À Sherbrooke, les élèves votent : vague orange à Le Ber, préférence libérale au Séminaire

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SHERBROOKE — Si les partis politiques cherchent où recruter leur prochaine génération de militants, deux écoles sherbrookoises viennent de leur donner quelques indices. Au Séminaire de Sherbrooke, le Parti libéral termine premier dans une simulation d’élections provinciales. Au pavillon Le Ber de l’école secondaire de la Montée, Québec solidaire remporte plutôt une victoire écrasante. Comme quoi, on peut habiter la même ville sans avoir la même couleur sur son bulletin de vote.

Les élèves du Séminaire étaient invités à voter le 1er octobre, tandis que ceux de Le Ber ont participé à leur scrutin les 30 septembre et 1er octobre, dans le cadre du programme Électeurs en herbe. Il s’agissait de découvrir concrètement le fonctionnement d’une élection, avant de pouvoir participer à la véritable. Personne ne sera donc nommé ministre à la suite de ces résultats. Les devoirs restent également obligatoires, peu importe le parti arrivé premier.

IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / ÉCOLE SECONDAIRE DE LA MONTÉE

À Le Ber, les Rebels portent bien leur nom

Au pavillon Le Ber, Mia Fréchette, de Québec solidaire, récolte 57,6 % des voix. Elle devance largement Sylvie Tanguay, du Parti québécois, à 15,6 %, et Esteban Méndes-Hord, du Parti conservateur, à 13,8 %. Avec un tel résultat, les solidaires n’auraient même pas besoin de négocier une coalition pour gouverner cette petite république scolaire. Les Rebels ont manifestement choisi leur camp.

La libérale Jacqueline Belleau obtient 8,7 %, tandis que Geneviève Hébert, de la Coalition avenir Québec, recueille 2,3 %. Sylvie Péloquin, de Présence Québec, et Rémi Tétreault, de Climat Québec, terminent chacun à 0,4 %. Pour la CAQ, disons que le bulletin scolaire électoral aurait pu être meilleur. Il reste toutefois difficile de demander une reprise d’examen aux électeurs.

Au Séminaire, une autre couleur dans les corridors

Au Séminaire, le tableau est bien différent : le Parti libéral arrive premier avec 29,02 % des voix. Le Parti québécois suit à 22,93 %, devant Québec solidaire à 18,10 % et le Parti conservateur à 12,32 %. Les libéraux trouveraient donc probablement l’accueil plus chaleureux dans ces corridors que dans ceux de Le Ber. Leur avance demeure néanmoins beaucoup moins confortable que celle des solidaires chez les Rebels.

La CAQ récolte pour sa part 4,84 %, les autres partis réunissent 11,70 % et les votes annulés représentent 1,09 %. Les conservateurs obtiennent ainsi des résultats assez proches dans les deux établissements. Pendant que libéraux et solidaires changent considérablement de position d’une école à l’autre, le PCQ semble avoir trouvé sa petite vitesse de croisière. La CAQ, elle, cherche encore la sortie du stationnement.

Le privé et le public : de quoi alimenter les discussions

Le contraste attire forcément l’attention : une institution privée place les libéraux en tête, tandis qu’un pavillon du réseau public accorde une forte majorité à Québec solidaire. Il y a là de quoi alimenter une discussion de cafétéria sur les différences entre les milieux scolaires. Et probablement quelques plaisanteries entre amis qui fréquentent les deux établissements. Sherbrooke vient de se découvrir deux petites cartes électorales, sans même avoir à redécouper ses quartiers.

Il serait toutefois un peu rapide d’en conclure que les élèves du privé votent tous comme leurs parents ou que ceux du public préparent une révolution. Les résultats publiés ne nous disent pas pourquoi chaque jeune a choisi un parti plutôt qu’un autre. Les candidatures, les discussions en classe, les amis ou les préoccupations personnelles peuvent entrer en jeu, sans qu’on puisse mesurer ici leur influence. Un bulletin de vote révèle un choix, pas toute la conversation qui l’a précédé.

Les plus jeunes donnent une leçon de participation

Au Séminaire, les élèves de première secondaire se sont particulièrement démarqués avec un taux de participation de près de 90 %. Voilà une mobilisation qui ferait rêver bien des organisateurs politiques. À peine arrivés au secondaire, ils prennent déjà le chemin des urnes. Certains adultes pourraient peut-être leur emprunter un peu de motivation.

Du côté de Le Ber, l’école souligne aussi le travail des élèves qui ont agi comme scrutateurs bénévoles. Le programme Électeurs en herbe permet justement aux jeunes de découvrir le vote et le processus électoral à travers une simulation. Derrière les différences de résultats, les deux établissements poursuivent donc un même objectif : faire participer les élèves à la vie démocratique. Pour une fois, on peut parler de politique à l’école sans que tout le monde obtienne la même réponse.

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