Semaine des maisons des jeunes : les ados veulent être entendus

Partagez

MONTRÉAL — Les adolescents souhaitent que les élus prennent leurs opinions au sérieux et les consultent sur les décisions qui touchent leur quotidien. C’est le message qui ressort d’un sondage dévoilé le 12 octobre par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ), à l’ouverture de la 29e Semaine des maisons des jeunes.

L’événement se déroule jusqu’au 18 octobre sous le thème « ACTION! Ados, acteurs et actrices de société ». Le regroupement profite de cette semaine pour inviter les nouveaux élus à aller à la rencontre des jeunes dans les maisons des jeunes (MDJ), plutôt que de se limiter à les consulter à distance.

Le sondage indique que 41,3 % des jeunes répondants considèrent que les adultes et les élus les écoutent peu, pas vraiment ou pas du tout. Lorsqu’on leur demande ce qui rapprocherait les décideurs de leur réalité, la réponse la plus souvent donnée est de venir les rencontrer directement dans une maison des jeunes.

Pour le directeur général du RMJQ, Nicholas Legault, les adolescents sont déjà des membres à part entière de la société, même s’ils n’ont pas encore le droit de vote. Il estime que leurs préoccupations devraient être entendues au moment où les décisions sont prises, et pas seulement lorsqu’ils auront atteint l’âge de voter.

La santé mentale au premier rang

Parmi les enjeux que les jeunes souhaitent voir priorisés par les élus, la santé mentale arrive en tête : 48,6 % des répondants l’ont mentionnée. L’intimidation et la cyberintimidation viennent ensuite, à 34,5 %, devant l’éducation, à 32,4 %.

Les réponses ouvertes du sondage font aussi état de demandes plus concrètes. Les jeunes souhaitent avoir accès à davantage de ressources en santé mentale, voir des actions plus soutenues contre l’intimidation et bénéficier d’une école mieux adaptée à leur réalité.

Ils réclament également davantage d’espaces où se retrouver et un meilleur soutien aux maisons des jeunes. Ces demandes portent donc autant sur les services et les milieux de vie que sur la place accordée aux adolescents dans les décisions qui les concernent.

Le RMJQ observe derrière ces réponses une volonté d’être considérés comme des personnes capables de réfléchir et de contribuer aux débats. Les jeunes ne demandent pas seulement à être consultés : ils souhaitent pouvoir participer réellement aux décisions qui influencent leur quotidien et leur avenir.

Les MDJ, des lieux pour apprendre à participer

Les résultats du sondage soulignent le rôle que jouent déjà les maisons des jeunes dans la participation citoyenne. Ainsi, 92,5 % des répondants affirment que leur MDJ les aide à exprimer leur opinion, tandis que 90,5 % disent qu’elle contribue à développer leur confiance en eux.

Les jeunes associent aussi ces lieux à leur implication dans leur communauté. Une proportion de 88,4 % affirme que sa maison des jeunes l’aide à s’engager dans son milieu, et 87 % disent qu’elle leur permet de mieux comprendre ce qui se passe dans la société.

Le respect des opinions différentes ressort également parmi les résultats : 95,2 % des répondants estiment que leur MDJ les aide à le développer. Dans ces milieux, la participation peut passer par le choix des activités, l’organisation de projets ou d’événements, ainsi que par la prise de décisions. Certains jeunes peuvent même siéger au conseil d’administration de leur maison des jeunes.

Le regroupement réclame un financement stable

Nicholas Legault décrit les maisons des jeunes comme des lieux où les adolescents peuvent apprendre à exercer leur citoyenneté en prenant part à la vie collective. Selon lui, elles contribuent aussi au bien-être des jeunes et à leur capacité d’agir dans leur communauté.

Le directeur général soutient toutefois que les MDJ doivent pouvoir compter sur un financement stable et adapté à leur mission pour continuer ce travail. Le RMJQ présente le soutien à ces organismes comme un investissement dans le pouvoir d’agir et l’avenir des jeunes.

Le Regroupement des maisons des jeunes du Québec soutient le développement de plus de 250 maisons des jeunes, qui représentent près de 340 milieux de vie à travers la province. Le communiqué présentant les résultats ne précise pas la taille de l’échantillon ni la méthode utilisée pour réaliser le sondage.

Sources :

Nouvelles

Actualités