Mario Pelchat et le Parti conservateur réclament plus de liberté pour les spectacles à la ferme

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SAINT-JOSEPH-DU-LAC — Le vignoble de Mario Pelchat, dont les soupers-spectacles font l’objet d’un long différend avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), a servi de décor à une prise de position du Parti conservateur du Québec sur l’agrotourisme. Après avoir visité le Domaine Pelchat Lemaître-Auger dimanche, Éric Duhaime a dénoncé les limites imposées aux réceptions et aux spectacles sur les terres agricoles. Mario Pelchat et Claire Lemaître-Auger précisent avoir invité les cinq chefs de parti à venir constater la situation sur place; selon eux, le chef conservateur est le seul à avoir accepté.

Dans une publication accompagnant la visite, le PCQ soutient que les producteurs devraient pouvoir accueillir davantage de personnes et tenir plus d’activités pour faire connaître leurs produits et diversifier leurs revenus. Le parti donne l’exemple d’une salle déjà construite : qu’elle accueille 100, 200 ou 300 personnes, affirme-t-il, sa superficie reste la même. Il avance le même raisonnement pour la fréquence des soupers-spectacles, évoquant 20, 40 ou 80 soirées par année.

Ce que réclament les conservateurs

« La ferme doit rester une ferme », écrit le PCQ, qui souhaite néanmoins laisser plus de latitude aux producteurs tant que l’agriculture demeure leur activité principale. À ses yeux, les réceptions et les spectacles peuvent soutenir à la fois les entreprises agricoles, l’économie locale et les artistes québécois. La publication ne précise toutefois pas quels plafonds de fréquentation ou de fréquence un gouvernement conservateur adopterait, ni comment il déterminerait si une ferme conserve sa vocation principale.

Le parti juge que les règles actuelles empêchent certains producteurs de tirer pleinement parti d’installations dans lesquelles ils ont déjà investi. Son argument sur la superficie occupée par une salle est facile à saisir : accueillir davantage de visiteurs ne nécessite pas forcément de construire un autre bâtiment. Reste à déterminer quels effets une programmation plus importante pourrait avoir sur la circulation, le voisinage et les activités agricoles autour du site.

Pelchat avait ouvert la porte à tous les chefs

La présence d’Éric Duhaime au Domaine ne signifie pas que ses propriétaires appuient le PCQ, ont tenu à préciser Mario Pelchat et Claire Lemaître-Auger après la visite. « Notre invitation n’était pas partisane », ont-ils écrit dans une mise au point. Ils affirment avoir convié les cinq chefs à voir leurs installations, leurs investissements et le fonctionnement de leur entreprise, afin de discuter des règles qui encadrent l’agrotourisme.

Les propriétaires disent avoir consacré beaucoup de temps et d’argent au développement du vignoble, de ses vins et des emplois qui y sont liés. Selon eux, l’accueil des visiteurs peut être essentiel à la viabilité et au rayonnement de certaines entreprises agricoles. Ils assurent ne pas chercher un privilège pour leur domaine et indiquent que leur porte demeure ouverte aux autres chefs de parti.

Pourquoi le Domaine est au cœur du débat

Le différend entre le vignoble et la CPTAQ porte sur plus que le nombre de personnes admises à un spectacle. En 2018, la Commission avait autorisé la construction d’un chai et le service de repas pour des événements sociaux pouvant réunir jusqu’à 100 convives. Selon la CPTAQ, cette autorisation ne permettait pas de présenter des spectacles, et le bâtiment aménagé ne correspondait pas à l’usage qu’elle avait approuvé.

En mars 2024, la Commission a ordonné au Domaine de cesser d’utiliser le bâtiment visé comme salle de spectacle et espace de restauration. Elle a ensuite refusé, en mai 2025, une demande visant à autoriser la présentation d’événements et le service de repas à cet endroit. Le cas de Mario Pelchat soulève ainsi deux questions liées, mais distinctes : quelle place accorder aux spectacles sur une ferme, et que faire lorsqu’un bâtiment n’est pas utilisé conformément à l’autorisation obtenue ?

Des règles assouplies depuis juillet

Québec a déjà apporté des changements aux règles générales de l’agrotourisme. Depuis le 2 juillet 2026, une exploitation agricole peut notamment organiser, sous les conditions prévues au règlement, jusqu’à 20 réceptions par année réunissant au plus 100 personnes chacune, contre 50 auparavant. Les nouvelles règles permettent aussi jusqu’à 60 places pour les repas servis à la ferme et prévoient deux événements annuels pouvant accueillir jusqu’à 200 participants.

Ces seuils ne donnent cependant pas carte blanche à toutes les fermes pour présenter des soupers-spectacles. Les activités admissibles doivent respecter des conditions concernant notamment la mise en valeur des produits agricoles et les installations utilisées. Les décisions rendues dans le dossier du Domaine Pelchat Lemaître-Auger demeurent, elles aussi, à considérer séparément de ces assouplissements généraux.

L’Union des producteurs agricoles soutient pour sa part que l’agrotourisme doit rester complémentaire à la production et servir principalement à mettre en valeur les produits de la ferme. Elle a appuyé la décision de la CPTAQ dans le dossier Pelchat, tout en rappelant que la circulation et la cohabitation avec les exploitations voisines comptent également dans l’aménagement du territoire agricole. Avec sa visite au vignoble, Éric Duhaime propose d’accorder plus de liberté aux producteurs; le débat porte maintenant sur les limites à fixer pour que cette liberté demeure compatible avec la protection des terres agricoles.

Sources :

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