« Je la connais dans ce qu’elle a de plus sale » : Daniel Breton se confie sur les dessous de la politique

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MONTRÉAL — Derrière les débats, les pancartes électorales et les discours, il existe une réalité dont les anciens élus ne parlent pas toujours ouvertement. Dans une publication sur Facebook, Daniel Breton revient sur les insultes, les menaces et les gestes d’intimidation qu’il affirme avoir subis durant son parcours politique. L’ancien député du Parti québécois et ministre de l’Environnement estime que les commentaires sur la politique passent souvent à côté de cette expérience vécue sur le terrain.

« Moi, je la connais dans ce qu’elle a de plus sale », écrit-il. Son témoignage évoque des messages haineux, des menaces de mort reçues directement sur son téléphone et des actes de vandalisme visant ses locaux. Il affirme que les insultes, et parfois les menaces, continuent encore aujourd’hui, plusieurs années après son départ de l’Assemblée nationale.

Un environnementaliste devenu ministre

Né à Montréal en 1962, Daniel Breton s’est d’abord fait connaître par son engagement environnemental. Il a notamment été directeur de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique de 2004 à 2006 et cofondateur de la coalition QuébecKyoto. Également cofondateur du Parti vert du Québec en 2001, il a fondé le groupe Maîtres chez nous — 21e siècle, qu’il a présidé de 2005 à 2012.

Élu député péquiste de Sainte-Marie–Saint-Jacques le 4 septembre 2012, il entre au gouvernement de Pauline Marois quelques semaines plus tard. Il est nommé ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs le 19 septembre, puis démissionne de cette fonction le 29 novembre de la même année. Il demeure député et devient, en mai 2013, adjoint parlementaire à la première ministre pour le volet de l’électrification des transports.

Défait aux élections de 2014, puis candidat sans succès dans Saint-Hyacinthe en 2018, Daniel Breton a poursuivi son travail dans le domaine des transports électriques. Il dirige Mobilité électrique Canada depuis 2020. Cette association industrielle nationale fait la promotion de l’électrification des transports et rassemble notamment des entreprises, des fournisseurs d’électricité, des organismes et des établissements de recherche.

Des menaces qui dépassent les réseaux sociaux

Dans sa publication, l’ancien élu insiste sur le fait que l’intimidation ne se serait pas limitée aux commentaires laissés sous ses publications. Il rapporte que son bureau de député a été défoncé, que son local électoral a été vandalisé et que ses bénévoles ont été menacés physiquement. Ces événements sont présentés dans son témoignage, sans dates précises ni documents permettant d’en établir ici toutes les circonstances.

Daniel Breton affirme aussi avoir été traité de raciste durant les campagnes électorales de 2012, de 2014 et de 2018. Il reproche à des journalistes, à des commentateurs et aux partis d’opposition d’avoir utilisé son passé personnel pour l’attaquer. Selon lui, ce traitement mêlait des mensonges, des demi-vérités et certains faits réels liés à des périodes difficiles de sa vie.

Le souvenir de l’attentat du Métropolis

L’ancien ministre évoque également le 4 septembre 2012, soir de son élection, en affirmant avoir vécu une tentative d’assassinat. Cette date correspond à l’attentat commis au Métropolis de Montréal, où se tenait le rassemblement électoral du Parti québécois. L’attaque a causé la mort du technicien Denis Blanchette et blessé grièvement son collègue Dave Courage.

Il faut toutefois distinguer cet attentat de l’affirmation voulant que Daniel Breton ait personnellement été visé. Les sources institutionnelles consultées documentent l’attaque contre le rassemblement péquiste, mais ne permettent pas d’établir qu’il constituait une cible individuelle du tireur. Dans sa publication, il rattache cet événement à son propre vécu de la violence politique.

Des accusations visant Québec solidaire

Daniel Breton dénonce aussi la présence, selon lui, de centaines d’autocollants annonçant le retrait de sa candidature sur ses pancartes électorales. Il affirme que des électeurs lui demandaient ensuite pourquoi il avait abandonné la course. Il attribue ces gestes à Québec solidaire, mais les sources publiques consultées ne permettent pas de confirmer cette responsabilité, et aucune réponse du parti n’est présentée dans le matériel disponible.

Son message mentionne une défaite par environ 300 voix, sans préciser le scrutin auquel il fait référence. Pour l’élection de 2014 dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, les résultats officiels indiquent plutôt que Manon Massé avait obtenu 8 437 voix, contre 7 612 pour Daniel Breton, soit un écart de 825 voix. La candidate libérale Anna Klisko avait terminé deuxième avec 8 346 voix, à seulement 91 voix de la gagnante.

Le témoignage de Daniel Breton porte ainsi sur une dimension très personnelle de l’engagement politique : ce qu’un candidat, ses proches et ses bénévoles peuvent subir au-delà des échanges publics. Il exprime aussi une amertume persistante envers ceux qu’il tient responsables de certains épisodes de son parcours. Ses accusations demandent à être vérifiées séparément, mais son message expose clairement les souvenirs qu’il conserve de son passage en politique.

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