Guerre commerciale : les municipalités voient les premiers signes de ralentissement

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LONDON, ONTARIO — Avant qu’un ralentissement apparaisse dans les grandes statistiques économiques, il peut se manifester dans une municipalité par un investissement remis à plus tard, un chantier qui coûte davantage ou une entreprise qui hésite à prendre de l’expansion. C’est ce que met en lumière un rapport publié jeudi par la Fédération canadienne des municipalités (FCM), en collaboration avec la Ville de London et le Lawrence National Centre for Policy and Management de l’Ivey Business School. La recherche porte sur les premières réactions des collectivités aux perturbations commerciales avec les États-Unis.

Des coûts qui montent, des décisions qui attendent

Selon les municipalités consultées, les pressions les plus graves concernent la hausse des coûts et les difficultés d’approvisionnement. Des reports ou des annulations d’investissements ont également été signalés. Pour une ville, ces changements peuvent compliquer la réalisation d’un projet d’infrastructure; pour une entreprise locale, ils peuvent rendre plus risquée une décision d’embauche ou d’expansion.

La taille d’une ville ne suffit pas à expliquer son exposition à la guerre commerciale, souligne la FCM. Ce qui compte surtout, c’est la composition de son économie : une collectivité liée à la construction automobile, à la sidérurgie ou au pétrole et au gaz peut subir des pressions différentes de celles d’une ville où ces secteurs sont peu présents. Le rapport ne permet toutefois pas d’établir quels effets précis se font sentir à Sherbrooke ou ailleurs en Estrie.

Des villes qui tentent de s’adapter

Parmi les municipalités participantes, 80 % disent avoir pris des mesures pour atténuer les pressions liées au commerce. Certaines ont créé des équipes chargées de suivre les droits de douane; d’autres ont adopté des politiques d’achat canadien, intensifié leurs contacts avec les entreprises locales ou accru leurs efforts pour attirer des investissements. Toutes les collectivités ayant déclaré les perturbations les plus importantes affirment avoir réagi.

La recherche repose sur les réponses recueillies en mai auprès de 31 municipalités réparties dans neuf provinces. Elle donne donc un aperçu de leurs expériences et de leurs premières réactions, sans constituer un portrait statistique de l’ensemble des villes canadiennes. La FCM soutient néanmoins que ces observations locales peuvent aider les autres gouvernements à repérer plus tôt les difficultés vécues par les entreprises et les collectivités.

Une place à la table pour les municipalités

Le rapport recommande au gouvernement fédéral d’intégrer davantage les données municipales à sa réponse aux perturbations commerciales et de mieux transmettre l’information aux collectivités. Il propose aussi de réduire certains obstacles au commerce entre les provinces. Pour la FCM, les investissements dans les infrastructures locales doivent faire partie de cette réponse, puisque les routes et les autres équipements municipaux soutiennent concrètement l’activité des entreprises.

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