La Fondation pour les élèves du CSSRS interpelle les candidats sur le décrochage scolaire

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SHERBROOKE — Alors que la campagne électorale bat son plein, la Fondation pour les élèves du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke souhaite ramener l’éducation au centre des discussions. Sa directrice générale, Anne Préfontaine, a rencontré plusieurs candidats dans les circonscriptions de Sherbrooke, de Saint-François et de Richmond afin de leur demander un engagement clair envers la réussite scolaire.

Selon la Fondation, près d’un élève sur cinq décroche dans la région, une situation qu’elle juge anormale pour un territoire qui compte pourtant deux universités et trois établissements collégiaux. L’organisme demande donc aux futurs élus de mettre en place des mesures particulières afin d’augmenter le taux de diplomation et de qualification des jeunes de l’Estrie.

Un enjeu qui dépasse les murs de l’école

Le décrochage scolaire ne signifie pas seulement qu’un jeune quitte l’école avant d’obtenir son diplôme. Il peut également entraîner des conséquences durables sur son revenu, ses perspectives professionnelles, sa santé et sa participation à la vie collective. Les jeunes sans diplôme sont généralement plus vulnérables au chômage, à la précarité financière et à l’exclusion sociale.

C’est pourquoi la Fondation présente l’éducation comme un investissement qui touche également la santé, l’économie et la sécurité publique. Une intervention précoce peut éviter que certaines difficultés scolaires, familiales ou financières finissent par pousser un jeune hors du système d’éducation.

Il faut cependant distinguer le taux annuel de sorties sans diplôme du parcours complet d’une cohorte d’élèves. Un jeune comptabilisé comme décrocheur durant une année donnée peut éventuellement retourner aux études et obtenir une qualification. Cela ne diminue toutefois pas l’importance d’intervenir rapidement, puisque chaque interruption augmente le risque qu’un jeune ne revienne jamais terminer sa formation.

Plusieurs candidats rencontrés

Anne Préfontaine affirme avoir demandé à chacun des candidats rencontrés de s’engager, s’il est élu, à instaurer des mesures spéciales pour améliorer la diplomation. La Fondation n’a toutefois pas encore présenté de liste détaillée de propositions ni rendu publiques les réponses individuelles de chacun des candidats.

Parmi les personnes rencontrées figurent les candidates caquistes Geneviève Hébert et Fadéla Hamou, les candidats libéraux Pierre Cossette, Hugo Fontaine et Jacqueline Belleau, ainsi que les candidats péquistes Gabriel Pallotta et Sylvie Tanguay. La Fondation les a remerciés pour leur écoute.

Des solutions qui doivent être adaptées au terrain

La lutte contre le décrochage ne repose pas sur une seule mesure. Elle peut notamment passer par davantage de soutien psychosocial, du tutorat, un accompagnement personnalisé, une meilleure détection des difficultés d’apprentissage et des parcours de formation plus souples. La formation professionnelle et l’éducation des adultes peuvent également offrir une seconde voie aux jeunes pour qui le parcours scolaire traditionnel convient moins bien.

Les causes du décrochage sont elles aussi multiples. Les difficultés scolaires, la santé mentale, l’intimidation, l’instabilité familiale, la pauvreté ou encore l’obligation de travailler peuvent toutes fragiliser le parcours d’un élève. Les mesures réclamées devront donc tenir compte des réalités différentes vécues dans les quartiers de Sherbrooke comme dans les secteurs plus ruraux de l’Estrie.

Au-delà des promesses formulées pendant la campagne, la Fondation souhaite surtout que la réussite éducative demeure une priorité une fois les élections terminées. Comme elle le rappelle dans son intervention, « un jeune qui décroche, c’est trop ».

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