SHERBROOKE — Derrière ses célèbres coups de gueule, son franc-parler et ses interventions parfois mémorables se cachait un homme profondément généreux. Au lendemain du décès de Jean-Luc Mongrain, survenu le 11 octobre à l’âge de 75 ans, la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) tient à rappeler l’engagement exceptionnel de celui qui a consacré une partie de sa vie à soutenir la recherche médicale en Estrie. Pendant de nombreuses années, le journaliste et animateur a mis sa notoriété au service de la Fondation, participant à des activités de financement et contribuant à faire rayonner le travail des chercheurs sherbrookois.
La disparition de cette figure incontournable de la télévision québécoise a suscité une vague d’hommages partout dans la province. À Sherbrooke, où Jean-Luc Mongrain avait amorcé sa carrière dans les médias, son décès ravive également les souvenirs de ceux qui ont eu l’occasion de collaborer avec lui dans le milieu communautaire et philanthropique. Pour la Fondation du CHUS, il était bien davantage qu’une personnalité publique acceptant de prêter son visage à une campagne de financement.
Un homme qui ne refusait jamais de donner de son temps
Charles Auger, directeur de la Fondation du CHUS de 2010 à 2015, conserve un souvenir particulièrement ému de sa collaboration avec Jean-Luc Mongrain. Dans un hommage publié par l’organisme, il rappelle la disponibilité et la générosité de l’animateur, qui répondait toujours présent lorsqu’il était sollicité. Son implication dépassait largement les simples apparitions publiques, puisqu’il contribuait activement à sensibiliser la population à l’importance de soutenir les soins de santé et la recherche médicale.
« Jean-Luc Mongrain était généreux de son temps. Jamais il n’a dit non lorsqu’il s’agissait d’aider la Fondation du CHUS. Il avait la cause tatouée sur le cœur. Véritable ambassadeur, il encourageait les gens à donner et sa notoriété nous a ouvert de nombreuses portes », témoigne Charles Auger.
Ces paroles témoignent de la place particulière qu’occupait Jean-Luc Mongrain au sein de la Fondation. Sa popularité et sa capacité à rejoindre les Québécois permettaient de donner une visibilité considérable aux campagnes de financement de l’organisme. Pour les responsables de la Fondation, pouvoir compter sur une personnalité aussi connue représentait un atout important afin de mobiliser les donateurs et d’attirer l’attention sur les besoins du milieu hospitalier.
Une présence remarquée aux téléthons de la Fondation
Pendant plusieurs années, Jean-Luc Mongrain a participé aux téléthons de la Fondation du CHUS diffusés sur les ondes de TVA Sherbrooke. Ces événements avaient pour objectif de mobiliser la population régionale afin de recueillir des fonds destinés à soutenir les activités du centre hospitalier et les projets de recherche médicale. Grâce à son expérience de communicateur, l’animateur contribuait à sensibiliser les téléspectateurs à l’importance de ces initiatives.
Son engagement s’est poursuivi en 2015, lorsqu’il a également animé l’émission Au Cœur de la vie, diffusée à ICI Estrie. Cette participation illustrait sa volonté de demeurer associé à la cause de la santé, même après plusieurs années d’implication. Pour Jean-Luc Mongrain, il ne s’agissait pas simplement d’apporter son soutien à une organisation, mais également de contribuer à faire connaître les réalisations médicales et scientifiques de sa région.
Un fonds consacré à la recherche médicale depuis 2003
L’une des contributions les plus importantes de Jean-Luc Mongrain remonte à 2003, année de création du Fonds Jean-Luc Mongrain. Cette initiative visait à soutenir financièrement la recherche médicale et à mettre en valeur les travaux scientifiques réalisés à Sherbrooke. L’animateur souhaitait que les chercheurs de la région puissent bénéficier d’une reconnaissance accrue et des ressources nécessaires pour poursuivre leurs travaux.
Pendant une quinzaine d’années, ce fonds a permis de remettre des bourses à des chercheuses et à des chercheurs à l’occasion du Gala d’excellence à la recherche médicale. Ces distinctions contribuaient à reconnaître les efforts déployés dans différents domaines de la recherche en santé. Elles témoignaient également de l’importance accordée à la relève scientifique et au développement des connaissances médicales dans la région sherbrookoise.
La recherche médicale demeure un domaine où les besoins financiers sont considérables, notamment pour mener des études, acquérir des équipements spécialisés et soutenir les équipes scientifiques. En associant son nom à un fonds de recherche, Jean-Luc Mongrain contribuait à faire le lien entre la population et le milieu scientifique. Son engagement permettait ainsi de rappeler que les découvertes médicales reposent aussi sur le soutien de la communauté.
Une personnalité bien différente de celle de la télévision
Le grand public se souviendra longtemps de Jean-Luc Mongrain pour ses célèbres montées de lait, ses expressions colorées et ses interventions passionnées. Pendant plusieurs décennies, il s’est imposé comme l’un des communicateurs les plus reconnaissables du Québec, n’hésitant pas à dénoncer ce qu’il considérait comme des injustices ou des absurdités administratives. Derrière cette personnalité parfois explosive se trouvait toutefois un homme capable d’une grande sensibilité envers les difficultés vécues par les autres.
Son implication auprès de la Fondation du CHUS illustre cette dimension plus discrète de sa personnalité. Plutôt que de se limiter à commenter les problèmes de société devant les caméras, il choisissait également de s’engager concrètement pour certaines causes. La recherche médicale à Sherbrooke figurait manifestement parmi celles qui lui tenaient particulièrement à cœur.
Un attachement particulier à Sherbrooke
L’engagement de Jean-Luc Mongrain envers la Fondation du CHUS prend une signification particulière lorsqu’on considère les liens qui l’unissaient à Sherbrooke. C’est notamment dans cette région qu’il avait fait ses premières armes dans le monde des médias, bien avant de devenir une vedette de la télévision québécoise. Malgré une carrière qui l’a conduit sur les plus grandes chaînes de la province, il avait conservé un attachement à la communauté estrienne.
Sa participation aux activités de la Fondation et la création d’un fonds à son nom témoignent de cette volonté de redonner à une région qui avait joué un rôle important dans son parcours professionnel. Pour les chercheurs ayant bénéficié de ce soutien, son héritage dépasse largement les souvenirs laissés par ses émissions de télévision. Il se retrouve également dans les initiatives scientifiques qu’il a contribué à encourager pendant plusieurs années.
Un héritage qui dépasse les plateaux de télévision
La disparition de Jean-Luc Mongrain marque la fin d’une époque pour plusieurs générations de Québécois qui ont grandi avec ses interventions télévisées. Si ses célèbres coups de gueule continueront assurément de circuler et de faire sourire, son engagement philanthropique mérite lui aussi de demeurer dans la mémoire collective. À Sherbrooke, son implication auprès de la Fondation du CHUS constitue un témoignage durable de sa générosité.
L’hommage publié par la Fondation rappelle ainsi une facette de l’homme que le grand public connaissait peut-être moins. Derrière l’animateur au tempérament bouillant se trouvait un homme profondément attaché à certaines causes, prêt à donner de son temps et à utiliser son influence pour venir en aide aux autres. Jean-Luc Mongrain laisse donc non seulement une empreinte importante dans l’histoire des médias québécois, mais également un héritage précieux dans le domaine de la recherche médicale en Estrie.


