ENTREVUE | Fadéla Hamou, de citoyenne engagée à candidate de la CAQ dans Sherbrooke

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SHERBROOKE. Le Journal de Sherbrooke s’est entretenu avec Fadéla Hamou, candidate de la Coalition Avenir Québec dans la circonscription de Sherbrooke, lors d’une rencontre au Siboire Jacques-Cartier. À quelques semaines du scrutin du 5 octobre, nous avons discuté avec elle de son parcours, de son choix de se lancer en politique, du bilan de la CAQ, mais aussi des enjeux du logement, de l’itinérance, du coût de la vie et des lois 21 et 96.

Alors que les électeurs seront appelés aux urnes pour renouveler l’Assemblée nationale, qui comptera désormais 127 députés, Mme Hamou souhaite faire sa place dans une circonscription où la lutte s’annonce disputée. Selon les projections de QC125, les autres formations politiques ne sont toutefois pas en reste dans Sherbrooke.

De l’implication communautaire à la politique provinciale

En entrevue avec le Journal de Sherbrooke, Fadéla Hamou explique que son passage vers la politique provinciale s’inscrit dans la continuité de son implication à Sherbrooke.

« Ça faisait quelques années que je m’étais impliquée auprès de la communauté de Sherbrooke. J’ai été sur plusieurs conseils d’administration, donc j’ai travaillé quand même pas mal sur le terrain », nous explique-t-elle.

Après plusieurs années d’implication, elle dit avoir vu l’Assemblée nationale comme une prochaine étape.

Son choix de porter les couleurs de la CAQ est notamment lié à Christine Fréchette. Elle affirme avoir été convaincue par son leadership lorsqu’elle est devenue cheffe du parti.

La candidate avait toutefois rencontré Mme Fréchette bien avant la course à la chefferie. Leur première rencontre remonte à l’automne 2023, alors que cette dernière était ministre de l’Immigration.

« Quand j’ai assisté à sa conférence, ça m’avait beaucoup touchée », raconte Fadéla Hamou. Elle dit avoir ensuite suivi son parcours politique « de loin », avant de suivre avec attention la course à la chefferie de 2026.

Coût de la vie, logement et itinérance

Lorsque nous lui demandons quels dossiers elle souhaite porter à l’Assemblée nationale si elle est élue, trois enjeux ressortent particulièrement de ses rencontres sur le terrain : le coût de la vie, le logement et l’itinérance.

Depuis l’annonce de sa candidature, le 28 juin dernier, elle affirme avoir rencontré des citoyens, des entrepreneurs, des entreprises et plusieurs organismes du milieu communautaire.

« Le coût de la vie, le logement, la situation au niveau de l’itinérance », énumère-t-elle parmi les préoccupations qui lui sont rapportées.

Sur le logement et l’itinérance, la candidate souligne notamment l’existence de projets pilotes déjà mis en place et estime que certaines initiatives pourraient éventuellement être étendues à davantage de régions du Québec.

Que répond-elle au bilan de la CAQ?

Nous avons également interrogé Fadéla Hamou sur un sujet plus délicat : le bilan du gouvernement caquiste et les critiques auxquelles le parti a été confronté au cours des dernières années.

La candidate ne souhaite pas défendre une à une les décisions prises par le gouvernement sortant.

« Moi, je suis une nouvelle candidate, donc je ne voudrais pas commencer à défendre chaque décision qui a été prise dans le passé », répond-elle.

Elle préfère regarder vers l’avenir et insiste sur sa confiance envers Christine Fréchette.

« Je vois qu’elle est en train de rassembler des personnes d’expérience. Elle est en train de faire venir une équipe de différents horizons. C’est là-dessus que je mets mon focus. C’est vraiment pour la suite. »

Lois 21 et 96 : Hamou demeure prudente

Nous lui avons également demandé sa position sur les lois 21 et 96, notamment dans l’éventualité de contestations judiciaires.

Sur ces questions, Fadéla Hamou se montre plus prudente. Elle affirme néanmoins que ces lois visent, selon elle, à protéger et à promouvoir la culture québécoise ainsi que la langue française.

« On veut vraiment s’assurer qu’on maintienne notre statut et qu’au Québec, on parle français », explique-t-elle.

La candidate préfère cependant attendre le déclenchement de la campagne provinciale avant d’exprimer plus largement sa position sur ces dossiers.

« Mon but est vraiment de les écouter »

Au cours de notre entretien, Fadéla Hamou revient à plusieurs reprises sur sa volonté de mener une campagne de proximité.

Elle compte poursuivre ses rencontres avec les citoyens d’ici au scrutin afin de se faire connaître et, surtout, de gagner leur confiance.

« Mon but est vraiment de les écouter, d’être accessible », affirme-t-elle.

Elle estime également avoir la capacité de créer des liens entre différents acteurs de la communauté sherbrookoise.

« J’aimerais que les gens sachent pourquoi je me présente, qu’ils apprennent à me connaître et que je puisse justement gagner leur confiance », ajoute-t-elle.

Une candidature annoncée exactement 20 ans après son arrivée au Québec

Notre entretien nous a également permis d’en apprendre davantage sur le parcours personnel de la candidate.

La date de l’annonce de sa candidature, le 28 juin 2026, avait une signification toute particulière : elle correspondait exactement au 20e anniversaire de son arrivée au Québec, le 28 juin 2006.

Née et élevée dans le sud de la France, dans la région de Marseille et de Montpellier, Fadéla Hamou s’est installée au Québec avec son mari afin d’y construire leur famille. Elle est aujourd’hui mère de deux garçons de 16 et 18 ans.

Son parcours professionnel l’a principalement menée vers l’administration et la comptabilité, tant dans le secteur privé qu’auprès d’organismes. Elle a également travaillé comme éducatrice.

Vingt ans après son arrivée au Québec, elle tente maintenant de franchir une nouvelle étape en se faisant élire à l’Assemblée nationale.

« Aujourd’hui, je suis encore impliquée comme citoyenne auprès de la communauté, sur le terrain, pour essayer de voir comment, à mon niveau, je peux avoir un impact et créer des projets », nous explique-t-elle.

Le 5 octobre prochain, ce seront maintenant les électeurs de Sherbrooke qui décideront si ce parcours se poursuivra jusqu’à l’Assemblée nationale.

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