SHERBROOKE — Une capture d’écran montrant le lac Ontario rebaptisé « Lake America » sur Google Maps a provoqué plusieurs centaines de réactions au cours des derniers jours dans la communauté Reddit r/Quebec. Derrière l’impression que Google avait simplement remplacé le nom du lac partout dans le monde se cache toutefois une réalité plus nuancée : l’affichage varie selon le pays où se trouve l’utilisateur.
Google confirme le changement aux États-Unis
Google a confirmé le 29 août que les utilisateurs situés aux États-Unis verraient dorénavant le nom « Lake America » sur Maps. L’entreprise explique suivre les appellations contenues dans les bases de données géographiques officielles des différents pays, notamment le Geographic Names Information System, ou GNIS, aux États-Unis. Les Canadiens, eux, continueront de voir « Lake Ontario », tandis que les utilisateurs situés ailleurs dans le monde pourront voir les deux appellations.
Cette modification fait suite à un décret signé par Donald Trump le 27 août. L’Executive Order 14422 ordonne aux organismes fédéraux américains de remplacer le nom Lake Ontario par « Lake America » dans leurs documents et bases de données. La Maison-Blanche justifie notamment cette décision par l’importance historique, économique et stratégique du lac pour les États-Unis.
Le lac Ontario demeure le lac Ontario au Canada
La décision américaine ne change cependant pas le nom officiel du lac au Canada. La Base de données toponymiques du Canada continue d’identifier « Lac Ontario » et « Lake Ontario » comme les appellations officielles du plan d’eau. Autrement dit, Washington peut déterminer le nom employé par ses propres institutions fédérales, mais cette décision ne renomme pas automatiquement le lac du côté canadien.
C’est également ce qui explique le fonctionnement particulier de Google Maps. L’entreprise applique depuis longtemps des appellations différentes lorsqu’un lieu, une frontière ou un plan d’eau fait l’objet de désaccords entre pays. Dans le cas présent, Google ne présente donc pas « Lake America » comme la nouvelle appellation universelle du lac Ontario.
Une publication qui enflamme r/Quebec
Sur r/Quebec, une publication intitulée « Comme prévu, Google s’est plié aux caprices de Donald » a rapidement attiré près d’un millier de votes et des centaines de commentaires. Plusieurs internautes ont commencé à comparer ce qu’ils voyaient sur leurs propres téléphones depuis le Québec, l’Ontario, la France, l’Irlande, l’Angleterre, la Suisse ou encore l’Australie.
Certains voyaient toujours uniquement « Lac Ontario », alors que d’autres apercevaient « Lake America » entre parenthèses. Un détail a finalement permis d’expliquer une bonne partie de la confusion : l’auteur de la publication a indiqué utiliser un VPN situé en Californie. Google le considérait donc comme un utilisateur américain et lui présentait la version destinée aux États-Unis.
Entre indignation et explications techniques
Les réactions ont oscillé entre moqueries envers Donald Trump, critiques de Google et appels à abandonner certains services américains. D’autres participants ont plutôt défendu la décision technique de Google, rappelant que l’entreprise adapte déjà ses cartes aux appellations et aux frontières reconnues localement par les différents gouvernements.
Un utilisateur a notamment partagé directement l’explication publiée par Google, ce qui a contribué à clarifier le débat. Malgré le nouveau nom imposé dans les bases de données fédérales américaines, un Québécois ouvrant actuellement Google Maps au Canada devrait donc toujours voir un nom bien familier : le lac Ontario.
Sources :
- Google Canada — « Comment le changement de nom “Lac Ontario” en “Lac Amérique” par le GNIS aux États-Unis apparaîtra dans Maps », 29 août 2026.
- Maison-Blanche — Executive Order 14422, « Honoring the American History of the Great Lakes and Renaming Lake Ontario as Lake America », 27 août 2026.
- Ressources naturelles Canada — Base de données toponymiques du Canada, « Lac Ontario / Lake Ontario ».
- Reddit — Discussion de la communauté r/Quebec, « Comme prévu, Google s’est plié aux caprices de Donald ».

