Gabriel Pallotta veut faire de l’itinérance une priorité à Sherbrooke

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SHERBROOKE — Le candidat du Parti Québécois dans Sherbrooke, Gabriel Pallotta, entend faire de la lutte contre l’itinérance l’un de ses principaux dossiers s’il est élu le 5 octobre prochain. Celui qui possède plus de vingt ans d’expérience dans le milieu communautaire profite de la campagne électorale pour remettre de l’avant le plan de son parti, qui promet d’investir un milliard de dollars sur quatre ans afin de réduire de moitié l’itinérance au Québec d’ici 2030.

L’enjeu est particulièrement présent à Sherbrooke et dans le reste de l’Estrie, où les organismes communautaires et les services publics doivent composer depuis plusieurs années avec des besoins grandissants en matière de logement, de santé mentale, de dépendance et de services de proximité. Le plus récent portrait public de Santé Québec Estrie–CHUS faisait état d’au moins 664 personnes en situation d’itinérance visible dans la région lors du dénombrement de 2022, une hausse de 51 % comparativement à 2018.

Un milliard de dollars sur quatre ans

Le plan présenté par le Parti Québécois prévoit 400 millions de dollars consacrés au logement adapté et 600 millions aux programmes sociaux, à la prévention et aux différentes formes d’accompagnement. Le parti promet notamment la construction de 2 000 logements réservés aux personnes en situation d’itinérance, lesquels feraient partie de sa cible plus large de 20 000 nouveaux logements sociaux.

Ces logements seraient accompagnés de services spécialisés, notamment en santé mentale, afin de permettre aux personnes concernées de conserver leur logement à plus long terme. Le PQ affirme vouloir s’inspirer de l’approche « Logement d’abord », qui consiste à stabiliser rapidement la situation résidentielle d’une personne avant de s’attaquer aux autres difficultés auxquelles elle peut être confrontée.

Le parti promet également l’embauche de 100 travailleurs sociaux supplémentaires pour renforcer les équipes mixtes d’intervention. Des sommes additionnelles seraient destinées aux organismes communautaires, aux services en santé mentale, à la prévention et au traitement des dépendances ainsi qu’aux interventions visant particulièrement les femmes en situation d’itinérance.

Une enveloppe distincte de 400 millions de dollars sur quatre ans a également été promise par le Parti Québécois pour l’aide et la sécurité alimentaire. Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a indiqué vouloir faire de l’itinérance la principale priorité sociale de la première année d’un éventuel gouvernement du PQ.

Une longue expérience dans le milieu communautaire

Pour Gabriel Pallotta, ce dossier dépasse toutefois la plateforme nationale de son parti. Le candidat rappelle avoir travaillé pendant près de six ans à la coordination de la Table itinérance de Sherbrooke et avoir occupé pendant quatre ans la présidence du Réseau Solidarité Itinérance du Québec.

« Le PQ est le seul parti qui fait de la lutte à l’itinérance sa grande priorité sociale dès la première année de mandat. Pour ma part, je compte mettre à contribution mon expérience du terrain, de la concertation et de l’analyse de projets », affirme le candidat.

Gabriel Pallotta dit notamment avoir participé à plusieurs comités régionaux chargés d’analyser et de sélectionner des projets liés à l’itinérance à Sherbrooke et ailleurs en Estrie. Selon son équipe, les différents financements étudiés dans ces instances représentaient au total plus de 10 millions de dollars.

De la Nuit des sans-abri au Forum itinérance

Durant son passage à la Table itinérance de Sherbrooke, Gabriel Pallotta affirme avoir participé à l’incorporation légale de l’organisation ainsi qu’à la création du comité Femmes itinérance. Il a également coordonné les cinq dernières éditions annuelles de la Nuit des sans-abri de Sherbrooke.

Le candidat a aussi participé au comité de pilotage du Forum itinérance 2026 ainsi qu’aux travaux ayant entouré la création de la Table de développement social de Sherbrooke. Son parcours comprend également la rédaction ou l’analyse de plusieurs mémoires présentés dans le cadre de consultations municipales, provinciales et fédérales portant notamment sur l’itinérance, le logement et l’urbanisme.

Pallotta insiste toutefois sur le caractère collectif de ces réalisations. « Elles reposent sur le travail des organismes, des intervenantes et intervenants et des partenaires du milieu. Mon intention est de poursuivre cette collaboration, en respectant l’expertise et l’autonomie des organisations ainsi que la place des personnes directement concernées », précise-t-il.

Une réalité qui demeure bien présente à Sherbrooke

Les services destinés aux personnes en situation d’itinérance sont aujourd’hui répartis entre plusieurs organisations à Sherbrooke. Santé Québec Estrie–CHUS dispose notamment de l’équipe de proximité ACCÈS, qui intervient auprès des personnes sans domicile ou à risque de le devenir dans des domaines aussi variés que la santé physique, la santé mentale, les dépendances, l’accès au logement et l’aide sociale.

Une équipe de cohabitation sociale et itinérance réunit également un policier du Service de police de Sherbrooke et un intervenant de l’équipe ACCÈS. Son rôle consiste notamment à accompagner les personnes en situation d’itinérance vers les ressources correspondant à leurs besoins.

Les données régionales montrent par ailleurs les limites d’un simple dénombrement ponctuel. Santé Québec Estrie–CHUS rappelle que les chiffres obtenus lors d’une seule nuit ne permettent pas de mesurer toute l’itinérance cachée, notamment les personnes hébergées temporairement chez des proches ou celles dont la situation résidentielle change constamment.

Faire le lien avec Québec

S’il devient député, Gabriel Pallotta souhaite notamment agir comme intermédiaire entre les organismes sherbrookois et les différents ministères. Il dit vouloir documenter les obstacles rencontrés sur le terrain, particulièrement en matière d’accès au logement et aux services sociaux, puis assurer un suivi des engagements pris par un éventuel gouvernement péquiste.

« Mon implication dans ce dossier est déjà commencée pour qu’on soit prêt dès le jour 1. Je souhaite la poursuivre en portant les besoins du terrain à l’Assemblée nationale, en suivant les réponses apportées et en travaillant avec les personnes et les organisations concernées », conclut-il.

Le Parti Québécois promet pour sa part que le dossier serait suivi directement par le premier ministre dans l’éventualité où il formerait le prochain gouvernement. Des cibles annuelles et des bilans d’étape seraient également publiés, alors que le parti souhaite réunir autour d’une même table les municipalités, les organismes communautaires, les entreprises et les acteurs de l’économie sociale.

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