QUÉBEC — Éric Duhaime souhaite que les électeurs donnent au Parti conservateur du Québec (PCQ) la balance du pouvoir afin d’empêcher le Parti québécois de former un gouvernement majoritaire. En présentant son bilan de campagne le 2 octobre, le chef conservateur a placé son opposition à un troisième référendum au centre de son message. Il a également défendu ses propositions sur le pouvoir d’achat, les dépenses publiques et l’accès aux soins.
Devant deux portes de garage identifiées aux camps du « Oui » et du « Non », dans une mise en scène inspirée de la campagne référendaire de 1995, Éric Duhaime a affirmé que son parti pouvait empêcher le retour d’un affrontement sur la souveraineté. Selon lui, les priorités des Québécois se trouvent plutôt du côté du logement, des soins de santé et du budget des familles. « Les Québécois n’ont pas besoin d’un troisième référendum. Ils ont besoin de changement », a-t-il déclaré.
Un appel aux électeurs déçus de la CAQ
Le chef conservateur s’est directement adressé aux électeurs qui avaient choisi la Coalition avenir Québec et qui sont maintenant déçus de son bilan. Il leur a rappelé les objectifs d’autonomie du Québec au sein du Canada, de gestion plus rigoureuse des finances publiques et de recours au privé pour améliorer l’accès aux soins. Éric Duhaime soutient que le PCQ représente désormais cette avenue politique.
Son appel au vote stratégique vise à empêcher une majorité péquiste et à donner aux conservateurs un rôle déterminant à l’Assemblée nationale. Le chef affirme que son équipe pourrait ainsi faire obstacle au lancement d’un processus référendaire. La présentation du PCQ comme seul parti capable d’empêcher ce scénario constitue toutefois un argument électoral avancé par la formation.
Une opposition au référendum, une position personnelle moins explicite
La position d’Éric Duhaime mérite cependant une nuance : son opposition à la tenue d’un référendum ne constitue pas, à elle seule, une réponse sur le choix qu’il ferait si une consultation avait lieu. Lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, le 25 février 2026, il a confirmé avoir voté Oui en 1995, tout en affirmant qu’il ne voterait pas Oui à un nouveau référendum. Pressé de préciser s’il rejoindrait le camp du Non, il a plutôt réitéré son refus de participer à l’un ou l’autre des deux camps et sa volonté d’empêcher la consultation. Assemblée nationale du Québec
L’ambiguïté porte donc davantage sur son rôle et son choix personnel dans une éventuelle campagne référendaire que sur son engagement à empêcher sa tenue. Le chef conservateur défend une approche autonomiste, visant à accroître les pouvoirs du Québec à l’intérieur du Canada. Dans son communiqué du 2 octobre, il renouvelle cette orientation sans préciser comment il voterait si un référendum était malgré tout déclenché.
Les baisses d’impôts et de taxes au cœur du bilan
Sur le plan économique, Éric Duhaime a de nouveau mis de l’avant un ensemble de mesures que son parti présente comme représentant plus de 11 000 $ en baisses d’impôts et de taxes. Il cite notamment une réduction de l’impôt des particuliers, l’abolition de ce qu’il appelle la taxe carbone, la suspension de la taxe sur l’essence et l’abolition de la TVQ sur les biens usagés. Le communiqué ne précise cependant ni la période de calcul de cette somme ni le profil du ménage auquel elle correspond.
Le chef conservateur a aussi rappelé son annonce de 47 milliards de dollars de réductions dans les dépenses gouvernementales, qu’il décrit comme un ménage dans les finances publiques. Il estime que cette proposition a obligé ses adversaires à ajuster leurs engagements pendant la campagne. Le communiqué ne détaille pas les postes budgétaires concernés ni l’échéancier de ces réductions.
Duhaime revendique une influence sur ses adversaires
Éric Duhaime affirme que plusieurs propositions conservatrices ont été reprises par d’autres formations politiques. Il mentionne la réduction du nombre de fonctionnaires, la baisse des impôts des entreprises et certaines diminutions de taxes sur l’essence et les biens usagés. À ses yeux, ces ressemblances témoignent de l’influence exercée par le PCQ pendant la campagne, bien que le communiqué ne présente pas de comparaison détaillée des engagements des partis.
Le chef termine son bilan en demandant aux électeurs de lui donner les moyens de peser sur les décisions du prochain gouvernement. Il souhaite faire de son équipe le « chien de garde des contribuables québécois ». Son message réunit ainsi deux arguments : empêcher une relance du débat référendaire et obtenir des changements dans la gestion de l’État.


