Logement, santé, territoire : les priorités des Premières Nations passent sous le radar des partis politiques

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WENDAKE — Les chefs des partis ont débattu de l’avenir du Québec, mais quelle place ont-ils accordée aux Premières Nations dans cet avenir ? Bien peu, estime l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL). Dans un communiqué publié jeudi, l’organisme déplore la place « quasi inexistante » réservée à leurs enjeux dans les débats et, plus largement, dans la campagne électorale provinciale.

Des engagements peu visibles dans la campagne

Selon l’APNQL, les chefs des partis ont exprimé des engagements lorsqu’ils se sont présentés devant son assemblée. L’organisme constate toutefois que ces engagements peinent à se traduire dans leurs interventions publiques depuis. Il leur demande donc de porter ces questions devant l’ensemble des électeurs, et pas seulement lorsqu’ils s’adressent directement aux représentants des Premières Nations.

La liste des sujets soulevés est longue : éducation, santé et services sociaux, logement, infrastructures, itinérance et sécurité publique. L’APNQL ajoute la protection des langues et des cultures, le développement économique, la protection du territoire et l’autodétermination. Ce sont des questions qui concernent directement les communautés, mais qui croisent aussi les grands choix dont les partis parlent déjà pendant la campagne : comment offrir des services, où investir les fonds publics et qui participe aux décisions sur le territoire.

Quelle place dans les décisions à venir ?

L’absence de ces sujets dans les débats soulève une question qui dépasse le temps d’antenne accordé à chaque thème. Les partis peuvent prendre des engagements auprès des chefs des Premières Nations; encore faut-il expliquer publiquement ce qu’ils comptent faire et comment ils travailleront avec les communautés concernées. L’APNQL souhaite que cette place se voie pendant la campagne, puis dans les décisions du prochain gouvernement.

« Les Premières Nations ne peuvent pas être reléguées à la marge lorsqu’il est question de l’avenir collectif », affirme le chef de l’APNQL, Francis Verreault-Paul. Il appelle à construire avec elles un projet de société qui produira des bénéfices durables pour tous. Pour l’organisme, la coexistence doit se traduire par une présence concrète de ses priorités dans la discussion politique.

Un appel lancé aussi aux médias

L’APNQL invite les formations politiques et les médias à faire une place significative aux enjeux des Premières Nations d’ici la fin de la campagne. L’organisme, qui regroupe les 43 chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador, ne demande pas seulement qu’on parle d’elles : il veut que leurs priorités comptent dans la façon dont on envisage l’avenir du Québec. Les prochains jours permettront de voir si les partis donneront suite à cet appel.

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