SHERBROOKE — Le vandalisme revient lors de chaque campagne électorale. Jusqu’à présent, rien de nouveau. Cependant, de plus en plus de candidats tournent en dérision — ou dénoncent — clairement les vandales. En politique, le désaccord fait partie du jeu. Mais certains ne semblent pas l’avoir compris.
Il suffit de se promener à Sherbrooke pour constater que plusieurs pancartes ont été vandalisées. Les principaux partis ont été victimes de diverses formes de dégradation : du simple arrachage de la pancarte jusqu’à des insultes écrites rapidement. Laissant croire ici à un acte organisé.

Pancartes solidaires épargnées : une coïncidence ?
Récemment, deux manifestations se sont tenues au centre-ville de Sherbrooke, entre autres au sujet de la possible ouverture d’un méga centre de données. L’extrême gauche de la région s’y est donné rendez-vous. Des groupes environnementalistes, anarchistes et communistes ont été remarqués par les observateurs.
Or, selon certains bénévoles des partis concernés par le vandalisme, tout le monde y a goûté. Sauf Québec solidaire. Faut-il pour autant en venir à la conclusion que ce vandalisme est organisé par le parti ? Évidemment, rien n’indique clairement une volonté de l’organisation locale de Québec solidaire de s’en prendre aux pancartes des partis adverses.
Mais comme coïncidence, c’est quand même assez particulier. Sur les réseaux sociaux, des groupes communautaires, religieux et politiques appellent à faire barrage au Parti québécois, quitte à même voter parfois pour la CAQ. Évidemment, les libéraux ne peuvent pas être accusés de racisme. Même si la volonté de ne pas aller plus loin dans la contestation des lois sur la laïcité en a refroidi plusieurs.
Québec solidaire ? Il a le beau rôle dans cette histoire. Le parti n’a fait l’objet d’aucune controverse sur les questions de racisme. Le parti, parfois considéré comme trop « mou » ou centriste par la gauche plus radicale, est tout de même vu comme un moindre mal par certaines mouvances.
La démocratie, c’est aussi laisser les autres tranquilles
Les pancartes électorales coûtent cher à produire. C’est souvent un mal nécessaire pour les partis, qui se doivent d’être le plus visibles possible. Si un parti refuse d’en mettre — ou de les mettre plus tard — il sera accusé, dans l’opinion publique, de ne pas vraiment faire campagne. Ou de laisser-aller.
Ces pancartes sont parfois un irritant pour les gens, mais demeurent souvent la seule façon de rejoindre la plupart des gens, incluant ceux qui ne suivent pas les médias.
La démocratie, c’est aussi laisser les autres tranquilles. On n’aime pas un candidat ? On passe au suivant. Même si on peut détester un parti et ses politiques, le seul fait de se présenter en politique demande une énorme dose de courage. Seriez-vous prêts à vous faire insulter dans la rue ? À être critiqués pour des propos tronqués par vos adversaires sur les réseaux sociaux ? Ou encore à voir votre visage, imprimé sur des pancartes, être souillé par de la peinture ? Avec des épithètes diffamatoires ?
On se demande après pourquoi tant de gens ne souhaitent pas se lancer en politique. Ou bien pourquoi tant de gens quittent la politique après un seul mandat. Vous avez ici une partie de la réponse.
Note éditoriale : Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

