Le saviez-vous ? Le 11 octobre célèbre le coming-out

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SHERBROOKE — Dire à ses parents, à ses amis ou à ses collègues que l’on est gai, lesbienne, bisexuel ou trans peut sembler simple pour ceux qui n’ont jamais eu à le faire. Pourtant, cette confidence peut demander beaucoup de courage, surtout lorsqu’on ignore comment elle sera accueillie. En ce 11 octobre, Journée internationale du coming-out, GRIS Estrie souligne cette démarche personnelle, tout en rappelant que chacun doit pouvoir avancer à son rythme.

Une journée qui existe depuis 1988

Le saviez-vous ? La Journée du coming-out a été créée aux États-Unis en 1988, à l’initiative du psychologue Robert Eichberg et de la militante Jean O’Leary. La date du 11 octobre commémore une grande marche pour les droits des personnes gaies et lesbiennes, tenue à Washington l’année précédente. En 2026, cette journée marque donc ses 38 ans d’existence.

Derrière cette initiative se trouve une idée : rendre visibles des personnes dont les réalités demeurent parfois méconnues. Lorsqu’il est question d’un frère, d’une amie ou d’un collègue, les discussions sur la diversité sexuelle prennent une dimension beaucoup plus personnelle. C’est aussi cette rencontre entre des personnes, plutôt qu’entre des idées abstraites, qui est au cœur du travail de GRIS Estrie.

« Sortir du placard », qu’est-ce que cela signifie ?

Faire son coming-out consiste à partager avec une autre personne son orientation sexuelle ou son identité de genre. L’orientation sexuelle concerne l’attirance que l’on peut ressentir envers d’autres personnes, tandis que l’identité de genre renvoie à la manière dont on se définit et dont on se reconnaît. Ces deux dimensions sont distinctes et ne permettent pas de déduire l’une à partir de l’autre.

Cette démarche ne prend pas nécessairement la forme d’une grande annonce publique. Elle peut commencer par une conversation avec une personne de confiance, puis se poursuivre auprès d’autres proches. Un changement d’emploi, de nouvelles amitiés ou une rencontre peuvent aussi amener une personne à décider de nouveau ce qu’elle souhaite partager de sa vie.

Dans sa publication soulignant le 11 octobre, GRIS Estrie rappelle que cette confidence peut être anxiogène, même lorsqu’elle apporte ensuite un sentiment de libération. L’organisme adresse également son message aux personnes qui ne se sentent pas prêtes à franchir cette étape. Elles ont, elles aussi, leur place dans la communauté, sans avoir à précipiter leur démarche.

GRIS Estrie : comprendre grâce aux témoignages

Fondé en 2014, le Groupe régional d’intervention sociale de l’Estrie est un organisme communautaire à but non lucratif. Sa mission est de favoriser une meilleure connaissance de la diversité sexuelle et de genre et de faciliter l’intégration des personnes LGBT+ dans la société. Pour y parvenir, il privilégie une méthode : permettre à des bénévoles de raconter leur vécu et de répondre aux questions.

L’organisme intervient principalement dans les écoles secondaires de l’Estrie, mais également auprès d’autres groupes, notamment dans les milieux communautaires et professionnels. Ses bénévoles suivent une formation pour préparer ces rencontres. GRIS Estrie peut aussi orienter les personnes qui en ont besoin vers d’autres ressources de la communauté.

Des questions franches, des réponses personnelles

Comment vos parents ont-ils réagi ? Avez-vous vécu de l’intimidation ? Souhaitez-vous vous marier ou avoir des enfants ? Ces questions figurent parmi celles que les jeunes posent aux bénévoles de GRIS Estrie.

Lors des interventions, un duo de bénévoles présente brièvement son parcours avant de laisser place aux échanges. Les réponses reposent sur leurs expériences personnelles, ce qui permet aux élèves de mettre des visages sur des réalités qu’ils connaissent parfois peu. Les rencontres abordent ainsi des préoccupations bien concrètes : la famille, les relations, l’acceptation et les projets d’avenir.

L’organisme utilise également des questionnaires anonymes pour observer les attitudes des participants et mesurer les effets à court terme de ses interventions. Les enseignants et les responsables des groupes sont invités à évaluer les rencontres. Cette démarche permet de suivre la qualité du travail effectué et d’alimenter les activités de recherche liées à la démystification.

L’entourage a aussi un rôle à jouer

La Journée du coming-out est aussi une occasion de réfléchir à la manière d’accueillir une confidence. Écouter, remercier la personne de sa confiance et lui demander ce dont elle a besoin peuvent constituer un bon point de départ. Respecter sa confidentialité compte tout autant : lui laisser le choix des personnes à qui elle souhaite en parler fait partie du soutien.

Le moment choisi dépend du parcours de chacun, de son entourage et de sa sécurité. Personne n’a à dévoiler son orientation sexuelle ou son identité de genre pour répondre aux attentes des autres. Le 11 octobre permet de souligner le courage de ceux qui souhaitent en parler, tout en respectant ceux qui préfèrent attendre.

Sources :

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