâtre Granada, situé au 53, rue Wellington Nord, à Sherbrooke.
Une rencontre plus intime réunissant la famille et les proches se déroulera ensuite. La journée se terminera par un hommage présenté à 16 h.
L’événement permettra de découvrir des objets personnels, des œuvres et des souvenirs illustrant les différentes facettes de Serge Malenfant. Il donnera également l’occasion aux Sherbrookois de mesurer l’ampleur de l’héritage laissé par celui qui voyait une histoire à raconter derrière chaque mur vide.
Sources
- Amaryllis Beaudry, « Sherbrooke vue par… Serge Malenfant », Sherbrooke Vibrante, 3 juillet 2022.
- M.U.R.I.R.S., publication rendant hommage à son fondateur Serge Malenfant.
- Raphaëlle Coulombe-Allie, ancienne directrice artistique de M.U.R.I.R.S., témoignage publié à la suite de son décès.

