Populations animales en recul : le WWF appelle à accélérer la protection de la nature

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TORONTO — La taille des populations d’animaux sauvages suivies dans le monde a diminué de 73 % en moyenne depuis 1970, selon le Rapport Planète vivante 2026 du Fonds mondial pour la nature (WWF). Le Canada participe lui aussi à cette tendance, malgré ses vastes forêts, ses nombreux lacs et ses grands espaces. L’organisme demande aux gouvernements d’accorder au rétablissement de la nature la même urgence qu’à l’accélération des projets de développement.

Ce que signifie une baisse de 73 %

Ce chiffre mérite toutefois une précision. Il ne signifie pas que 73 % des animaux de la planète ont disparu, ni que cette proportion des espèces s’est éteinte. Il mesure plutôt la diminution proportionnelle moyenne de la taille des populations surveillées depuis l’année de référence, soit 1970.

L’indice produit par la Société zoologique de Londres repose sur 35 803 tendances de populations appartenant à 5 790 espèces de vertébrés. Il comprend donc des mammifères, des oiseaux, des poissons, des reptiles et des amphibiens observés dans différents endroits du monde. Ces données permettent de suivre l’évolution des populations étudiées, sans constituer un recensement de tous les animaux de la planète.

Les déclins les plus importants concernent les populations des écosystèmes d’eau douce, avec une diminution moyenne de 85 %. Les populations terrestres affichent une baisse de 69 %, contre 59 % pour celles des milieux marins. Les résultats montrent ainsi que les pressions sur la faune touchent aussi bien les rivières et les lacs que les terres et les océans.

Le Canada n’échappe pas au déclin

Au pays, le Rapport Planète vivante Canada 2025 avait déjà dressé un portrait préoccupant. Sur les 910 espèces de vertébrés étudiées, 475, soit 52 %, connaissaient une diminution de leur abondance. Tous les groupes examinés présentaient une tendance moyenne à la baisse, qu’il s’agisse des oiseaux, des poissons, des mammifères ou des reptiles et amphibiens.

Les données canadiennes, qui couvrent la période de 1970 à 2022, indiquent une diminution moyenne de 10 % de la taille des populations suivies. Les déclins les plus prononcés se trouvent dans les prairies, avec une baisse de 62 %, puis dans les milieux rocheux, à 31 %, et les paysages dominés par les activités humaines, à 17 %. Ces écarts rappellent que la situation varie considérablement selon les habitats.

Le WWF souligne également que certaines transformations importantes de la nature avaient déjà eu lieu avant 1970, notamment au Canada. L’indice ne mesure donc pas toute la perte survenue au fil de l’histoire. Par ailleurs, les éditions successives du rapport ne sont pas directement comparables, puisque de nouvelles populations sont ajoutées et que la période étudiée s’allonge.

La disparition des habitats au premier rang

Selon le WWF, la perte et la dégradation des habitats représentent les menaces les plus fréquemment signalées pour les populations surveillées. Viennent ensuite la surexploitation, les changements climatiques, la pollution, les espèces envahissantes et les maladies. Plusieurs de ces pressions peuvent toucher une même population et compliquer son rétablissement.

Pour James Snider, vice-président, Science, savoir et innovation au WWF-Canada, les grands espaces du pays ne suffisent pas à protéger les espèces. Dans le communiqué accompagnant le rapport, il insiste sur la nécessité de renforcer les protections et d’investir dans la restauration des habitats. L’organisme estime que la santé de ces milieux concerne aussi les collectivités et l’économie, qui dépendent elles-mêmes de la nature.

Le WWF s’inquiète également de la volonté des gouvernements d’accélérer certains projets d’infrastructure et de développement. Selon l’organisme, des exemptions aux protections environnementales pourraient accentuer la pression sur les habitats et les espèces vulnérables. Il réclame donc une accélération des efforts de conservation en parallèle des projets économiques.

Des rétablissements montrent que l’action fonctionne

Le rapport ne présente toutefois pas uniquement des reculs. Environ la moitié des populations incluses dans l’indice mondial sont stables ou en croissance : 7 % sont stables et 43 % augmentent. La tendance générale demeure négative parce que l’ampleur des diminutions dépasse celle des augmentations.

Le WWF cite notamment une hausse de 70 % des populations de tigres entre 2010 et 2025. Il rappelle aussi que la tortue verte est passée, en 2025, de la catégorie « en voie de disparition » à celle de « préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Ces exemples montrent que des efforts de conservation soutenus peuvent produire des résultats.

Ces réussites reposent, selon l’organisme, sur des années de collaboration entre les gouvernements, les peuples autochtones, les communautés locales et les organismes de conservation. Le défi consiste maintenant à étendre ces efforts à davantage d’espèces et d’habitats. À moins de quatre ans de l’échéance de 2030 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, le WWF demande des décisions capables de freiner le déclin et de favoriser le rétablissement de la nature.

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