MONTRÉAL — Québec solidaire promet de construire ou de convertir 50 000 logements sociaux, communautaires et non spéculatifs au cours d’un premier mandat. Le parti de Ruba Ghazal soutient qu’une intervention publique massive est nécessaire pour réduire la pression exercée sur les locataires et ramener davantage de logements à un prix abordable.
Un plan en deux volets
La moitié de ces unités, soit 25 000 logements, serait construite au cours des quatre années du mandat. Les 25 000 autres seraient des logements existants acquis ou convertis afin de les retirer du marché spéculatif et de les intégrer au parc social ou communautaire.
Le parti souhaite ainsi se rapprocher d’une cible à plus long terme : faire passer la proportion de logements sociaux et communautaires à 20 % du parc locatif québécois d’ici 2050. À titre de comparaison, le parc québécois de HLM comptait 74 022 logements répartis dans 7 740 immeubles en 2024-2025, sans compter les autres formes de logements communautaires.
Jusqu’à 400 M$ pour réduire les loyers
Québec solidaire réserverait également jusqu’à 400 millions de dollars par année au Programme de supplément au loyer. Cette aide permettrait aux ménages admissibles de consacrer environ 25 % de leur revenu au paiement de leur logement, le programme couvrant la différence avec le loyer convenu.
Ce mécanisme existe déjà au Québec et peut s’appliquer à des logements privés, à des coopératives ou à des immeubles appartenant à des organismes sans but lucratif. Le parti estime qu’un soutien moyen de 600 $ par mois serait nécessaire pour les ménages qui bénéficieraient de sa mesure.
Un plafond de 3 % pour les hausses
Le plan prévoit aussi de resserrer le contrôle des loyers devant le Tribunal administratif du logement. Pendant une première année, les augmentations seraient limitées au taux d’inflation, avant l’instauration d’une nouvelle formule qui suivrait l’inflation tout en imposant un plafond annuel de 3 %.
Québec solidaire présente cette mesure comme une façon de protéger les locataires contre les hausses jugées abusives. Les modalités précises de la réforme, notamment les dépenses qui pourraient continuer d’être transférées aux locataires après des rénovations ou une hausse des taxes, n’ont toutefois pas été détaillées dans l’annonce.
Une promesse d’envergure
Selon Ruba Ghazal, la construction privée ne suffira pas à elle seule à mettre fin à la crise. « Ça prend de l’ambition et des investissements importants pour s’en sortir pour de bon », a déclaré la porte-parole de Québec solidaire, reprochant aux gouvernements précédents de s’être trop longtemps fiés aux seules règles du marché.
La proposition représenterait une augmentation importante du nombre de logements soustraits à la logique spéculative. Sa réalisation dépendrait toutefois de la disponibilité des terrains, de la capacité du secteur de la construction et de la possibilité d’acquérir rapidement 25 000 logements déjà existants.

