SHERBROOKE — Plus de 35 millions d’interventions esthétiques, chirurgicales ou non chirurgicales, ont été réalisées dans le monde en 2025, selon la plus récente enquête mondiale de la Société internationale de chirurgie esthétique plastique (ISAPS). La chirurgie des paupières arrive désormais au premier rang des opérations les plus pratiquées, devant la liposuccion et l’augmentation mammaire. Le marché mondial de l’esthétique continue donc de prendre de l’ampleur, même si certaines catégories d’interventions connaissent un recul.
Le rapport publié le 29 septembre fait état de près de 17,9 millions d’interventions chirurgicales et de 17,3 millions de procédures non chirurgicales réalisées par des chirurgiens plasticiens. Sur une période de quatre ans, le nombre total de procédures recensées a augmenté de 9,2 %. Cette croissance confirme que la chirurgie et la médecine esthétiques demeurent des secteurs importants à l’échelle internationale.
La chirurgie des paupières passe au premier rang
La blépharoplastie, qui consiste généralement à retirer ou repositionner un excès de peau ou de graisse autour des paupières, est devenue l’intervention chirurgicale esthétique la plus courante dans le monde. Plus de 2,4 millions de chirurgies des paupières ont été pratiquées en 2025. Elle devance maintenant la liposuccion, l’augmentation mammaire, le lifting des seins et l’abdominoplastie.
Les interventions touchant le visage et la tête ont d’ailleurs poursuivi leur progression. L’ISAPS en comptabilise plus de 7,6 millions en 2025, soit une augmentation de 3,2 % par rapport à l’année précédente. Derrière la chirurgie des paupières viennent notamment la rhinoplastie, avec plus d’un million d’interventions, et les greffes de graisse au visage, qui approchent les 900 000 procédures.
Les chirurgies mammaires toujours très populaires
Environ 4,7 millions d’interventions mammaires ont été réalisées dans le monde en 2025, une progression annuelle de 5,7 %. L’augmentation mammaire demeure parmi les opérations les plus fréquemment pratiquées, mais c’est le lifting mammaire, aussi appelé mastopexie, qui a connu l’une des hausses les plus marquées.
Selon l’ISAPS, le nombre de mastopexies a augmenté de 48 % dans les marchés étudiés. Cette intervention vise principalement à remodeler et remonter les seins sans nécessairement en augmenter le volume. À l’inverse, les interventions portant sur le corps et les extrémités ont diminué de 8,9 %, malgré un total encore important de 5,4 millions d’opérations.
Des différences importantes selon l’âge
Les personnes âgées de 18 à 34 ans représentent près de la moitié des patients ayant recours à certaines chirurgies. Cette tranche d’âge représente notamment 49,5 % des augmentations mammaires, 45,2 % des interventions génitales externes et 57 % des rhinoplasties recensées par l’étude. La chirurgie esthétique n’est donc plus seulement associée au vieillissement ou à la volonté de rajeunir son apparence.
Chez les personnes âgées de 35 à 50 ans, les interventions recherchées changent quelque peu. Cette catégorie représente 44 % des liposuccions et 47 % de certaines interventions utilisant des produits injectables. La réduction non chirurgicale de la graisse, de son côté, est répartie de manière relativement uniforme entre les différents groupes d’âge.
Les femmes représentent environ 85 % des interventions
Les femmes demeurent très largement majoritaires parmi les personnes ayant recours à la médecine ou à la chirurgie esthétique. Elles représentent 85,6 % des interventions chirurgicales et 84,8 % des procédures non chirurgicales recensées en 2025. Les hommes représentent respectivement 14,4 % et 15,2 % de ces interventions.
Pour la première fois, la chirurgie des paupières arrive toutefois au premier rang des opérations chirurgicales tant chez les femmes que chez les hommes. Chez les femmes, elle est suivie de l’augmentation mammaire et de la liposuccion. Chez les hommes, les opérations visant à traiter la gynécomastie, soit une augmentation du volume des seins, et la rhinoplastie figurent également parmi les interventions les plus pratiquées.
Le Botox demeure le géant des procédures non chirurgicales
Du côté des traitements ne nécessitant pas de chirurgie, la toxine botulique, communément associée à des marques commerciales comme Botox, continue de dominer très largement le marché. Environ 7,3 millions de traitements de ce type ont été réalisés par des chirurgiens plasticiens dans le monde en 2025. Il s’agit de la procédure non chirurgicale la plus courante chez les femmes comme chez les hommes.
Les injections d’acide hyaluronique, souvent utilisées pour ajouter du volume ou atténuer certaines rides, arrivent en deuxième position avec environ 4,7 millions de procédures. Le rapport note cependant un recul important de ce type d’injections, avec une baisse d’environ 25 %. Les traitements de raffermissement de la peau et l’épilation figurent également parmi les principales interventions non chirurgicales.
Les États-Unis devant le Brésil et la Chine
Les États-Unis représentent le plus important marché mondial selon l’enquête, avec plus de 5,4 millions d’interventions esthétiques en 2025. Le pays arrive notamment au premier rang pour les procédures non chirurgicales, avec plus de 3,2 millions d’interventions. Le Brésil arrive deuxième avec environ 3,2 millions de procédures, mais demeure le numéro un mondial pour les opérations chirurgicales avec 2,3 millions.
La Chine suit avec environ 2,8 millions d’interventions. L’étude met également en lumière l’importance du tourisme médical, puisque la République dominicaine, la Tunisie et le Mexique figurent parmi les pays où la proportion de patients étrangers est la plus élevée. Le coût des interventions, leur disponibilité et la réputation de certaines destinations contribuent à l’importance de ce phénomène.
Une opération esthétique reste une opération
Derrière la popularité grandissante de ces interventions, l’ISAPS rappelle qu’une chirurgie esthétique ne constitue jamais un geste banal. Une opération réalisée uniquement pour des raisons esthétiques demeure une intervention médicale pouvant entraîner des complications, des effets secondaires ou nécessiter une période de convalescence.
Le Dr Naveen Cavale, président du comité de communication de l’organisation, recommande notamment aux patients de vérifier la formation et les qualifications du chirurgien choisi. Cette prudence peut devenir particulièrement importante dans un contexte de tourisme médical, alors que le suivi postopératoire peut être plus complexe lorsque l’intervention a été réalisée à plusieurs milliers de kilomètres du domicile.
Un marché qui continue de se transformer
Les données de 2025 montrent finalement que les tendances en chirurgie esthétique peuvent évoluer rapidement. Certaines opérations traditionnellement très populaires demeurent bien présentes, mais la progression de la chirurgie des paupières et du lifting mammaire témoigne d’un changement dans les interventions recherchées par les patients.
Avec plus de 35 millions de procédures recensées en une seule année, la chirurgie et la médecine esthétiques représentent désormais un phénomène mondial. Le recul observé dans certaines catégories montre toutefois que les tendances peuvent changer rapidement, autant du côté des préférences des patients que des techniques offertes.

