Les vétérinaires réclament des mesures pour rendre les soins plus accessibles

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LAVAL — À l’approche des élections générales, l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) demande aux partis politiques de prendre des engagements concrets pour améliorer la santé et le bien-être des animaux de compagnie. L’organisation souhaite notamment faciliter l’accès aux soins, mieux répartir la main-d’œuvre vétérinaire, encadrer davantage les élevages et lutter contre la surpopulation animale. Elle réclame également une meilleure protection des professionnels exposés à la rage.

Faciliter l’accès aux soins vétérinaires

L’AMVQ propose de reconnaître davantage l’expertise des techniciennes et techniciens en santé animale afin qu’ils puissent accomplir certains actes dans un cadre réglementaire mieux défini. Selon l’association, une utilisation plus complète de leurs compétences permettrait aux cliniques de traiter davantage d’animaux, tout en améliorant la rétention du personnel. Un projet de règlement a été présenté en février 2026, mais l’organisation estime que sa version actuelle comporte encore des failles importantes.

La pénurie de personnel demeure également préoccupante, particulièrement dans les régions éloignées ou insuffisamment desservies. L’AMVQ propose des bourses d’études assorties d’un engagement régional, des primes de relocalisation, des programmes de rétention et des mesures d’immigration destinées au personnel qualifié. Elle souhaite ainsi favoriser l’ouverture de nouveaux établissements vétérinaires à l’extérieur des grands centres.

Une aide pour les soins essentiels

L’association demande au gouvernement d’étudier différentes façons de rendre les soins vétérinaires de première ligne plus abordables pour les ménages à faible revenu. Elle propose notamment de réinvestir les revenus provenant de la taxe sur les services vétérinaires dans des programmes d’aide à la vaccination et à la stérilisation. L’abolition de cette taxe pour certains soins essentiels pourrait également être envisagée.

Selon l’AMVQ, le coût des soins peut pousser certaines familles à reporter un traitement ou même à abandonner leur animal. Une aide financière ciblée permettrait de prévenir certaines maladies, de diminuer la détresse vécue par les propriétaires et de réduire la pression exercée sur les refuges. L’association rappelle que la santé animale peut aussi avoir des conséquences sur la santé publique.

Une stratégie contre la surpopulation

La surpopulation d’animaux domestiques errants ou abandonnés, particulièrement chez les chats, nécessite une réponse coordonnée à l’échelle du Québec, estime l’AMVQ. Elle demande au prochain gouvernement d’adopter une stratégie provinciale accompagnée d’un financement récurrent. Les municipalités et les organismes chargés de la gestion animalière devraient notamment recevoir davantage de soutien pour leurs programmes de stérilisation.

L’organisation souhaite aussi resserrer les règles entourant la reproduction et la vente d’animaux domestiques ou exotiques. Elle recommande d’imposer un permis à toute personne faisant reproduire un animal dans le but de vendre sa progéniture, ainsi qu’un examen vétérinaire des reproducteurs avant chaque accouplement. La limite du nombre d’animaux fertiles autorisés dans un même élevage devrait également être considérablement réduite.

Mieux encadrer les élevages

Certains élevages peuvent actuellement compter plus de 50 animaux fertiles, une situation jugée incompatible par l’AMVQ avec des soins, une socialisation et un suivi adéquats. Des reproducteurs mal sélectionnés peuvent également transmettre des prédispositions à certaines maladies ou à des problèmes de comportement. Ces conséquences se répercutent ensuite sur les familles adoptantes, les cliniques vétérinaires et les services municipaux.

L’association soutient qu’un encadrement plus strict protégerait à la fois les animaux et le public. Des chiots ou des chatons insuffisamment socialisés peuvent développer des comportements difficiles, tandis que l’absence de suivi médical des reproducteurs augmente le risque de problèmes héréditaires. Une réglementation uniforme permettrait aussi de réduire le nombre de naissances non désirées.

Des équipes exposées à la rage

En raison de la présence préoccupante de la rage du raton laveur dans certaines régions du Québec, l’AMVQ réclame la vaccination préexposition gratuite pour les médecins vétérinaires et les membres de leurs équipes. Elle souhaite également simplifier l’accès aux tests permettant de mesurer les anticorps contre la rage. Ces professionnels peuvent être directement exposés lorsqu’un animal potentiellement infecté est amené dans une clinique.

« Les professionnels vétérinaires sont au front lorsqu’un animal potentiellement exposé à la rage est présenté dans une clinique. Ils doivent pouvoir compter sur des mesures de protection adaptées à leur réalité », souligne la présidente de l’AMVQ, Dre Valérie Bissonnette.

Des réponses attendues des partis

L’AMVQ invite maintenant les formations politiques à préciser les mesures qu’elles seraient prêtes à mettre en place au cours du prochain mandat. L’association insiste pour que les engagements pris soient financés, durables et applicables sur le terrain. Elle se dit également disposée à collaborer avec le prochain gouvernement afin d’élaborer des solutions adaptées aux animaux, à leurs propriétaires et aux professionnels qui les soignent.

Sources :

  • Association des médecins vétérinaires du Québec, « Animaux de compagnie : les médecins vétérinaires demandent des engagements concrets au prochain gouvernement », 21 septembre 2026.
  • Gouvernement du Québec, projet de règlement sur les actes pouvant être posés par des personnes autres que des médecins vétérinaires, publié le 4 février 2026.

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