TORONTO — Plus de la moitié des propriétaires d’entreprise au Canada ne se reconnaissent plus dans la définition traditionnelle de l’entrepreneur, selon une étude réalisée par PwC Canada pour le compte de la Banque Tangerine. Pourtant, ces personnes développent des activités commerciales, génèrent des revenus et participent à l’économie de leur communauté. Le rapport laisse entendre que les programmes d’accompagnement et les services financiers n’ont pas nécessairement évolué au même rythme que l’entrepreneuriat.
Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 552 entrepreneurs canadiens entre le 2 et le 14 juillet 2026. Il regroupait notamment des propriétaires d’entreprise, des travailleurs autonomes, des pigistes, des entrepreneurs indépendants et des personnes tirant des revenus d’une activité parallèle. Les entreprises étudiées étaient actives dans différents secteurs et se trouvaient à des étapes variées de leur développement.
Une nouvelle génération d’entrepreneurs
Selon l’étude, 52 % des répondants estiment que l’image traditionnelle de l’entrepreneur ne correspond plus à leur réalité. Plusieurs travaillent seuls, utilisent des plateformes numériques ou cumulent différentes sources de revenus sans nécessairement diriger une entreprise possédant des bureaux et des employés. Seulement la moitié des personnes sondées considèrent d’ailleurs que leur institution financière les traite comme des clients d’affaires plutôt que comme de simples particuliers.
Cette transformation se reflète aussi dans les données sur les entreprises canadiennes présentées dans le rapport. Depuis 2020, le nombre d’entreprises sans employé aurait augmenté de 24 %, comparativement à seulement 4 % pour celles qui comptent des employés. Cette progression montre que la croissance de l’entrepreneuriat repose de plus en plus sur de petites structures et sur le travail autonome.
La réussite ne se mesure plus seulement en revenus
Le rapport révèle également que 93 % des répondants sont fiers de l’entreprise qu’ils ont bâtie. Malgré cela, moins de la moitié, soit 45 %, s’attendent à connaître une croissance au cours des prochaines années. Seulement 22 % considèrent la sécurité financière à long terme comme l’une de leurs principales motivations.
Pour plusieurs, la réussite se mesure donc davantage par la liberté, la flexibilité et l’épanouissement personnel que par le nombre d’employés ou l’augmentation du chiffre d’affaires. Par ailleurs, 73 % disent être fiers de la contribution de leur entreprise à l’économie canadienne, alors que 75 % estiment avoir une influence positive dans leur milieu. Ces résultats suggèrent que les petites activités entrepreneuriales peuvent jouer un rôle local important, même lorsqu’elles demeurent modestes.
Un besoin d’accompagnement plus humain
Les entrepreneurs interrogés accordent aussi beaucoup d’importance aux conseils provenant de personnes ayant elles-mêmes créé une entreprise. Ils sont 87 % à valoriser ce type d’accompagnement. Au-delà du financement, plusieurs recherchent donc un réseau de confiance et des conseils adaptés à une réalité qui ne correspond pas toujours aux modèles d’affaires traditionnels.
L’étude a toutefois été commandée par la Banque Tangerine, qui prévoit lancer prochainement une nouvelle offre de services bancaires destinée aux entreprises. Ses résultats doivent donc être replacés dans ce contexte commercial. Le rapport permet néanmoins de mettre en lumière une catégorie grandissante de travailleurs qui contribuent à l’économie sans nécessairement se considérer comme des entrepreneurs.
Sources :
- Banque Tangerine — Une nouvelle recherche révèle qu’une source importante de croissance économique au Canada pourrait être négligée
- Modern Entrepreneur Report, Banque Tangerine et PwC Canada, septembre 2026
- Statistique Canada, données sur les entreprises canadiennes citées dans le rapport

